Matana ! suite

 REenact

(c) Matana Roberts
(c) Matana Roberts

A l’instant d’écrire on ne reproduit pas les pages et les pages passées au filtre des bancs d’école et des éditeurs, le stylo n’émet pas un sifflement avant de fondre sur la page, un doigt en l’air comme de prendre le thé, les souvenirs affluent ils ne sont que souvenirs autant dire feuilles mortes, les pages et les pages vibrent de la surchauffe de l’instant elles n’entendent plus leur voix, elles vont de plus en plus vite et c’est là qu’elles sifflent.

Dans le lointain il y a comme une sirène de police, ce son pourrait être déplacé mais il ressort nettement Matana dit quelques mots comme elle est contente d’être là et qu’elle va souffler, elle a une voix toute douce que peut être elle tient du fleuve elle porte une jupe et elle tient à dire que les vie noires ont de l’importance toutes les vies ont de l’importance les vies point barre, noires vies sirènes de police.

Le sax prend la relève, ne sert plus à rien de parler ou d’écrire. Matana fait parti des musiciens qui aiment la poésie, elle aime le texte elle aime la voix elle aime dire elle fait des collages elle récupère elle divulgue elle collecte, des voix des musiques des histoires des coup de pinceau un coup de colle des instantanés une image des images se superpose ça sèche n’en fait plus qu’une tout est filtré dans la voix comme effilé dans la personnalité la vie qu’elle pousse devant soi et les milliers de vies qui roulent celles d’avant de maintenant d’hier qui sont mortes et exigent le saxo prend le temps de les dire toutes il reste dans le présent, il pousse retient regarde et délivre menace comme les vies niées menacent ont peur et sont en suspend pas de point rien ‘est arrêté tout coule revient revient encore incessamment est rappelé le texte n’est pas un texte il s’inscrit et parle divulgue pulpe rond strident calque colle collage à la colle qui pulpe à la voix qui ne dit pas mais rappelle c’est une longue histoire et qui continue news break un poème la voix documente comme un court film fait de petit clip et d’images superposées sont une introduction un résumé une réenaction                          REenact             RE en ACT

Y a t’il de la colère, la voix s’astreint à un débit lent aussi lent et posé que la réalité ce qu’à force on peut nommer comme cela et qui rassemble tous ces éléments qui affleurent le soir au JT ou qui devraient si on en parlait, il s’agit de violence de pouvoir caché mal utilisé d’au final ce que cela permet comme le poing déguisé de la loi qui matraque les pauvres pour ouvrir le chemin à qui , peut importe la voix se fait large comme un beau travelling qui n’a rien d’élégant mais permet de voir, ce qu’il se passe et ce que cela veut dire

retranscrit en musique, rappelant les images et la figure magnifique de Matana se dessine qui entrouvre les pans épais comme pour laisser voir au delà du ressentiment, presqu’objectivement ce qu’il faut bien comprendre et écouter, on le fait parce que derrière une vie vibre du souffle quand elle profère une vie est le point par où tout cela commence revient ondule par lequel tout cela revient reprend vie comme nous pouvons l’entendre.

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mélangé ou notes contre la connerie ordinaire

Je sais que j’ai du sang noir

c’est lorsque je fleuri
je pleure je trahi te rattrape à terre JE SUIS I AM
je m’oublie  je désire je suis comme toi je valse  et tous les autres verbes en langue originale lassée d’être originale et qui se superposent pas plus novlangue que pidgin, JE TE PARLE par ma bouche tu sors  tu rentre ma langue dans ta langue sans précédent se fécondent sans que pour autant je baise la faconde déborde

(c) Eric Bridgeman 5, BLACK BEAUTY
(c) Eric Bridgeman 5, BLACK BEAUTY

Qu’est ce que le nous qui serait Je et non plus tue alors je ne dis rien je me contente de penser que les hommes circulent librement dans mon sang

Pourquoi ne puis je me contenter d’être, c’est un peu que je suis las de te voir faire des victimes d’entendre dire « Black lives matter » d’entendre parler de Baltimore et maintenant de Charleston IMG_0852 de voir ta beauté opposer la mienne alors que

je suis crépu je suis bronzé j’ai des poils sur le poitrail et mes ancêtres chassaient le phoque et la baleine à Terre Neuve ,

ahahahaha que c’est bon d’être tout mélangé !
refrain ,
ah la blanche n’est plus ce que c’était , elle à noircie elle a roussie elle a même des rayures jaune et le sang a fait des petits

notes sur ma Glissantéitude :
comme  je vois les choses ,  un vif mélange de tous les jours ou je suis noir blanc jaune, blonde et brune, pas juste parce que cj’ai envie pour une raison quelconque, pas juste que la couleur importe mais l’odeur, le parfum le gout, le son le geste le monde entier, mais   furieusement à l’écoute et que comme dit Césaire un seul mot qui manque et nous sommes incomplets , finalement je continue à être très glissantien
tumblr
tumblr
notes sur la connerie ordinaire et  que je déplore

L’orage, il n’est pas besoin de grand mot pour parler

Comme on dit des œufs quand ils montent en neige sublimés par chaque tension de la mêlée empreinte des correspondances.

