Et au dessous rugissait le volcan

… »Je te reconnais entre cent, entre deux,
Je te reconnais entre mille à ton clin de cil prémonitoire


Happés nous sommes happés broyés nous sommes broyés
engloutis sans appel dans le vagin vermeil des triples telluries…. »

(Jacques Rabemananjara, poésie, Présence africaine)

Brèche ouverte, le surréalisme en Europe, plonger et s’initier à la glaise, strates de soi, pour Césaire  ignorer un mot c’est accepter de ne pas se connaître, redécouverte de soi dans les marges des empires qui ne sont pas l’empire, comme en Tchécoslovaquie et l’éclosion du mouvement Dada, la Grande Guerre aura tiré un trait sur le grand rêve que l’on se faisait de sa grandeur, ame, intelligence, profondeuer, elle aura ramené l’homme à la bête qui blessé tente de se redécouvrir. La civilisation naissante de masse, qui est une marchandisation extrême, le jeu à la marchande auquel jouent les pouvoir s’échangeant la menu monnaie de la vie humaine, soudainement les âmes et les cœurs sont projeté dans la grande interrogation d’être et prennent le contrepied, énorme vague de romantisme concret, vertige des profondeurs, ils cherchent un sens , accumulent et déconstruisent. A Vienne Freud et ses suivants permettent de se ressaisir des pièces d’un puzzle qui n’avait jamais été sciemment découpé, le social vivait ordonné sous le toit de l’acceptation, maison commune qui était devenue celle d’un vautour qui soudainement avait levé un voile; il était un ogre, Saturne au grand banquet. Les enfants sont perdus, ils fuient, dans la clairière au milieu d’une foret d’angoisse, de démesure, c’est un défi de désordre et de bacchanale compensatoire, qu’est-ce donc que l’homme moderne, l’accouchement dans les cieux le sperme de l’occident à la conquête quasi spatiale dans l’utérus démesuré de l’imagination.    Vienne , Paris, propagé dans les capitales  de l’Europe, plus tard au foisonnement nouveau du monde hurlant, New York et Berlin,  les déboussolés, jetés sur les routes et ne reconnaissant pas les calmes d’une campagne, émulsion jetée sur des rues sans nom , connaissent l’exil ou plutot le désirent, inventent ce nouveau brassage.

Mais, franges de l’Europe, les marges contiennent aussi  les colonies nouvelles des  métropoles, non-lieux vides, hors-lieux où l’ignare règne d’un main de maitre ne connaissant rien, ils ne reconnaissent rien et s’illusionnent, loin du charnier en jachère de ce beau mot que fut jadis Europe. Jachère, terreau, des grands révoltés de l’imaginaire portent encore en eux la grande civilisation, africaine, malgache, algérienne, certains ont été projeté dans la mosaïque inhumaine de l’esclavage et de la dépersonnalisation, ces deux voies vont se rencontrer, fructifier au contact l’un de l’autre apprenant de chacun et couvant sous les grandes fesses de l’occident qui opère sa mutation, la vérité elle aussi naissante de leur transformation. L’ordre ancien est mort ou étouffé, l’acculturation fait son œuvre, le grand pet du monde trouvera les voies créative pour reprendre la trace et l’invention magnifique d’une retrouvaille de l’être. Le tout-monde se faisait mentalement  en poésie aussi, comme un plan projet de ce que l’on pouvait percevoir du grand chambardement.

En chaque être humain, soumis à la folie d’une  dépersonnalisation, des individu  parviennent à s’extraire du grand collectif, l’âme, la psyché est sous le feu de la psychanalyse dont la grande médiation de l’expression, écrite ou orale, picturale ou culturelle se chargeait de faire table rase et était une grande projection de cette étendue formidable de la modernité et de ce qu’elle pouvait sous-entendre. A l’intérieur de ce  bouillonnement interne au monde occidental, par ailleurs en proie à une violence des  cataclysmes et à l’expansion coloniale, le surréalisme fait rage : il conteste, travaille à la refondation de l’imaginaire moderne, cherche à comprendre le lien qui agit les êtres et les choses, mosaïque sans sens du kaléidoscope et fait appel dans son exercice à des recours de l’âme qu’il appelle primitifs : le rêve, la divination, le fétichisme, le fondement animiste de l’être et de la société. La rencontre avec les dessous de l’empire ou il reconnait les propres siens, sous-vêtements cachés sous un habit noir et terne, faisant oublié le corps et la parole tue par le télex et le code grandiloquent.

