la cabane

Vivant – Humain  et bien sur vivre.

Ce sont ces mots que je griffonne sur la marge « du fond de ma cabane », le livre de Jean Desy que  je lis. il y parle de cette puissance et de cette fougue à vivre qui confine à la détermination. Du moins la décision intérieure de donner à cette pulsion de vie, au plus fort de la forêt, de la maladie ou de la mort, face à ce qu’il appelle le combat contre l’inacceptable. Histoire de choix car  la raison d’être de la cabane, ce petit abris entre le vaste monde et l’étriqué de notre civilisation, a à voir avec ce choix de vivre libre.

Jean Desy
Jean Desy

C’est en endroit intermédiaire qui est déjà une décision de vie, résistance à l’encontre de cette vie qu’il a été si difficile de vivre sans se perdre, mais tempérée par le désir d’aller vers, la fougue de l’homme en marche se sent dans tous les mots et les méandres de la pensée qui élargit le monde, respectueuse des limites contenues dans la nature et le corps. Équilibre permis par la connaissance de la forêt, connaissance de soi même, l’homme s’en abreuve, en accord avec le concret et le vécu du quotidien,  donne forme à une spiritualité ancrée dans les gestes nécessaires. Vie vécue dans la beauté pour répondre à nos besoins et nos impératifs, et rien que ceux la.

Et les grandes phrases se perdent, la poésie n’est que là où elle apparait, inscrite dans les calepins quand vient l’appel. Les animaux appellent dans la forêt. Ceux qui ont compris que l’existence se vit dans le même temps que la nature, se respire en elle comme un coureur aime sentir l’air couler dans la gorge, acquièrent ce tempo qui permet de déborder de soi vers plus vaste que soi.  Question de rythme et de climat car le défenseur du nord sait bien qu’au Nord le monde est tellement prégnant que l’on ne peut s’y soustraire. Les erreurs ne sont pas permise et l’homme comprend vite que pour vivre en accord, il faudrait faire partie d’elle. Il respire et ne perd pas le fil, qui le relie. Devient son envie.

La poésie. Plutôt que de laisser perdre les mots sur le papier, s’en emplir et laisser cette source au fond de soi ; s’il faut l’écrire alors écrire sur les feuillets. La poésie comme un journal où il est tenu compte des enthousiasmes et des traces de l’existence. Jusque là rien que de très simple. Et c’est heureux. C’est de se sentir vivre au contact de la nature, vie partagée, à son rythme ou rythme partagé, aucun des deux n’en impose à l’autre. L’abstraction?  Même si et quand la pensée s’en mêle, on ne retient que le fil qui est comme toucher la glace ou la sève d’un arbre, le sang d’un animal.

r_31

L’être court, relève le défi, se confronte à la neige, au froid et à tout le reste, ayant décidé qu’il lui fallait voir clair , et donc s’extraire de la nasse, je devrais dire vase, pour vivre. Il a fallut faire coïncider la vie avec cette grande exigence. Pas forcément de rébellion mais d’incompatibilité et donc se rapprocher de ce qui  compte. On sent la même dérive dans l’écriture qui est simple puisqu’elle suit son cours, embarcation de l’homme qu’elle porte, qu’importe la métaphore, elle est affutée et ajustée. Ce qui importe ce n’est pas le style mais que la lente réponse à la respiration, halètement ou souffle, soit porté par cette existence et se reflète.  Parce que qui a été empêtré dans les couloirs des grandes villes et a réussi à s’en sortir, sait qu’il ne faut plus risquer de perdre, au contraire vivre et provoquer la vie, nomade pour n’être qu’avec elle dans le mouvement, mais c’est un autre sujet. La conscience d’être entièrement soi-même  donne puissance à cet équilibre et écrire en fait partie.