(c) Matana Roberts
(c) Matana Roberts

On a beau extraire la voix / ce qui semble ce mouvement incessant de la ville la gestuelle urbaine monte non retirée de sa matière / de la lumière cafardeuse mais augmentée de la certitude qui l’effile elle n’est pas une épée plutôt l’orage des soifs et garde sa puissance singulière la voix monte incessante méditation au milieu du brouhaha rehaussée du tranchant détaché du collage fondu dans la colle elle parvient à frapper comme un coup de poing qui échappe dans la beauté elle est belle elle s’entend elle est spiritualité elle s’étend comme l’énergie du bruit montée en musique il n’y pas de point il n’y a pas de ligne juste la voix ascensionnelle

La voix s’apaise la paix s’étend sur les bruits anciens un poème autoproclamé pourtant parle des départs des troupes en Irak on se souvient tous du GI et on allume des bougies et le noir se fait sans que la salle se rallume. Il n’est pas besoin de l’argot des rues pourquoi taguer les murs quand on peut s’exposer à la voix   dessiner à la vitesse infinie du son faire surgir de tous les dessins le dessin la forme indigo le trait épais la spirale qui recouvre toutes les autres la voix fine quand la voix se fait rauque  la voix vaste la main large comme le temps et le dessin qui la maintient.

(c) Matana Roberts

Maintenant (ce que ne dit pas ton nom)

 l’en bouche       l’en tonoir  va ramasser des mots dans ce clin ou seul le blanc de l’œil n’est pas noir. Pousser une porte sur le vide revient à se cacher derrière des livres que l’on ne voit pas, face ou de dos parfois ils bougent et migrent.   Cela va de plus en plus vite   Dans le fil étroit l’on entend que ça pousse Parfois un vieil homme médite La porte de Babylone s’ouvre c’est à dire que là où  s’ouvre la porte des gens pressés se cachent Sautent dans les vides  Il y a un brouhaha de tous les diables et les morts se mettent à chanter.

Matana Roberts
Matana Roberts

Dehors dans les rues ce que tu promène avec toi les barques obscures chargées des frères chargées des nouveaux nés On ne sait pas ce qu’il y a dedans tu grimpes sans grimper,    la pénombre favorise le rêve et l’éclosion   C’est pourquoi j’ai commencé il y longtemps à les ouvrir et à en faire des tas, c’est pourquoi je suis parti maintes et maintes fois vérifier si l’histoire était vraie Maintenant souvent l’histoire ne sert que de point de départ Maintenant la source coule Maintenant le monde est en marche Maintenant le monde n’en finit pas Maintenant le monde écoute.

    https://soundcloud.com/matana-roberts/black-lives-matterall-lives-matter

black lives matter

This is a work in progress. This live iteration was placed in the universe 8pm Dec 3rd, 2014 at Roulette Intermedium, Brooklyn NYC It is a concert length, durational sound experiment based on a video/paper graphic score sound strategy I created that is also part dice game…..The Video Score: created around imagery of Michael Brown, Trayvon Martin, Tamir Rice and etc… I will load the video somewhere else and link later…. the background image is a page of the score game. The entire score( paper and video combo) is based on the grand jury testimony of Darren Wilson and Dorian Johnson as well as various modes of astral numerology and ecological coordinates as related to Ferguson Missouri and the murder of Michael Brown. Sound adventurers, other than myself in this configuration are: Liberty Ellman, Guitar Kevin Tkacz , bass Ches Smith, drums I am playing alto saxophone, loop pedal, tape player, clarinet, wind up timer and I am using conduction patterns created by the great late Butch Morris. text i am reading: Policy Mic : mic.com/articles/96448/5-dist…tarization-in-america This is still VERY much a work in progress…. im most curious about modes of social justice, improvisatory sounds and how the two coincide in realms of sound experimentation for the purpose of pushing change and reform…. thanks for listening. and please continue standing up for what is meaningful to you through art making…. someone out there needs you.

