C’est entre les seins que jute le kaki,  une voyelle est tombée de l’arbre, de la raie  la feuille plane dans la poussière et la caravane passe, cela ne fait guère de sens et pourtant la trace avance de manière si soudaine que

souvent l’envie des mots arrive et se déchaine avec l’arrivée d’un seul, d’une image, d’une sensation , d’une pensée,

l’important c’est l’ébullition, mais parfois les mots qui arrivent à l’improviste se heurtent, cette généalogie peut ne pas présenter d’intérêt mais elle éclaire sur la psychologie du quotidien, indique aussi et c’est important que les mots ne sont pas placés là par gout de l’effet et de l’envie d’écrire quelque chose de joli

l’entourloupe est complète et les vendeurs à la criée des feuilles volantes font des poèmes cirés vernis, des récit de toute la crasse qui stagne et se mêle à la tienne pendant qu’au creux du bois dans la clairière monte un cri d’oiseau ou un bêlement de chèvre, l’assurance que quelque chose s’est réveillé

mais ça la grosse meringue montée en neige

non !

le cœur humain se fie au bouchon

Ce qui est intéressant c’est  la pèche à la ligne, d’attendre que le bouchon soit agité par quelque chose de tangible, de vrai, poisson ou vieille chaussure, paquet d’algue ou est-ce’ un cadavre jeté là il y a longtemps , on ne sait pas ce qu’il y a dessous, mais on ne sait que si peu ce qui se passe que ce soit en dessus ou en dessous, ou où que ce soit

ce qui remonte nous permet de nous étoffer, de nous tenir droit, de nous retrouver, c’est donc un peu un rite qui re-raconte une vieille histoire le mot surgit,  krik krak ou sirandane kopek, n’importe quel mot, une couleur, une phrase, un modelé de la hanche ou un tissus, un regard qui frôle, ce claquement sur la peau réveille ce qui d’habitude dort dans la chaleur et le froid, reste dans les zones de l’arrière-vie sans se montrer et  laisse aller les vivants vaquer à leur illusions, aux corvées et aux arrangement pour assurer le vivre mais krik et krak et apparaît le mot

pendant que gratte le crin les cordes du violon

mais on sait bien que recouvert par nos hâtes insipides auxquelles nous ne croyons pas    , nos vies à la traîne,  ne sont que les restes de ce qui est bien vivant mais qu’il faut réveiller à chaque fois, nos êtres, une couche de poussière, convenances cris attentats recouvrent une rivière magique, en nous courent  sans qu’on y prête attention, toutes sortes d’élans, lumières d’histoires et vagues d’émotions et au dela même, comme la mer immense ou le ciel sans forme, l’être humain qui ne demande qu’à se déplier et sortir de l’armoire, pourquoi des armoires si ce n’est pour faire croire au carrés alors que c’est de musiques que nos os hantent, qui le soir s’évadent des turpitudes, enflent et d’un cri apaisant nous relie au plus haut sens de l’esprit qui dans le le corps s’incarne et s’enflamme

et c’est pour cela que nous attendons le mots, ou d’être prêt à s’en saisir, le déclic, ce peut être n’importe quoi, deux mains qui claquent et c’est l’histoire qui se déroule dans les plis des lèvres enfin libérées et le corps qui mime, la main qui s’agite, le pinceau, le tambour ou la caresse

se met à parler et se remémore ce qu’il ne sait pas encore,

car finalement cette cérémonie cèle le pacte de joie, le  vivre vivant circule entre deux peaux, resplendit dans le feu et les yeux percent et fait se perler la bouche qui intarissable et l’œil malin n’en finit pas de dire enfin ce que c’est que

de faire enfin taire le silence

mais l’homme sait qu’il lui faut retourner quelque chose en lui, sans trop savoir quoi et il fait appel à un mot,  une fibrille,  zébrage, brisée, murmure, fourbis, tout ce dire qui s’accumule, un claquement de langue