Cet itinéraire est poétique, mais semble savoir qu’il faut s’en tenir au réel, à ces choses du concret et à ce corps qu’il faut laisser filer comme les chiens du traineau. Écriture d’homme que les sensations n’égarent pas car il reste vigilant, même quand il se laisse aller à sa joie quand il exulte de la nature et de la sève en lui. La vie ramenée à son essentiel d’homme se lit dans le regard. Est ce son caractère ? je ne sais pas, je ne le connais que par ses livres. Je sais que j’aime sa façon d’écrire parce qu’elle est simple et assurée mais aussi parce qu’elle ne prend pas les chemins de la prétention, au sens de la supposée importance mais aussi de ceux de la fiction. Cette narration fictive ou tout serait comme si, pas uniquement une histoire comme un conte mais une prétendue réalité qui n’en est pas une, on prend soin de souligner le « comme si » voulant dire sans doute que la vie est ailleurs et qu’il ne faut pas prendre ces racontars au sérieux, ou qu’est ce ? Pourquoi user de cette fiction, cette vie vrai prétendue fausse ou l’inverse.  Ces débordements du fictif m’exaspèrent , non à cause de l’imaginaire , j’en raffole, mais de la volonté de faire croire que ce qui écrit n’existe pas et qu’il ne faut pas y croire. Au contraire le conteur sait nous entrainer et nous fait rêver ; le poète nous faire sentir qu’il s’agit bien de ça, même tout semble montrer le contraire. Le ce serait ne même à rien.  un exercice de style pour nous maintenir « at bay » ? Mais quand je vois l’homme ouvrir la bouche et parler, raconter, je sens l’humain témoigne de cet appel et de cette connaissance, je sens l’écho et je l’écoute, essentiel ce qu’il rapporte et conserve avec lui, jusque dans son écriture qui est prudente,et sûre. Bientôt il m’emmène dans ses rencontres avec l’ours, frôler les épinettes, je vois sa cabane ou je l’imagine.

Je ne prétends pas parler du livre de Jean Desy, je m’en fait simplement l’écho pour prolonger la lecture. Je voudrai conserver ce calme et ce sens d’une plénitude fragile, en accord avec cette écoute de la vie,

L’harmonie est une eau de lac, alors que le moindre œil de truitelle, l a moindre mâchoire d’achigan, le plus fin rostre de touladi viennent à la surface, alors que les poissons ont envie de moucherons ou d’éphémères.

surement que les éphémères ne sont que des insectes, mais je me dis que nous autres, poissons ou hommes, nous avons besoin d’éphémère car l’on est sur de rien d’autre.

Rencontres francophones

_un canadien_

… sans la langue c’est une espèce de chute dans l’autre,____ dans l’ambiance – il n’y a rien d’autre que de retrouver la langue ….

ce à quoi le français, qui ne comprend rien, mais les français, est ce du à leur histoire, à l’élaboration politique de leur culture, monolithique et carrée, classique, ne comprennent rien, on le sait, heureusement, on commence à s’y faire

mais il faudrait en prendre acte et s’écarter …

dit quelque chose comme …

… on se retrouve toujours quelque part avec des gens qui ont une identité, ce qui est important c’est l’expression, en général douloureuse, de soi au milieu des autres quelque part,…

quelque part, où que ce soit, qui que l’on soit de par notre situation au monde ? mais il n’a rien compris au problème de la langue et de l’identité, le lieu et la langue de l’homme n’est il pas essentiel ! et le monde est en perpétuel mouvement!

car seul le squelette se morfond à s’inquiéter du froid de son caveau, les fesses bien chaudes l’homme se pavane au bras de sa charmante en mouvement
Mais pourquoi n’y arrivent ils pas à comprendre cela? ! est-ce d’avoir décidé depuis les religions et les lumière la suprématie de l’universel ?En fait ils ont décidé depuis longtemps d’évacuer l’existence du foyer de la langue la vraie, pour la remplacer par un pidgin du latin, dirait Manciet ou d’une construction latine,  sorte d’arbuste Babel privé, auquel nous sommes sommés de nous aggreffer,

la poésie se niche dans la langue et l’invente! s’invente ! comprends -le !

ou est-ce moi qui m’acharne !

jardin_flou_500

_un autre, heureusement_

…il y a toujours des gens qui seront poètes parce qu’ils seront des gens justement, c’est  à dire des individus conscients, pensants, se posant des questions, vivant leur inconfort mais vivant leu inconfort parce qu’ils ont cette conscience de quelque chose qui manque et qui peut être pleinier….

et moi, de me dire, oui c’est parce que la langue nous manque et en même temps qu’un manque du monde, que l’on écrit, que l’on peint, que l’on essaye de recréer retrouver et se prolonger,

mais prolonger notre derrière et se payer de mots pour faire partie du monde!

mais comment va votre mère? , Elle va, … Elle radote…

-un poète belge_

est ce que la langue est notre âme ou est ce que notre identité est dans la langue?

non, le monde et le temps nous sont sorcier, ils sont en nous. ils doivent resurgir

mais pourquoi la justesse ! c’est l’homme qui parle et qui y tient, qui la soigne sa parole, quitte à reprendre la route pour retrouver sa langue. seul ou non.