à écouter :

à lire

sur drone

pour suivre :

Matana

I am Matana

soundcloud

La lectrice, un haiku doré

La lectrice
elle se demande
elle fronce son visage fronce
le blanc titane tout autour
lui aussi fronce
faire une barricade

d’abord on n’y perçoit pas de phrases
mais de grandes planches
presque une estrade

de là elle peut déclamer
en silence défricher
dessiner entre les lignes

apposer des mots
en recouvrir d’autres
de son pinceau
tirer le rideau
jeter l’eau du bain
ouvrir un coin de
ciel bleu et
mettre un point

(c) Kerry James Marshall
(c) Kerry James Marshall

dans la pureté elle trace de
grandes lettres
elle est la star de ses pages
ces journées sont
ses couvertures
qu’elle tire à soi

alors elle
elle découpe les magazines
dans les jaquettes les romans à deux sous
elle fait des corsages
qu’elle portera dans l’épisode 4
maquille les ongles des poignées de porte
et par dessus tout
fait un discours sur les événements d’Omaha

un slogan
passionnants entrefilets petites annonces
et faits divers

une orange sera le fond  gros rouge
vert brindille  feu fondant  œufs follets
un haïku en quelque sorte
poire belle Hélène et pêche melba

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Volupté

Comment peindre ce qui est indubitablement est, un portrait, fidèle avec ses envolées, dans cette série il y a le mystère qui indubitablement est. Des aplats, d’abord un regard, puis une surface, avec scratch ou aspérités, l’halène et l’aspic c’est un voyage de légende dans la toile. Le sable recourt le noir mais toute l’histoire des générations comme un instantané.

(c)  kerry james marshall
(c) kerry james marshall

Que me dit de toi cet ex-voto , tu signe la date, le nom, la peinture parle toujours d’un autre comme un témoignage en soi d’un mystère. Rehaussé au rang d’icône, les séances de psychothérapie ne disent pas tout de ce qu’il y a à voir et les traits immobiles, figés comme un photomaton ne sont pas l’œuvre d’un instant mais d’une aptitude à tous les actes d’une vie, et pas une ride, comme une prédisposition semblable à celles que portent les spermatozoïdes  quand ils s’élancent, se fichent dans le monde, la tête la première au saut de l’élastique. Alors des grands coups de pinceaux plantent le décor, il n’y a pas d’épaisseur mais l’on devine le père, la mère, l’oncle, le grand père et les aïeuls d’Afrique et sur cet autel au seuil des lèvres, un tremblement, sorte de manifeste. Pour autant je serai mort demain ou après demain. clap de fin. Mais maintenant je vis, c’est manifeste, vibrant, criant tout est contenu ne demande qu’à sortir, s’exprimer. Il y a des roses comme à la naissance, tout autours de ce visage sans fard, beau, tout un champs de coton et les initiales d’un destin, il n’y a plus qu’à combler les vides et se laisser aller à être volubile. vita volubilis.

(c) Kerry James Marshall
(c) Kerry James Marshall

Au delà de la peau, contrefaçon de textures de bois d’ébène, patine des masques, clichés pour la revue « ebony » il y a des images ressassées qui n’en sont pas. La peau fait masse c’est qu’elle n’est plus la peau qu’elle est plus que la peau mais une sorte de densité, qu’elle soit habillée d’un polo Lacoste ou  nue, la couleur est pleine, semble attirer la peau à la vie, sans qu’il y ait d’extérieur ni que cette description ramène à la personne, celle décrite nommément, alors quoi ce serait une densité, une saturation telle que l’on n’y verrait plus rien d’autre qu’elle même et le rapport aux objets, qui tout de même, est possible, qui s’impose. Portrait à l’appartement rangé.

sob sob 004
sob sob 004

Gauguin dans les cauchemars l’avait peint, est-ce plus facile que le blanc ? le blanc est-il plus détaillé et sombre t’il dans la complaisance de détail qui, sans sembler appartenir à plus vaste que soi? le corps quoi qu’il fasse est ramené à ce qu’il n’est pas ou à ce qui le dépasse, ce n’est pas tant qu’il lorgne vers ses possessions, qu’il semble lié par une quelconque familiarité, occurrence ou simplement  l’occasion, la description d’un moment, état d’âme, car il y a de l’âme et d’une pensée. Je me sens aller vers la littérature et je voudrais citer Tony Morrison, celle de « Home », plutôt .  Il y a de la description de quelque chose de la faille intemporelle, d’une rupture dans le schéma, là le croquis, la planche de  BD ne fonctionne plus comme texte , alors il faut incorporer les éléments dans la chambre et redresser le schéma fictif. Le récit sanglote dans un seul tableau sans lien apparent avec  la figure centrale, les yeux démentent, le corps raconte l’histoire comme cousue de fil blanc et point par point coud l’improbable ensemble, c’est très ressemblant. c’est un roman, un canevas, les yeux crachent l’histoire jusqu’au bord des larmes, jusque dans les bords parfois trop bien peints, parfois comme un tag ou une reprise au pinceau de bâtiment. C’est facile, rien ne ment.