sublime reconquête non achevée aujourd’hui , tragédie de notre Europe aux franges dont je suis, réticente à l’assimilation des grands flux impériaux raseurs de mondes apaisés et des vallées cachées,

réaction à l’horreur de la guerre et à ce grand monde vorace qui engloutit tout sur lui même, le surréalisme l’apprit aux colonisés, frères, eux aussi victimes de la violence éradicatoire, arrachés de la profondeur constitutive , comme un vieux masque sculpté à l’être en racines, aggripantes aux cotes des morts, fibres de l’appartenance, retrouvèrent dans l’ appel aux rêves les profondeurs de l’inconscient, transe de l’homme moderne et pont jeté sur la disparition en gouffre du mythe,
ceux ci qui ne se reconnaissaient plus y virent ce retour salvateur des laves si profondes , combustion de l’être comme un kérosène premier, brut des masques et plongée transversales, le mythe moderne en appelle à la langue dans le souffle et le rythme, raccroche à la densité, à la vérité, car si l’on y pense bien, l’ère de la consommation et de la production industrielle, odieux mots, clament la victoire de l’insignifiant, de la disparition du soi, l’égarement insupportable à l’homme perdu qui porté par le flot du mot , oralité retrouvée au sein du livre, oralité de nouveau magique de nouveau vivante et retrouvée libre au sein de la langue invocatoire, ferrée de rite redevenue parole ployante au vent de la trace de l’être

Certains poètes s’y consacrent.

Senghor, Césaire,  je m’accroche à la suite, en plein accord, idée soudée à mon imperceptible pressentiment, obscur inséparable de mon être, au monde l’exil, détachement sublime sens de l’attachement , (Derouin, à suivre, entre exil et enracinement nécessaire,; moi un enracinement vers son horizon…) voila ce que dit la notice du livre ,

L’écriture Et Le Sacré – Senghor, Césaire, Glissant, Chamoiseau Collectif Universite Paul Valery ,

et qui m’éclaire :

 » Ce livre prolonge et approfondit les Collectifs Un autre Senghor (1999) et Sony Labou Tansi, le sens du désordre (2001) publiés dans la même collection de l’Axe francophone et méditerranéen du Centre d’étude du XXe siècle. Réunir des écrivains africains et antillais dans un même livre, c’est prendre au sérieux ce que Patrick Chamoiseau a souvent affirmé : il y a, entre eux, à la fois d’incontestables filiations en même temps que des problématiques culturelles et des poétiques très différentes. Le thème de l’écriture et du sacré permet de bien comprendre ces ressemblances et ces variations. Un premier contraste, classique, oppose Senghor à Césaire, le poète nostalgique du mythe et de l’épopée à celui des arrachements et des ruptures qui déchiffre le Sacré dans le coeur noir de la langue, dans les syncopes et les abruptions du rythme. Edouard Glissant et Patrick Chamoiseau, quant à eux, s’ils ne renient pas l’héritage de la négritude, leur part africaine, comme ils disent, font face à un danger plus contemporain et, au fond, plus difficile à combattre : celui d’un tarissement possible de la diversalité du monde, d’un désenchantement (qui oeuvre au coeur même du symbolique et de la langue). L’écrivain retrouve alors une vocation fondamentalement romantique, dans une attention constante à la poïesis du monde et des mots : expérience d’un Sacré que l’oeuvre, sans cesse, réinvente, en une nouvelle alchimie rimbaldienne du Verbe. »

voila quelques pistes qui me relient à ce grand écrivain malgache, essentiel, chercheur au silence coital de la parole dans la chair de la parole, sens du vrai , mutine à l’encontre de l’aliénant, esprit mutin, enveloppement entier dans cette soie qu’est le « lamba » et butin que clame la force irréductible du vrai qui ouvre un espace poétique d’une sensualité ouverte à l’échelle cosmique ,
dépouillement de vie !….

rabemananjara

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Rencontres francophones

_un canadien_

… sans la langue c’est une espèce de chute dans l’autre,____ dans l’ambiance – il n’y a rien d’autre que de retrouver la langue ….