_ chercher à être solitaire pour être solidaire_ -dit le canadien ( et la poésie nous échappe, pourquoi, parce qu’ils doivent retrouver quelque chose, sans doute… comme une fatalité et je pense à wajdi Mouawad qui n’est pas loin de tout ça …)il continue ce canadien qui me plait, les français ampoulent, là aussi je suis d’accord même dans les traductions et c’est pour cela que c’est insupportable, fuir ….

et il est fan de William Carlos Williams :
« On n’apprend pas des nouvelles à la poésie, mais les centaines de milliers de personnes meurent misérablement du manque de ce qu’on y trouve »

puisais-je avoir  ni attache ni limite oh vie aux mille visage débordant pour pouvoir répondre à tes invites suspendu aux miracles des instants, de là il y a quelque chose à faire

il n’y a pas de mystère,  je suis fan de W C W,

2002 rencontre des écrivain au Québec animé par michel Garneau

nouveau monde

le regard aigle tournoie aux haut-fourneaux,   il me vient cette pensée …. est ce d’avoir, pionnier, désiré le monde, autre , envisagé dans sa sauvagerie la liberté d’être or de penser ; rêver le vivre hors de ses fioritures, est-ce de côtoyer la nature immense , celle là vraie que l’écho indien porte au cœur de l’œil , fier , gorge sous le ciel et jambe dans la plaine immense , paupière sous la pluie de l’arbre ,
est ce sentiment d’avoir été trahi, envahi journellement par  l’écrasement de la souillure, la meurtrissure et l’insulte de la destruction irrévérente , esclavage d’un monde sans sens , imposé en contre sens , est pour ces raisons que l’écrivain d’Amérique est souvent dans la révolte et l’insoumission, l’amertume qui veut clamer fort son désaccord !
bien sûr je partage ce dégoût et mes montagnes à rives basques en révolte face à l’aveuglement rationnel, se joignent en chant dans la polyphonie poétique qui s’écho de vallées en rives en rivage et abordent à l’horizon,
bien sûr la poésie clame l’homme emplumé, de sa peau aux feuilles de l’arbre en forêt en plumage , bec en envolée, plume en partage , le dessin d’ocre univers guérisseur rejoint le chant de cime en cime et stoppe net la presse à dollar , à retrouver le geste du père en mère qui rattache en fils,
et le rêve demeure devenir l’oiseau , le rythme au ventre s’obstine à susurrer la parole indienne, tattoo en bras tendu d’une ile pacifique au milieu du cyclone aveugle qui arrache , qui ricane nucléaire et sabre polystyrène en amiante et vrombit de silence , froid, lointain suicide,
mais passer de l’autre coté de la colère et être île en langage recréé , devenir peau, dénuder le trop plein d’inutile ,

d’un glissant en Miron affirmer l’alizé
que non en sublime oui .

(c) photo inconnu
(c) photo inconnu

zi , j’me rappelle de cte neige de l’aut’ coté ,  ça fait frémir , certains trouvent ça beau et ça l’est certes mais me donne envie de dormir en grand ours ,
la fin de l’histoire ne me fait pas rigoler du tout sauf à être aussi vierge étal que le grand cosmos en forme de pied , une sorte de tout est possible mais alors que seule l’empreinte reste et que tous ces gribouillis d’écriture disparaissent avec leurs intentions scribouillardes nauséabonde ,
l’immensité du ciel est là comme celle de la terre et du pied nu et faut qu’il glosent dessus en mode inventaire , en en description maçonniques , en débabillage ethnique , en … foutez nous la paix ! quoidé-braillage ,
laissez le pied être le pied et que son empreinte soit celle de la grande ourse à traque et à beau goinfrage de miel , louve dans son amnésie me comprendra ou pas ,
écrire , pouah ! mais quelles sont donc les bonnes questions , by Jove ! ça nous échappe et c’est le plaisir de voir le fleuve s’écouler , hors de prise , qui nous anime , et nous fait dire le fleuve oui nous , cette matière intangible si inextinguible ah non , mais extensible au vide qui me conçoit et me rappelle , comme au fleuve à la vague qui reflet, me voit …

pas ça en tout cas mais tout ce qui va avec et que l’on ne voit pas , les mottes de paille de la tanière et les belles ronflades d’hivers ,

ps : je me rappelle de beaux coup de pieds au cul , l’alternative j’en frémis encore alors que je récupérais de ma fatigue ancestrale coincé à l’abris de mes deux branches estivale et hivernale, car moi outre l’hibernative j’estive !

canada

pour faire écho au grand Félix , ( l’alouette en colère , viva tous ensembles tous ensembles …)

le grand Richard (Desjardins , canadophilie quand tu nous tiens ….)
à voir aussi l’erreur boréale à Malioténam (ainsi que les yankees, quand j’aime une fois j’aime pour toujours et le site en lien)

ce qui me rappelle , je vais me faire taper sur les doigts par les copains que écoutant une émission sur un documentaire de Pierre Perrault sur jacques Cartier ,

Canada ça veut dire : « n’y vas pas  »

au moins respectons la,

la terre, l’eau , la forêt , les hommes , la nature
arrêtons de la défricher, de la piller , arrêtons la marche en avant de la mort

et toujours à écouter l’interview de Jean Malaurie en lien sur aloredelam.com

vas t’en pas vs n’y va pas , qhummm que penser !