 (c)  kerry james marshall
(c) kerry james marshall

Il faut porter la fresque hors de la chambre. Mais alors on s’embarque pour une virée nocturne, alors le visage, la robe, les jeans ne sont plus l’histoire, elle s’échappe et c’est un leurre, à y regarder de plus cette succession d’histoire en une seule qui se répètent, c’est la voix qui la porte, la voile on souffle cette fumée de cigarette,  ces objets de la spiritualité du quotidien comme une offrande, sur la table de nuit le candomblé redouble d’intensité, c’est palpable, l’on parle de quelqu’un d’autre.  On a déjà parlé de densité, dans l’avenue il n’y a pas de bateau, il faut bien que ce soit une embarcation de l’intellect, un engagement dans l’avenue du sensible, sur les murs un recueillement  d’hymne Motown à la messe urbaine, est une faille, une assemblée, une rupture, un credo, on a trop longtemps mis sur leur dos l’archétype, comme si d’un il n’y en avait qu’un, que chacun n’était pas clos et qu’il suffise de crack en crack, krik krak et Zora sur le porche à enfiler le collier des perles des devinettes, le deep south, les South et les scats de Harlem sont une succession tout en épaisseur digne d’un masque du Congo, planter des clous plutôt que choux, de guimauve de déhanché de disco, sensualité qui aime à sortir et brille, l’hallucination étincelante, proclame l’avènement d’un style nouveau :  décrypter l’âme mais écouter, j’appelle à la barre la prochaine diapo, le témoin qui saura dire:

(c)  Kerry James Marshall:
(c) Kerry James Marshall:

Il y a de la sensualité, et mes fantasmes sur fond musical, assis à une table de jazz. Que dit le portrait ? Rien que je n’ai déjà rabâché, ou plutôt tout contenu dans cette attente, cette attention , cet attendu , la somme des possibilité l’étreinte de tous les parfums dans un gloussement, mais l’on va m’accuser de partialité, de ne savoir écouter. Mais voici qu’au delà de la poussée fictive de mes fantasmes, tous les signes distinctifs  y sont attachés dont on fait une peinture, black suburban middleclass my love, c’est bien sûr l’art  d’attacher, subtilement et  sans prétention c’est dans le poème, sur la toile étendue à l’accession au statut.

Et pour finir, l’auteur s’explique sur ces intentions, certes, le style est du plus pur comic strip mais n’est ce pas justement l’idéal pour laisser le portrait s’expliquer de ses intentions, dérives, contextes et subtilités inexpliquées.

(c)  Kerry James Marshall:
(c) Kerry James Marshall:

quelques liens utiles :

sur Kerry James Mashall
interview sur « bomb »
petit focus sur l’art noir américain
androphilia
sur contemporary art daily
Jack Shaiman Gallery
chez Forma es vacio …

(c)  Kerry James Marshall

A voir ses yeux,

Elle n’est pas une fiction. je la vois me fixer comme une fournaise, un four, un petit four, sur le pallier du volcan, tout de feu, tour de chauffe.

Coté sucré

Le pain d’épice dont on fait les fantasmes, confiture de groseille sous un faux air de biche tueuse, coté salé elle est l’anaconda étouffeuse de ses victimes qu’elle mange en marinade,

D’Or même, elle en est plein , sa double carnation, le roux carquois fuselé à col roulé elle s’habille du limon de la Terre s’embrase de lave succombe dans les typhon, la  douce amande, l’embroussaillement fatal de la savane sur sa peau, le derme un dard je patauge sans respirer et pour finir sonne l’alerte à pleine voix  dans l’ellipse sans fin du coquillage de ses cheveux, on y entend la mer, l’odeur tellement sexuelle des vagues et le basson tropical, et tout cela sans yeux comme une aberration, la calme assurance des iliennes.

L’Olympe est un hôtel ***

Comment les dents de cette fleur carnivore la langue passe repasse c’est une râpe douce effilée et pimentée, les retombées sont fauves alors cette sensation de calme de glissade dans la neige sauve dans la sérénité.

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Une fiction qui n’ait pas d’yeux .. j’en entend qui pouffent, alors que que tout en elle est Yeux, ces cuisse, jarretières, sa crinière de cheval et tout le tralala tout n’est qu’yeux .

 

l’autre accroché au rocher

Certains pleurant amarrés à un vieux pieux fiché dans le sol dans le fond marin et recouverts d’escargots autant de mots qui tentent d’en finir avec le corps avec la mer elle même. De notre désaccord  j’ai payé par mes refus de ne pas me laisser entrainer par le vague la vague du même au même il naîtrait la confusion la peur le pleur à une mer enflée mon mot à enflé a fini par emporter comme par des dents arraché une partie que je refuse de céder ce que je ne pouvais céder vers quel estomac vers quel cimetière vers quel pourrissement seule la carcasse est demeurée qui me sers de ligne de flottaison avec qui je parle aujourd’hui le fol l’espoir de rejoindre en courant la densité.