ce à quoi le français, qui ne comprend rien, mais les français, est ce du à leur histoire, à l’élaboration politique de leur culture, monolithique et carrée, classique, ne comprennent rien, on le sait, heureusement, on commence à s’y faire

mais il faudrait en prendre acte et s’écarter …

dit quelque chose comme …

… on se retrouve toujours quelque part avec des gens qui ont une identité, ce qui est important c’est l’expression, en général douloureuse, de soi au milieu des autres quelque part,…

quelque part, où que ce soit, qui que l’on soit de par notre situation au monde ? mais il n’a rien compris au problème de la langue et de l’identité, le lieu et la langue de l’homme n’est il pas essentiel ! et le monde est en perpétuel mouvement!

car seul le squelette se morfond à s’inquiéter du froid de son caveau, les fesses bien chaudes l’homme se pavane au bras de sa charmante en mouvement
Mais pourquoi n’y arrivent ils pas à comprendre cela? ! est-ce d’avoir décidé depuis les religions et les lumière la suprématie de l’universel ?En fait ils ont décidé depuis longtemps d’évacuer l’existence du foyer de la langue la vraie, pour la remplacer par un pidgin du latin, dirait Manciet ou d’une construction latine,  sorte d’arbuste Babel privé, auquel nous sommes sommés de nous aggreffer,

la poésie se niche dans la langue et l’invente! s’invente ! comprends -le !

ou est-ce moi qui m’acharne !

jardin_flou_500

_un autre, heureusement_

…il y a toujours des gens qui seront poètes parce qu’ils seront des gens justement, c’est  à dire des individus conscients, pensants, se posant des questions, vivant leur inconfort mais vivant leu inconfort parce qu’ils ont cette conscience de quelque chose qui manque et qui peut être pleinier….

et moi, de me dire, oui c’est parce que la langue nous manque et en même temps qu’un manque du monde, que l’on écrit, que l’on peint, que l’on essaye de recréer retrouver et se prolonger,

mais prolonger notre derrière et se payer de mots pour faire partie du monde!

mais comment va votre mère? , Elle va, … Elle radote…

-un poète belge_

est ce que la langue est notre âme ou est ce que notre identité est dans la langue?

non, le monde et le temps nous sont sorcier, ils sont en nous. ils doivent resurgir

mais pourquoi la justesse ! c’est l’homme qui parle et qui y tient, qui la soigne sa parole, quitte à reprendre la route pour retrouver sa langue. seul ou non.

_ chercher à être solitaire pour être solidaire_ -dit le canadien ( et la poésie nous échappe, pourquoi, parce qu’ils doivent retrouver quelque chose, sans doute… comme une fatalité et je pense à wajdi Mouawad qui n’est pas loin de tout ça …)il continue ce canadien qui me plait, les français ampoulent, là aussi je suis d’accord même dans les traductions et c’est pour cela que c’est insupportable, fuir ….

et il est fan de William Carlos Williams :
« On n’apprend pas des nouvelles à la poésie, mais les centaines de milliers de personnes meurent misérablement du manque de ce qu’on y trouve »

puisais-je avoir  ni attache ni limite oh vie aux mille visage débordant pour pouvoir répondre à tes invites suspendu aux miracles des instants, de là il y a quelque chose à faire

il n’y a pas de mystère,  je suis fan de W C W,

2002 rencontre des écrivain au Québec animé par michel Garneau

coeur de gesta

Bernard Manciet
Bernard Manciet

Affinités avec cette grande région , par exemple mon admiration la plus évidente va à Bernard Manciet , poète gascon d’Uzeste dans les landes,

Il me semble être le chaînon manquant entre la France occitane et la porte de l’Afrique ! On sent dans sa langue comme une chair de la terre et les fruits que sont les hommes, gros de toute l’histoire littéraire française et romane il accouche d’une modernité tournée vers le sud, ouverte et libre, sa voix noire de sang gascon se hérisse de ce vingtième siècle que la révolte noire a appelé JAZZ, Bernard Lubat le trublion le fait baigner dans cette eau de révolte réminiscente, elle s’accorde au vieil homme et ramène au rivage la douleur de l’engagement dans l’histoire, la modernité, la mort qui rode et le recul d’un enfant d’un pays rompu aux meurtres de l’histoire, éternelle résistance, l’homme de la culture a le corps dans le peuple et se souvient, sagesse incarnée dans le temps d’un sourire qui pourrait être paysan et qui l’est quand il appartient à la terre.

Ma frontière est un vent du sud, frotté aux rigueurs et à l’immensité atlantique, elle s’élève en montagne , elle a le baiser des franges de l’Afrique, elle s’inscrit dans le sang à la rougeur d’une terre incertaine ou règne l’homme, vassal de ce qu’il asservit , terre  rouge qui le ramène au charnel des cycles des saisons et donc à la mort, matinée de vie, fruits et soif le voir est une strate ancienne,  rappel de ces volcans d’où a surgit le jour.