et la vie sait que sans danger elle peut se dérouler,

douce

frénétique

vraie,

enfin sur le bout de la langue et au rythme des hanches

le réel libéré l’auditoire répond heureux de l’heure de la joie, choeur, choros ou répons, écho indispensable à la parole

c’est sur eux que sont braqués les yeux à travers celui qui parle, défile et coud le fil

mais les fauteurs de troubles, les prétentieux,  les envieux et ceux qui croient au destin suprême de l’ordonnancement rationnel des mots,  à la sémantique des couleurs, ceux-la prennent ombrage et claquent tout seul la porte, disparaissent entre les murs et se tapissent sous les tables, tournent à toutes vitesse les pages des livres à la recherche du verbe sacré par lequel tout à commencé, qui régit le souffle de toute chose et ne prête pas attention au courant d’air qui déchire les feuillets, mélangent les lettres de l’alphabet recréant une langue d’avant qui te ressemble

bien sur il y a un ordonnancement mais s’il ne se recommande pas de l’invisible il n’est guère crédible, s’il émane d’une bienséance, poète de la fierté tu parles une langue comme une cravate toutes rentrée en boule dans la bouche, gesticulation attentive il veut s’assurer que la soirée soit bien le prolongement du monde de la journée,

mais ça ne nous intéresse pas ;

l’homme fatigué de la journée qu’il n’a pas convié se fie à ce mot hasardeux qui le libérera du miroir que lui tend le monde, il regarde vaguement inquiet, secoue ses os et crie krik krak ou un truc comme ça jusqu’à ce que les os et la chair vieille tombent par terre et il voit l’histoire s’élancer et comme un gosse il s’en amuse, est terrifié ou se réjouit, content d’avoir encore un fois vaincu le monde enclume que le jour lui tendait et que l’on donnait vainqueur à 100 contre un ,

lui a été visité par le mot et le grand voyage à commencé

il a vu ce mur pluvieux qui porte les traces de la pluie et des coups de butoir du soleil

il a vu le graph du zèbre

il a vu la fille et le popotin magique,  les lèvres qui lui promettent, croit il, les plus belles bouchées et s’en ai régalé d’avance

il a été traversé par un mot et s’est souvenu d’un poème , aujourd’hui, ça été les deux en même temps et il a plongé, il a fait la chasse aux virgules et les a mis dans un sac et un moment,  il a su que c’est là que se cache sa vie ou dans les grands moments de rire ou quand il partage avec tous quand  il se jette à l’eau et que la grande marée l’emporte,

il s’est vu qui  chantent tous ensemble convoquant à l’aide du mot qui leur promet que cela recommencera et que ça n’a jamais cessé et ne cessera pas.

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A penny for your thoughts

Zoran Music, paysage dalmate-1965

Face à ces couleurs qui épongent les vies sur la vie, je veille, et irradient le papier vierge, absorbent le carbone 14 et je me demande ce qui transparait là,

ce n’est pas mon habitude mais je regarde la peinture par en dessous et je cligne

me demandant qu’elle vie à fait se rejoindre ces points et la douceur du liant comme une peau

a penny for your thoughts ! mais c’est une tout autre histoire

sans doute

que me racontent ces traces que l’homme, il doit y avoir une

Zoran Music, alfabeto alpino

femme la dessous, ou un train, peut être un bateau , un pinceau des naseaux ou n’est ce qu’une marche à

l’horizon de soi, à n’en pas savoir ou n’en plus pouvoir,

mais je garde en haut du front l’intrigue et dans cette douceur alpine je suis sûr d’apercevoir les brunes d’une Venise ou de Trieste, sans doute Venise qui se voile et se de voile qui est un jupon, et une peau bleue sous les fards de la montagne je suis prêt à en jurer, le visage de la femme je l’ai vu dans un tableau aux Offizzi, good clue, cette caresse du ciel sur ses seins, cela en vaut une autre et surement que ça c’est passé ainsi et peut être dans un train ou dans cette appartement ocre, toutes les robes de l’Adriatique se frotte à mon regard alpin, au delà de la fatigue et vers le bout de ce que l’œil a peint