(c) uedasokyu
(c) uedasokyu

Cécité

(c) Kuriyama Shigeru, airplane
(c) Kuriyama Shigeru, airplane

Pourquoi dis tu que tu n’oses pas ? pourquoi restes tu arrêté immobile dans la nuit  et l’air qui tambourine écho de chemins ouverts qui tournent le dos je te vois te détourner d’une foule et je ne te regarde pas pourquoi ne me regardes tu pas ton dos en bas le gros dos pour toute réponse la moue je n’entends pas je ne vois pas je ne parle pas je te bouscule d’air sans heurt de coup qui fasse mal je suis arrêté quand tout bouge tes yeux ignorent me demandent pourquoi alors que tu veux pourquoi restes tu à taper des pieds  et ne réponds tu pas ? pourquoi pourquoi pourquoi alors qu’il y a tant de monde et que  je suis là et que je te plais et que je me balance comme une tige sur le vent qui attend le vent et que tu es le vent que le choix bariolé de mes étoffes et de ma peau est de cuivre et qu’il y a du bruit tu pourrais au moins me regarder me faire face au moins enclencher un début de phrase au moins cesser d’être un dans la foule te laisser entrainer au lieu de remonter sur la rive et faire semblant qu’il y a des fleurs
il poursuit sa décadence il est des questions qui restent sans réponse ne pas apporter de réponse est un début de cécité cheveux au sec corps sec corps oublieux sur le sable comme échoué même s’il continue à marcher sable qui a fini de fertiliser  sable qui est une métaphore mot qui est loin du parler qui est sans métaphore la danse par contre agite les bouts de corps et tutoie les membres démembrés souhaite répondre s’enchaine se déchaine déchaine t’entraine, t’éloigne, tu, tellement sec ne pleure même pas Il n’y a pas d’image quand tu te détourne pas de point juste un présent qui s’étire.

La chose écrite est partout

La chose écrite est partout, elle n’est pas création exclusive. L’homme s’est inspiré des rythmes pour en faire cette trace du vivant qui lui est intelligible, qui synthétise l’expérience dans cette forme haute.  La forme n’est pas formule, l’écriture est rendue au divers, simples bâtonnets et boucles comptables dont la simplicité permet de rendre compte aussi rapidement que possible toutes les manifestations de ce qui parvient jusqu’à nous. Le monde fait des événements, des descriptions des phénomènes, de suites mathématiques des statistiques des récurrences des comptes et des inventions, ce qui est écrit et chiffré est une projection du réel comme un entonnoir par où rentre l’agissant comme une projection sur grand écran dont l’ensemble semble un tableau une accumulation de régimes binaires ou mots sans résonances qui ne font que répéter la même histoire, rendent compte à l’infini. Dans cette plongée en soi d’un vertige mathématique et démesure littéraire le monde n’arrête pas de se voir reflété en lire. Pourtant l’humain est  présent et cette tentative de rendre tout semblable entre les lignes d’un agenda ou  calendrier, lignes de codes et retour à la ligne sans fin d’un journal, d’une liste qui se déplie, aucun caractère qui ne serait pas de titre, plus gros que le précédent alors que certains englobent tout jusqu’à cacher dans la liste l’énergie à cru et qui seule peut être remonte à la surface c’est ce qui est lu.

Código digital de un programa con el mundo como fondo
Esta es una imagen editada con un programa de diseño. Algunos componentes de este montaje están cedidos cortesía de la NASA y pueden encontrarse en http://visibleearth.nasa.gov/

Il n’y a plus les pages du livre qui frottent comme des symboles qui se fichent directement à notre entendement. les yeux piquent comme une seringue, des manifestations chiffrées ou lettrée déplorent l’absence du scribe ou du lecteur accroupi , il y a une injection directe de l’information au cerveau sur le message chiffré du monde, les neurones en sont pleins, sans que le corps en tant qu’entité corporelle et non statistique ne participent, jusqu’à ce que la révolte gronde, les particules de l’immense torrent du monde se poussent agglomérant autour d’elles un dessin comme une forme dont nous sommes conscient, sensibles aux échos, même si nous n’en sentons le pouls, n’en voyons que la queue, la masse, le détail, la répercussion, l’image à la tv, le plan général répété jusque dans nos vies, structures que nous répétons dans notre travail mais pire dans la cellule que nous laissons au plus proche de l’intime. Alors d’une main de maitre le calligraphe vient opposer ce qui n’est pas chiffrable qui est une poésie, une philosophie, un trait, symbole étrange profond, somme de tous nos cauchemars, répétés à l’envie comme formule partielle, forme calligraphique, graphitique, géographique, dessin primitif d’un humain stylisé qui fait peur, dont le sens nous est devenu très lointain et primitif, la sommes des coins de ce monde. Il se nourrit de nous, il se nourrit du monde. C’est pourquoi le calligraphe en a fait le dessin symbolique à l’encre par dessus le papier journal rempli des éléments anodins et traumatisant de notre monde programmé que nous ne savons plus transcrire. C’est pourquoi le calcul du génome est inexact et sa poésie problématique.