Mes poètes sont espagnols, Guillen, Gamoneda , Valente et tous les catalans, l’ancestralité se lit dans les rides et les plis du geste de la peinture, fille de l’occident elle s’inscrit dans la nuit, rivalise avec la mort et crie la vie en éclats de lumière, primordial dans mon rapport a l’art.

poésie,

le mot est plutôt prélude aux sens , issu du vivre et de la question,  c’est en véhicule qu’il recouvre l’indéterminé, l’humain dans ce son s’allie aux autres sens, le jour nait et avec lui la vie comme elle se perçoit, distingue l’humanité en pressentiment.

Comme Gauguin,  je dis si tu vois du jaune alors met du jaune ! écrire ce qui est à l’œuvre dans ce grand laboratoire du vivre , du voir, sans la distance de la pensée, sauf dans la mesure ou l’agir est pensée,  loin du cartésianisme, frontière de l’identité française que je n’ai eu de cesse de vouloir franchir jusque vers l’expatriation, je suis le fils étranger qui a du subir son ascendant, cette distance fondamentale, acier martelé par cette annexion dans la culture française;

oh ma langue aux inflexions pré-indo-européenne ! oh frontière de l’Afrique! vents atlantes et chaleur de la sierra ibérique, je suis la mémoire d’une langue aussi vieille que les pentes vertes de la montagne, matière abrupte que détoure la rive atlantique,  à l’horizon de l’immensité océane.

En découle cette fascination pour toutes ces littérature qui à la suite du surréalisme ont permis aux identités de se re-forger , au sein d’une langue d’emprunt, léguée sans lait maternel, nourrice de l’histoire , berceau d’un aller dans un aléa du fleuve, j’entends les voix retrouvées moulées dans la langue française , l’alter-langue, la langue exilée réinventée, invocation et transe de la langue ancienne, oubliée ou rendue impossible par l’oubli ; imminente il s’agit de l’humus de l’émergence de l’homme nouveau, permettre la circulation du sang dans les veines asséchées , il s’agit de se tenir droit et de retrouvé ce sens égaré.

Ces mouvements ce sont ceux de la créolité (Cuba y compris, wilfredo Lam par exemple ou Cabrera Infante et bien sûr les Antilles, Aimé Césaire et une flopée d’écrivains, de Glissant et son tout-monde, Brathwaite bien sûr, à Chamoiseau , de Frankétienne à Gisèle Pineau; l’Afrique avec des écrivains comme Tanella Boni , Sony Labou Tansi, ken Bugul et bien d’autres.

Pour moi c’est une évidence depuis longtemps , je ne me sens pas intégré dans la pensée de la langue française, mais pour autant, exilé hors du « maternel » ( la langue, la terre, la parenté, la possibilité d’une identité fixe, et la nécessité d’une sorte d’exil)  je ne suis pas pour autant basque, ce vocable recouvre néanmoins une réalité-humus, une vigueur-nervure, bâton où planter le sol , mais ce bâton est multiforme, en mutation perpétuel il ne cesse de réinventer la forme qu’il doit à ses racines , à ses branches, ses fruits et ses feuilles, aux oiseaux qu’il abrite et l’assaille des milliers de langues de sa Babel, rongeurs et insectes, champignons aux creux et esprits qui habitent la couverture d’écorce, mon arbre est il ce baobab fou de Ken Bugul, qui est il et ne peut il pas être que forêt ronde et murmure chanté d’arbre en arbre, connivence et témoin de la terre , je n’est il pas ce rhizome aérien, spirituel, l’arbre ponctue l’espace du monde et rappelle à  la responsabilité commune, la nécessité du dialogue; de l’amour et du respect, l’arbre est jour, cette grande nuit , angoisse de ne pouvoir se satisfaire d’être ce qu’il semblerait que je suis , il est vrai que je ne suis pas celui que je semble être , la France idéale ne peut être que révolte , pied de nez au pouvoir, à l’assignation à résidence , au délit d’identité (quand les murs tombent, ed Galaade),  c’est pourquoi les chênes accueillent les danses du monde, les chants en répons, et ne se suffisent pas , ils sont le lieu de la rencontre et la nécessité de se penser autre, terreau fertile ou feu de la saint jean, recommencement, rive d’eau prélude au départ pour retrouvailles, résistance à l’obtus et négation de l’ordre imposé, sans relâche pour simplement continuer à être , chanter comme une mélancolie l’impossibilité d’accepter, la nécessité de rejoindre et le respect du vivant.