là je les ai perdu de vue quand

Tout tend à s’ordonner, le regard que les autres t’assènent, t’intime une distance comme si tu leur faisais peur, ils disent qu’il faut de la distance et de l’épure, et ils tiennent à l’histoire plus que moi je (ne) m’en soucie, que quelqu’un te regarde ou regarde ton dessin, lise tes mots et l’ordre contenancé comme on dit décontenancer se met en place comme un murmure doux qui ne dérangera pas le sommeil mais surtout n’atteindra pas à la réalité, c’est pourtant de réalité qu’il parlent, ces évidences de la raison sont un pré texte et semble maintenir le réel qui vient à nous, spectateurs et déjà spectre, du monde quand c’est le texte que l’on attend comme un lever de rideau, applaudir ne le fera pas venir, il faut plutôt huer, j’ose le dire

c’est d’ailleurs d’oser qu’il s’agit (et non de proposition de coordination)

exprès

pas par effet de style mais parce que je suis sûr qu’il y a des tâches aux vies,

qu’elles en ont besoin même , ce n’est qu’une affaire de tâche et on ne pourra jamais tirer les rideaux qui sont retombés des cintres ou de la falaise, et la femme que l’on attend à travers la peinture s’est recouchée, dans un clair-obscur d’ennui qui en dit long

Vasil Qesari, la femme que l’on attend

ce n’est pas mon habitude, je côtoie les peintures sans qu’il y ait besoin d’explication, je vois mal la main et le visage du peintre, qui photographié dans son atelier ou concentré, a l’air idiot, pas à son affaire, déplacé,

il ne se voit qu’en peinture

il aime se prendre au piège

s’il se peint alors c’est autre chose, il rejoint la peinture et devient large, aussi large que le paysage, il s’y entend à s’y fondre, on ne le voit plus, son être rejoint le coup de sang au plus profond de nous et sans qu’il y paraisse, à l’insu,

Mural of Jane Bown’s portrait of Samuel Beckett on a wall in Notting Hill

pourtant, une peinture te regarde toujours, mais c’est le monde qui te regarde, ou l’œil, on ne sait pas bien ce qui te regarde quand tu regardes une peinture

je sais que mes contemporains submergés dans un réel sans fondement et anonyme, à la limite de l’inexistence et de l’omniprésence, sont anxieux qu’on oublie pas qu’ils furent là, car ils n’y sont plus, chiures de mouches

l’omniprésence de l’inexistant forcément angoisse

Beckett ouvrirait la porte de la limite et Malone sourirait sans dents,plus réel que nous ne sommes, il se tapie dans les ombres de terre brûlée, dirait tous les visages contiennent toutes les histoires, il n’y a pas de distinction, c’est les mots et la tourbe qui plongent dans les yeux, il ne peut pas s’agir de vie, il ne peut s’agir que d’une lueur, seule trace que laisse dans les mots, s’ils survivent, le décollage des rétines qui te mène à l’histoire,

la tourbe des mots

on ne saurait qu’y lire.

alors on les lit pas, on lit pas

on se laisse lire

on laisse les mots devenir le monde et perdre l’histoire, comique d’un coup, le fil est devenu pelote et on se pelote, mauvais jeu de mot mais il en fallait un, qui dise bien que devient toute les histoires sans qu’il n’y en ait une qui tiennent debout, ça on le sait, ou le savait et pourquoi prétendre , attendre, de Perreira à Godot, une qui puisse se signaler,

on a reconnu la voix qui parle de et par toute les voix et donc n’est plus une seule voix mais la prête à d’autres ou se sont d’autres qui la prennent et se sont eux qui importent

c’est l »énergie du sens et le lien, en anglais Bond,

pas James mais Edward, mais qu’importe

trois dialogue n’apportent pas à la peinture

les histoires mais dans l’histoire en creux.