 

Treme (3)

je ne sais pas, je parle comme on élèverait la voix, non à toi comme dans une conversation mais comme dans une conversation vers le monde ou poussé par celui-ci, ou Dieu ou quelque chose en moi qui m’échappe, non comme un monologue mais une conversation, une forme de style qui tenterait de reproduire le monde dans le non dit de la phrase, le phrasé celui-la étant une évidence partagée, l’adresse alors n’est pas tant dans ce qui se dit que dans ce qui se véhicule, souvent à l’insu mais qui est le véritable moteur, les mots alors sont importants. Ils prennent la forme de la bouche et des bras, ils en ont l’odeur.

Le poète, le chanteur, le guerrier serait alors un brodeur et il a à cœur de poursuivre l’onde qu’il sent pousser et qui le noie sous la poussée le désir, parler c’est réinventer sous toute ses formes ce qu’il ressent, sans expliciter, le débarrasse de ses scories, de toutes allusions précises, pourrait  faire paraitre le monde neuf sauf qu’il en est  la pointe, comme un vent qui souffle, le guerrier est la lance du souffle et il en est la pointe, il incarne l’esprit  s’il n’est pas un vandale. Chamoiseau appelle le guerrier de l’imaginaire, le papillon vieux est un sage de l’imaginaire, tout se résume à une veille de l’imaginaire ou n’est qu’une avant-garde du monde réel, solide et puissant et que je respire. Il envoie ses messages comme un visage ou un fleur clame une arborescence. L’ellipse car le corps est contenu en silence et tout doit être célébré.

Des jeunes costumés paradent à la suite des "indians" dans une scène de "Trreme"
Des jeunes costumés paradent à la suite des « indians » dans une scène de « Trreme »

Ce qui demeure dans la musique lorsque j’entends la trompette et parle à bout de bouche,  si précise qu’il n’est plus besoin de  préciser,  il suffit de se porter à bout de bras, tous les jours recommençant et ramenant au bord des lèvre les mots qui sont le premier fil et puis coudre, rapiécer à partir de cette même pièce, obsédé à ramener toujours ce même premier départ. C’est une antienne, les jours partent de ce premier moment du réveil et des intestins, de la plante des pieds qui veut toujours créer du nouveau toujours avec sa voix qui se ramène à quelques procédés et une envie toujours intacte qui se découvre.

back to Treme (2)

Quand les choses ne sont pas arrêtées par les limites rassurantes de la fiction, mais qu’il n’y a pas de berges pas même celles d’une chanson
https://youtu.be/tG8DNwUjw1Y

l’après Katrina, parler ou se rassembler revêt une signification désespérée et magnifique, on en vient aux mains, intimidation, respect, on rejoue la vie du jour, scande aux limites de la la ville qui pulse et les mots sont une gêne, l’émotionnel plus que jamais déborde et il suffit de regarder, sentir, ouvrir les oreilles et les costumes comme les déguisements dont la nature se pare , le monde indien est magnifié, sublimé et on pense aux oiseaux, poissons tropicaux organismes microscopiques, eux ont aussi font oublier qu’il y a un intestin et que les finalités sont de manger,  se reproduire, se fondre dans l’énergie électrique de la ville rejouant l’homme dans la ville, affleurent la pression énorme et la confrontation destructive créent de l’énergie qui se révèle lors du mardi gras. l’homme est chargé de tout ses venins quand il va parader, poussé à bout. S’additionnent à la catastrophe, à la folie des jours et la violence de ne pas parvenir à en parler. On en rit, on scande, prend une photo, pris dans la suite de ces humains de la nouvelle Orléans. Du moins c’est ce que j’en perçoit et ne s’agit il que d’un jeu très sérieux qui puise ses racines dans la vitalité et la célébration.

Et pourtant rien a changé de cette folie disruptive, cela a lien la nuit ou dans l’humidité, il faut se parer et laisser aller la parole qui scande, souvent d’un quotidien complètement en rupture, d’où la voix aigre et impatiente, la faim mais le rire et la soif de vivre, les personnages de Treme le disent bien assez, les choses sont bien plus crues et c’est comme cela qu’elle apparaissent, sans graisse, sans distance dans la nuit qui l’inverse du jour et sans cambouis