Même si des mouvements telluriques humain au fond de moi me secouent , force est de réinventer avec ce qu’on m’a donné, je m’intéresse donc à tous les mouvements qui s’efforce de réintégrer ce que les humains sont dans une langue et une forme contemporaine , le retour au pays natal de Césaire, le tout-monde d’Édouard Glissant, mais aussi beaucoup d’autres pensée ; être français a-t’il un sens hors d’un projet politique et intellectuel (le royaume et les lumières, la révolution française) mais aujourd’hui , cet héritage est il le mien , non , me reconnais-je dans le harcèlement de la civilisation post-moderne et américano-européenne, non, l’urgence de réinventer le monde et dresser (debout ) une humanité digne de ce nom , oui , par quels moyens , tentons ce que nous pouvons !
C’est un état d’esprit, je pense qui ne peut être que de résistance et de prise de position , le vert est une belle couleur mais surtout non avons besoins de couleurs !

la vie est belle , mon vieux (Nazim Hikmet),

et aussi l’expérience hispanique en Amérique latine qui n’est pas sans rapport , l’Amérique  blanche avec l’invention d’une modernité, en particulier Williams Carlos Williams ,

Une autre influence déterminante se situe dans le voir et le peindre, le signe , d’où l’écriture découle et la radiation de la couleur et de la  lumière ,  Tal Coat , rafols casamada et une floppée de peintres qui ont cette compréhension physique du monde , la forme vecteur de sens, chillida et hepworth , et la peinture  contenue dans les mots , jorge Guillen, le rapport du peint à l’écriture sur lequel je travaille actuellement.

On n’en finirait pas , mais voila pour l’essentiel , une quête de sens dans les sens et l’élaboration dans langage capable de dire l’essentiel caché aux yeux de tous , la peintre ou l’écriture est dans ce cas la () revendication et renaissance (?)

Evidemment la nature et la lumière finissent par être les plus fidèles alliés dans cette reconquête car elle mènent à une sérénité retrouvée , absente du monde des hommes , même si l’être humain et la femme demeurent essentiels, là  est un problème quasi insoluble et peut être faut inventer d’autres voies et se laisser aller à un cousinage universel, le geste de l’homme (et de la femme) est a cœur de ma peinture sous l’habit ou le prétexte de la nature, de la couleur, du trait , de l’espace, (Maldiney).

Ma nature est anthropomorphique parce qu’elle est habitée , fondamentalement , l’homme est au centre du geste , dans la voix , il va vers et se reflète en miroir au coeur du vide ,

Biotz begietan disait un poète basque ce qui revient à dire mes mots « l’oeil au coeur  »  , prélude au geste qui installe ce qu’il y a d’humain en nous à l’horizon de la vastitude.

La nature reflète l’homme et l’homme ne peut se penser qu’en vocables de nature !

Il faut croire que j’ai les yeux clos, ai-je été aveuglé, mon corps emprisonné, le geste n’est il que le seul éclat possible entre le monde  ; le geste témoigne en tous les cas d’une distance ou d’une absence, serait ce une trop grande présence, trop proche, ou d’un nécessaire miroir,

Ces mots reviennent de manière obsessionnelle, répétés, l’esprit court-circuite ce qui évident est empêché, le voir et le sentir dans le pont du geste rétablissent le corps dans le mouvement du temps.

La peinture est donc question et affirmation. Dans le même temps, parcours de l’un à l’autre, de qui ouvre les yeux. Le monde est à découvrir et se faisant affirme l’existence de l’un, en mouvement, progression de la vision et chemin lumineux, toucher insensible de la matière, trop proche.

Par delà l’écart, par la lumière de l’éclat, dans l’infinitude de l’espace se parsèment les traces de la lumière, les preuves en tâches de la couleur qui sont présence rétinienne, des témoins de ce que l’esprit pense entre l’ombre et l’infini l’intellect désire fixer, la pensée alors s’empare du peu perçu et l’organise, livre déroulant d’une écriture – sentier où les pas de l’homme promènent la vie construite, absurdité surréelle que le peintre dans la plongée sensible va tenter de mystifier, tracer une carte de l’augure, invocation entre le noir et le vide, les gris et le sang, la couleur,  qui advient dans l’espace, le vivant entre dans la matière, la lumière et le temps, inscrit sa présence et tente l’éclaircissement.