à voir : le peuple invisible, les algonquins

j’ai entendu cette version de l’histoire du mot canada dans une émission sur pierre Perrault, le cinéaste ;
un indien donnait cette définition du mot canada dans une des belles belles langues indiennes ( voir à ce sujet entre autre les écrits de e. Sapir sur les langues indiennes qui m’en ont donné le goût), l’indien répétait canada ça veut dire n’y va pas, en insistant sur cette incompréhension de Cartier qui évidemment voulait y aller ;
j’ai aimé ses mots qui décrivaient la vie indienne , engagés , évidemment ,
De toute façon maintenant ils y sont et comme je le dis dans la note, cette belle vie québécoise qui nous fait tant rêver, on voudrait qu’elle soit aussi respectueuse ( non pas tueuse) de l’environnement et des hommes , évidemment Richard Desjardins, l’ami des indiens le pense aussi ; on se prend à rêver d’un monde de bon-intelligence et vie-respect réciproque (Jean Malaurie encore …),
hélas , comme les U S , le canada a, il faut le dire, maltraité ses enfants indiens en les envoyant à l’autre bout du pays dans des orphelinats de maltraitance ( cf. ‘tout un monde’ RF) , une de mes amie Béatrice Machet traductrice et amie des amérindiens le sait bien ( il faudra que je fasse une note la dessus), ceci est un sujet qui me touche , d’ailleurs…
mais pour élargir le sujet, on pense au très beau film australien  » rabbit-proof fence » , et à toutes les violences faites aux peuples, aux enfant de par le monde , de l’Irlande (fight for freedom de ken loach) à l’Afrique du sud (waati de souleymane Cissé) etc…
ah la fin de cette belle chanson « les yankees » de R Desjardins, et la vidéo est parlante, parfois belle…

368153330_L.jpg
oui pour moi cette chanson de R. Desjardins , d’une poésie âpre et puissante , est cousine de cette détermination , on se dit qu’il y a parfois de ces mots aussi fort, de ces mots percutant qui ne noient pas dans l’ennui confortable et les faux-semblants de celui qui ferai avec et continue écrire, pour rien, là, les mots sont là, remparts de pierre et de rage de vent, puissants, en opposition irréductible au non-dire et à l’absence de sens , torrent furieux, sûrs de soi et de son courant!
le monde moderne où je me sens en déséquilibre, m’oblige à un équilibrisme inventif et incertain,
parfois des voix m’arrivent et, soulagé, je m’étire, comme là avec le grand poète du nord, comme avec benat Achiary, édouard glissant, bernard manciet , marie jo thério, et d’autre encore qui donne une cohérence de chêne ou d’érable à l’étendue d’exister ,

La vidéo , bien sûr , sans commune mesure avec les problèmes de l’environnement et de l’être au monde, notamment par chez vous , mais aussi par chez nous et ailleurs ( à lire le très beau roman de la sud-africaine Nadine Gordimer, Bouge-toi!), quand même les images nous montrent ce que la forêt , la rivière, l’horizon de la nature devrait être , mais évidée de la force des mots , de l’engagement de R D , (car ses propos sont parmi les plus virulents , poétique, et définitivement engagés que je connaisse – on voudrait de cette force là chez nous) ,
différentes, des voix se font entendre, moins fougueuses sans doute et peut être a t’on compris que l’on y changerait rien , la résistance passive est à l’œuvre et une pensée de la terre se forge , n’est ce pas le souhait du tout-monde de Glissant
mais pour quel avenir ?
Oh Gandhi ! , que ferais tu si tu étais là ?
La poésie et la force intérieure, la transformation peut elle changer le monde des hommes ?!
toi serge Pey, B.Machet (cf muer), Bernard Manciet, Jacques Dupin, Jean Capdeville et les autres,
Notre monde est il mort , déjà ?
La poésie est elle encore una arma cargada de futuro ?
Peut-elle encore nous entrainer vers la vie de l’homme ?
La résistance est elle devenue futile devant un tel torrent déferlent ?
Peut elle encore nous apprendre à habiter,

…Ca Na Da…. cette pensée est si belle où alors il aurait fallut,
mais … en fait Canada signifit « campement » … mais l’histoire est belle