A écouter quelque chose continue à se jouer sous les masques de cet intemporel, on y négocie sa place dans le monde, armé de reconnaissance qui comme en Afrique est affirmée à la limite de la rupture et reprise en choeur, dans la longueur. Il y a de la provocation, de la revendication et de l’affirmation dans ces parades d’une nuit, et c’est pourquoi là à la Nouvelle Orléans plutot qu’ailleurs sur le territoire américain, envasé dans la semblance et la reproduction à l’infini d’un même shéma sans différenciation ni espoir, les villes de l’Est et d’ailleurs, je pense qu’elle prend une autre forme, quasi fondamentale plutôt qu’incidentale, comme celles du rap et des autres formes urbaines actuelle ou se perpétuent quand même ces tendances à la volonté de reconnaissance et de place dans la communauté, semblables à l’inscription dans des mouvements noirs tels que le Harlem renaissance et la Blaxploitation , ici la fusion entre le monde noir et amérindien avec c celui de la civilisation créole s’opère dans les détours et les renversements qui ne concourent pas vraiment à la formation d’une identité créole recomposée mais s’inspire en miroir pour formuler une réponse qui renvoie chacun à un imaginaire, à un ailleurs, à autre chose qu’au rapport de force quotidien. Y a t’il le temps d’un soir une issue à cette frustration et la misère, et même si la violence érupte,  les flots de la ville qui partagent les quartiers semble tout réunir dans un jazz ancestral, fondamentalement différent ,du moins la encore c’est ce que je perçois.

Mais il est intéressant de se reporter à l’histoire de cette pratique particulière qui dénote à la Nouvelle Orléans, de quoi s’agit il ? Une vidéo en retrace l’histoire.

 

Grands fauves, alouettes sereines

Pour moi la littérature ce n’est pas me tenir dans l’antichambre pleine de monde et plonger dans le babil mais bien plutôt me mettre à la fenêtre et être attentif aux bruits du monde qui couvent sous le brouhaha et ce glacis de l’antichambre. Ouvrir la fenêtre ou l’entrouvrir car il fait froid et il faut pénétrer dans l’intérieur des hommes, ce sas où il se dit tant de chose, qui est le clapet ou le maxillaire quand la mâchoire s’actionne et laisse échapper des filets de mots, l’odeur du dernier souffle et les souvenirs du grand air, les tensions de la lune et les moments du crissement sous la plume, rage douce qui réveille les morts. Il y a les images mais surtout ce courant d’air que fait le cerveau quand il lance ces balles, suivre la trajectoire des ailes qui va plus vite que le style, sans qu’il soit question de pensée, d’abstrait ou de vies à peines refroidies, d’analyses sociologique, de médical ou des grands fracas des paroles de tous les jour, attisées par la violence et la courte vue de devoir vivre, sans recul. Car après ce moment les livres s’endorment où sont consignées les histoires, le grand ronflement de l’auteur, le livre pour échapper au temps s’est clos et n’a pas su resté ouvert, en suspens et plus rapide que les jours.
J’entends par contre les accroches qui sifflent, les voix des thébaines qui si elles ont été lâché avec suffisamment de force ont la décision du cameraman quand tombe le mot  « action! » .

 

 Je repose le livre. Je suis noyé par des mots qui tournent en boucle. Sur eux mêmes, où la page où l’histoire. L’histoire qui est dans le livre et qui est trop loin, comme séparée de la vraie histoire, pas même encore mis en bouche et pendante, indécise, colérique et jouissive, au bout des mots de l’auteur qui vibre. L’autre, l’auteur qui est avant tout penseur et poète (Glissant) a beau ne pas être très clair, ils lâche les mots à bout de bras, les a lesté du passé et de l’avenir, les mots lâchés comme des fauves avec leur charge de dynamique, ouvrir le livre c’est s’exposer car ils sont prêt à mordre et ne sont pas bridés. Ce qui revient à dire qu’ils ont quitté leur condition de mots ils sont explosifs, chacun opposé . C’est un aspect des choses car les éléments du livre sont une accélération. Le livre possède sa propre vie et enflamme ce qu’il touche.

J’écoute la voix de Jolie Holland. Elle me dit la même chose, c’est peut être dans la voix, ou le chant, où l’accent systématiquement tordu ou c’est dans ce qu’elle ouvre, jamais certaine du présent et de ce qui se joue, il lui faut donc ouvrir, comme avec un ouvre-boite et à grand renfort d’énergie. J’ouvre une de mes voix préférée d’aujourd’hui, celle d’Ananda Devi (Pagli par exemple) sa voix, que l’on l’entends et que l’on sent comme une main, des doigts, un regard puissant, ouvre le livre comme une adresse, la voix te pose une question elle ouvre en toi un chemin, elle n’a rien d’impersonnel ni de stylistique, l’apparente poésie n’est que le contour du dessin que les mots empruntent pour aller jusqu’en toi. Sans aucune hésitation ni  prétexte , elle n’en a pas besoin, elle ouvre, inlassablement elle parle comme un tire bouchon en toi.

