Mais sans être seul dire

Et tram dans la ville indigeste le tube ingère

ils souhaiteraient que l’esprit mature que ne croissent plus les arbres ni les mains ne se touchent

que la carte soit feuille de route, les hautes pointes leur ont appris à penser la seule tracée tangible, leur courant le seul au mépris de ceux qui circulent. La machine à broyer, jusqu’au cœur de l’entendement, ignore l’inaudible, qui entre les fils barbelés laisse échapper des vides desquels poussent des désirs, pendent des fibres de laine qui dans le mécanisme détraque les rouages, hommes et femmes, bêtes et matières organiques, tout semble ficelé dans un même ensemble que eux contrôlent puisqu’ils le pensent. s’ils n’y avait la couleurs et les mains qui se touche victoire sur l’apparente de docilité réduite au silence quand gronde le tonnerre que l’on prend pour le canon

Angèle Etoundi Essamba, Symbiose

C’est pour cela que l’on peut écrire faussement que le monde est une enclume, que l’homme rentré chez lui se délaisse et invoque d’un jeu de mot le réel, entre quatre murs, saints ou au poids de l’imaginaire l’homme pense à s’évader mais seul, dans la cuve bout les fibres du parchemin

dans le silence de nouveau les corps se croisent, se reconnaissent, encore les regards saluent bien loin du coin de l’œil la pétulance, une irradiation cette attraction et dans le lit de ce non dit s’opère les vieilles alliances et sans que rien ne soit dit,

on entend les éclats de rire et le reste des peaux qui se touchent, les voix sans que rien ne se dise, sons sans que soit convié le sens, à l’orée de la colère muée en retrouvailles pour que l’indispensable circule, rétablisse les courants d’homme à homme de femme à femme dans la violence et le rêve.

 

Dans la transe ouverte soit la Sibérie la prose du transsibérien, comme un rêve ou un rappel

un chien hurle, message à l’invisible

 

Les vies comme nerfs à vif comme des virgules qui loin de réenchanter le souffle, ponctuent, ponctionnent la dynamique, comme une carte statique qui jamais ne gagnera sur les blancs, les code-barres se déplacent, les hommes se poussent et brouillent les cartes, en vie seulement,

c’est ce qui les trouble,

Angèle Etoundi Essamba, mains

dans les dissonances les harmonies sécrètent à l’insu l’ordre nécessaire, l’énergie s’ingénie, le début d’une victoire sur l’inconscience quand en dessous le vivant continue de sourdre,

on dit que dans le temps du carnaval ou après les ombres se réunissent dans les cimetières, mais que sait-on des cimetières sinon qu’ils réunissent, et que l’esprit tente de réintroduire la joie, la langue occulte sur la langue pointe sans que l’on puisse la déchiffrer, le vivant aurait il besoin des morts et les rappelle t’elle? rejouer la farce, l’histoire à rebours qui fut mystère, tribunal et que la tombe témoigne

les bateaux autours de l’ile vont au loin à la recherche du poisson maintenant qu’il nait plus de poisson, que les traces encore présentes mènent à ce qui fut et écho de ce qui avant menait à l’eau et au-delà

Partout où le regard porte les hommes se rassemblent, ils émettent en commun ce qu’ils savent du monde, fumet qui dans la langue et le toucher se forment, quand arrachés les arbres brûlent et laissent l’or à vif et dans la plaie l’ancienne mémoire des transformations affleure la stérilité et que les mains attouchent, se forme la grande chaîne des ressemblances, tremblement de l’affinité, dans le toucher le savoir de la souffrance et le lien raffermi

La parole se partage et bout à bout tisse la trame indispensable

© Erykah Badu performing in Washington, DC. Filmed by Interact,Inc. for blackpgs.com video series

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