Les hommes dans l’homme

Zoran, dans les marges de l’Europe, le voyage hors des camps ,

quand le retrait de l’humanité tue

que l’on ne retient que cela

 

près des cotes de l' »Adriatique rattrapé par la meute le meurtre le social constitué en histoire

zoran Music (…)

meute l’enferme le réduit à au ppcm humain,

autant dire peu ,

un chiffre, un flux, peu de chair sur les os et l’essentiel pour survivre

autant dire rien mais c’est déjà beaucoup

on voudrait que l’histoire et l’homme se réduise à ça

un tas d’os de chair sans vie

qu’elle est le contraire de vie            celle qu’on ôte

violemment à la façon des sans- homme et  une négation

comme dit on le contraire d’un homme * si c’est un homme,

barbelé dans l’œil

 

Zoran Music

même en meute

Mais peut on réduire l’homme

ce peu de chair sur les os,  à ça

on voudrait que ce le soit, on voudrait que les oripeaux sur la peau résume la peau à l’histoire,

du troupeau

comment peut on vivre après l’histoire ?

 

On voudrait ne se rappeler que de ça, et comme en psychanalyse ramener la vie aux trace de la meute

 

Zoran Music, paysage dalmate

 

Mais l’homme est homme

la Dalmatie et l’Istrie assurent que le monde refleurit

quelle différence ce dessin d’un paysage dalmate ou l’œil retient  plus que la masse l’amoncellement

 

Les végétaux qui composent ce bouquet sur lequel marcher ,

antidote

échappée

 

preuve sans doute que l’homme peut échapper à l’anéantissement

 

zoran music , jardins eau forte et aquatinte sur rives

 

On imagine que l’homme recompose le chemin, dans ce peu

pour échapper à la force de la négation ‘

et voir

 

renoncer à ne voir que la mort dans la vie,

le soleil ?

et l’esprit au repos

 

est ce mettre un pas devant l’autre

et sur le papier

peindre les traces,

 

qui ne sont sans doute que le peu qu’il peut peindre,

regarder le monde dans les yeux

et voir

 

Zoran MUSIC ,Jardins, Eau-forte et aquatinte sur Rives

 

Ces points dénombrent le monde sans qu' »il y ait de membres,

ce calcul laisse la place au hasard je pense que c’est du laissé vide ce qu’il n’a pas voulu remplir

pour laisser une chance à la vie

 

et aux mouches

papillons de l’ombre

et voir

 

Zoran Music , été en istrie

le voir étant là la liberté de de nouveau s’immiscer dans l’espace et dire

dans l’espace intercaler sa voix pour prouver la vie

l’antidote

est de voir quand de nouveau on peut

car l’homme est avant tout peintre

il faudra bien que l’on le voit comme tel

 

 

s’inscrivant dans le mouvement

une tristesse ou mélancolie

l’histoire

 

Zoran Music, motif dalmate

 

L’histoire qu’est ce à l’aune du monde,

 

qu’est ce même si comme le dit Walter Benjamin « L’humanité est devenue assez étrangère à elle-même pour réussir à vivre sa propre destruction comme une jouissance esthétique de premier ordre. »

 

Il demeure que l’homme s’échappant et meurtri du poids de l’histoire et non du monde et qui semble congénital et comme Hélène à Troie pas si loin de loin

et on affirme que l’on ne peut s’éloigner de ces traces que furent ces grands brûlis des cités des chemins commerciaux et des sentiers des guerres

des camps et des bûchers

les lieux sont les mêmes

 

Zoran Music , paysage

 

Comme celui qui a clamer la prédominance de la vie

et l’échec de l’histoire

ou donc nous mènent les traits du monde,

 

les points

sur la surface

enfin

et la vie de l’homme

laissé en paix

et libre

évadé

au singulier,

 

et sans ce pluriel incontrôlable

l’homme peintre s’en va

ou tente

de prendre les chemins de reconnaissance du monde

 

dans cet homme qui fut le peintre j’ai vu ce désir de revenir à cela même qui a permis de demeurer l’homme

sans un mot de trop,

 

Sans que l’homme de l’histoire ne consente.

 

Zoran Music–motif vegetal hommage a caspar