A chaque fois répété, tant et si bien qu’il demeure obscur, opaque et nié dans les vides qui sont les pleins d de-hors, le geste semble chercher une assurance de sa propre existence, il semble vouloir capter une trace, vie-faille par laquelle le renouvellement installe l’instabilité, dans cette quête, il mesure la finitude de l’intervalle, entre advenu et inaperçu ; le pas est l’entre de l’espace, qui qu’il soit, il espère y repérer la trace d’une empreinte, mémoire du chasseur, espoir du cueilleur qui voit dans le fruit la chair et le signe d’une abondance, la couleur rappelle cet instant que les yeux perçoivent.

Wifredo Lam
Wifredo Lam

nouveau monde

le regard aigle tournoie aux haut-fourneaux,   il me vient cette pensée …. est ce d’avoir, pionnier, désiré le monde, autre , envisagé dans sa sauvagerie la liberté d’être or de penser ; rêver le vivre hors de ses fioritures, est-ce de côtoyer la nature immense , celle là vraie que l’écho indien porte au cœur de l’œil , fier , gorge sous le ciel et jambe dans la plaine immense , paupière sous la pluie de l’arbre ,
est ce sentiment d’avoir été trahi, envahi journellement par  l’écrasement de la souillure, la meurtrissure et l’insulte de la destruction irrévérente , esclavage d’un monde sans sens , imposé en contre sens , est pour ces raisons que l’écrivain d’Amérique est souvent dans la révolte et l’insoumission, l’amertume qui veut clamer fort son désaccord !
bien sûr je partage ce dégoût et mes montagnes à rives basques en révolte face à l’aveuglement rationnel, se joignent en chant dans la polyphonie poétique qui s’écho de vallées en rives en rivage et abordent à l’horizon,
bien sûr la poésie clame l’homme emplumé, de sa peau aux feuilles de l’arbre en forêt en plumage , bec en envolée, plume en partage , le dessin d’ocre univers guérisseur rejoint le chant de cime en cime et stoppe net la presse à dollar , à retrouver le geste du père en mère qui rattache en fils,
et le rêve demeure devenir l’oiseau , le rythme au ventre s’obstine à susurrer la parole indienne, tattoo en bras tendu d’une ile pacifique au milieu du cyclone aveugle qui arrache , qui ricane nucléaire et sabre polystyrène en amiante et vrombit de silence , froid, lointain suicide,
mais passer de l’autre coté de la colère et être île en langage recréé , devenir peau, dénuder le trop plein d’inutile ,

d’un glissant en Miron affirmer l’alizé
que non en sublime oui .

(c) photo inconnu
(c) photo inconnu

zi , j’me rappelle de cte neige de l’aut’ coté ,  ça fait frémir , certains trouvent ça beau et ça l’est certes mais me donne envie de dormir en grand ours ,
la fin de l’histoire ne me fait pas rigoler du tout sauf à être aussi vierge étal que le grand cosmos en forme de pied , une sorte de tout est possible mais alors que seule l’empreinte reste et que tous ces gribouillis d’écriture disparaissent avec leurs intentions scribouillardes nauséabonde ,
l’immensité du ciel est là comme celle de la terre et du pied nu et faut qu’il glosent dessus en mode inventaire , en en description maçonniques , en débabillage ethnique , en … foutez nous la paix ! quoidé-braillage ,
laissez le pied être le pied et que son empreinte soit celle de la grande ourse à traque et à beau goinfrage de miel , louve dans son amnésie me comprendra ou pas ,
écrire , pouah ! mais quelles sont donc les bonnes questions , by Jove ! ça nous échappe et c’est le plaisir de voir le fleuve s’écouler , hors de prise , qui nous anime , et nous fait dire le fleuve oui nous , cette matière intangible si inextinguible ah non , mais extensible au vide qui me conçoit et me rappelle , comme au fleuve à la vague qui reflet, me voit …

pas ça en tout cas mais tout ce qui va avec et que l’on ne voit pas , les mottes de paille de la tanière et les belles ronflades d’hivers ,

ps : je me rappelle de beaux coup de pieds au cul , l’alternative j’en frémis encore alors que je récupérais de ma fatigue ancestrale coincé à l’abris de mes deux branches estivale et hivernale, car moi outre l’hibernative j’estive !