Cette réflexion n’a rien  d’abstrait , elle m’est venue après ou pendant que je rangeais la bibliothèque me demandant quels livres j’allais faire disparaitre. la plupart des livres racontaient une histoire terminée et fermée en boucle, une histoire bien cerclée sur le temps, un style prenant mais clos sur la narration, sans parallélisme et juxtaposition de deux ou plusieurs temps, caractères ,etc. Il fallait rentrer dans l’histoire pour y etre happé. L’histoire n’a t’elle d’autre existence qu’à l’intérieur d’elle même, pour elle-même et ne peut ‘on vivre à coté, en même temps ou malgré, comme quasiment en dehors.  Les longs poèmes-chemins d’Israel Eliraz ont cette qualité  et bien sûr les scénarios que nous propose David Simon dans the wire et treme , dont je n’ai pas fini d’explorer la magie, cette justement absence de finalité apparente qui est une qualité de ce qui ne peut finir. Comme refusant le confort intellectuel d’une chose se satisfaisant de soi et qui ne soit pas ouverte sur l’infini, ce qui bien sur est le cas, car tout, même formé, défini est malgré lui ouvert et sujet à l’infini, ce qui rend les choses difficiles si l’on veut ne pas s’éloigner de ce sentier, comme tomber sur le bas coté comme d’une falaise. Il faut être raisonnable, c’est celui de Tristram. Je veux dire qu’il faut être fou ou plutot constamment remettre la donne sur la table rien n’est jamais joué, tout continue sauf si l’on sort du jeu. On s’en sent bien mieux et la fausse prétention tombe.

Ne pas être affaire de style, ne pas se refermer sur soi ou le récit,  l’éloignement c’est peut être aussi ce suspens que j’ai recherché dans l’art, ancien ou moderne du Japon, dans cet inaccompli, boucle qui rejailli sur un vide à conquérir, arpenter, clamer car il y a de la promenade et de la feuille qui refuse de se clore dans cette vision de la poésie et du texte ouvert sur le geste de l’en soi qui s’affirme pour ou sans s’emparer. Si la fascination pour l’improvisation, le jazz dont les valeurs sont la vie elle même comme en danse le geste qui suspend l’existence, lui intime de se manifester. Le propos tenu doit fatalement en finir avec lui même pour se survivre, et je pense à la très belle réflexion de L sur la nécessité d’accoucher de ce que l’on porte, le porter déjà, et le passer ensuite comme un présent et s’en sortir grandi, sans que cela  soit contradictoire. On ne peut perpétuellement être gestation et ouvert sur l’inaccompli, de grandes joies s’ensuivent et il y faut une suite, ce rythme, celui des jours et des nuits. La page est constituée de points, de retours à la ligne mais quelque chose refuse de céder et revient continuellement sur le tapis, qu’est ce que c’est ?
Dans Treme, l’écrivain Creighton « Cray » Bernette enrage de ne pouvoir écrire avec la force de ses allocutions sur You tube, mais le livre est autre chose et l’écrivain est ancré sur l’idée que finalement la littérature demande cette maturation, que l’acte d’écrire revêt une importance que l’immédiateté n’a pas car il reste, qu’il y faut une distance (celle de presque un siècle et c’est l’inondation de 1927 qu’il veut décrire), peut t’il malgré lui être moderne et dans son temps en le couchant sur le papier. C’est avec raison et désespoir qu’il parle à ses étudiants de « the awakening » de Kate Chopin , où justement les péripéties et la succession d’épreuves n’ont d’autre finalité que de  rapprocher de l’éveil. C’est ce se passe dans toutes les histoires que ces  New-Orléanais vivent devant nous, la vie est chauffée à blanc et désespérée par la catastrophe, n’ayant rien à perdre, ils s’inventent, inventent, exige de la vie qu’elle se manifeste, comme dans le jazz et le vaudou, sans qu’il y ait d’issue ni de réponse que celle apportée à l’instant dans sa folie, dans sa bataille et sa détermination à remonter le courant.

Alors le livre doit il être clos comme témoignant d’un recul propice à l’observation et à la connaissance ou doit il être laissé dans le vif quitte à ne jamais guérir, l’accouchement doit il être perpétuel (bien sûr que non, yes , of Course L ) mais comme dans l’éveil, les phases d’accouchements successifs de l’être dans ou face au monde ne rapprochent ils pas d’une issue où ils seront comme entrenoués dans le passage. Le livre peut il se faire l’écho de ce trajet sans le fermer. Je pense à Dante, à l’Odyssée, à Ulysses de Joyce qui nient cette mise à distance et marchent au pas de ce recommencement.  Comment  s’emparer de ce perpétuum mobile, en refusant de céder face à l’écrit, qui est une autre tentative de muselage et de prise de distance. Par le truchement de la nuit, le jour ne s’ouvre que sur le jour, l’homme sur l’homme et toute prise de distance falsifie quelque chose de vif. J’aime Tristram Shandy pour cela. Et le livre quand on le reprend se met à aboyer. Reste ouvert sur soi-même perdu autour des autres sans nécessité de comprendre mais acharné à continuer.

 Treme