modestie

D’où vient que le mot modestie résonne dans ma tête depuis le réveil ? La lecture d’un texte sur « flânerie quotidienne » déborde largement ce seul thème mais a ignitié cet écho, la modestie, qu’est ce et suis-je modeste ? au réveil il me semble que des confusions sont possible et je tente de réfléchir à ce que cela implique ; Est ce de ne pas se situer au dessus de la mêlée et d’être sur un même plan que les autres, j’y distingue un contenu social, le social qui intègre, et ce n’est guère une qualité mais un état ou une capacité car on peut ne pas se sentir intégré ou au sens propre situé »sur la même longueur d’onde » que d’autres ni en accord avec les lignes directrices, fondatrices de notre être social,
Mais la modestie ce peut être « rester à sa place » et n’en pas convoiter d’autre. alors même que l’on ne se sent pas intégré

Car on peut sentir l’envie de développer d’autres lignes, quelles qu’elles soient, on serait dans le cadre du non-conformisme et de la recherche de sa spécificité, qui si elle n’atteint pas la divagation ou l’erreur et la prétention, mot clé, peut quand même permettre la modestie. Ou bien non ? la modestie a t’elle à voir avec le social ?

J’avoue que l’idée de la nécessité de se refléter dans une communauté, au sens propre, et comme dirait Edouard Glissant, d’établir relation, me semble un aspect essentiel de la condition humaine et que le monde moderne ne favorise pas, au contraire. Le bien être social me semble essentiel et pour cela il faut qu’il puisse y avoir reconnaissance, intégration de l’individu à plus grand que soi car c’est un fait l’individu est partie de ce que l’on peut appeler l’univers, donc quelque part qui le dépasse et l’englobe. La reconnaissance de ce fait est un premier pas vers la modestie, si cette piste de sens se révèle juste.

© izAci

Mais cela ne suffit pas, et cela ressort assez du texte lu hier soir.  Nombre de gens se réclamant ou fonctionnant en accord avec le corps social, parfois même le tordant, sont en profond désaccord avec cette idée et absolument immodestes, prétentieux, asocial etc. J’ouvre les yeux et je vois toutes les tares humaines que la société accueille et même suscite, il n’y a qu’a lire les grands fabulistes et pamphlétaires, d’Esope à La Fontaire, de Voltaire jusqu’aux fables et caricatures populaires. Les bassesses et faux-semblants pour parvenir à survivre ou s’enrichir dans le monde n’ont rien à voir avec la modestie, un exemple de survie sociale, ce livre d’Amadou Hampate Bâ « Wangrin » rejoignant « Leuk » le lièvre des contes peuls et ouest-africains.

Le social ne génère pas la modestie, pas forcément.

Néanmoins le sujet me semble lié et l’appartenance, la connaissance et l’acceptation de sa place, du niveau et de la qualité de ce que son existence peut générer à l’intérieur de l’acceptable et de l’accepté.

Les candomblés du Brésil qui m’intéressent en ce moment et que décrit Roger Bastide, me semblent passionnant à ce sujet, l’individu souvent en servitude parvient à retrouver une estime personnelle et sociale ainsi qu’un lien à l’identité, celui de l’Afrique matricielle dont il est privé et qu’il convient de convier et rétablir pour permettre une acceptation des conditions de vie,  d’une identité en conflit avec les conditions sociales imposées (le Brésil portugais) et l’on voit que ces phénomènes se sont créolisés et perdurent aujourd’hui encore, en effet les créoles et même les portugais brésilianisés ont du se transformer d’une certaine façon pour s’adapter à un environnement typiquement non-européen, les maitres étaient eux aussi en rupture culturelle.  L’homme brésilien est d’ailleurs dit « cordial » , qu’est ce que ce terme recoupe ?  On est loin de la modestie, mais ce que Glissant apelle la relation est il un aspect nécessaire à la modestie, ou celle -ci est elle toute autre ?  Un certain type de solidarité ou de reconnaissance mutuelle me semble favoriser une humanité simple et généreuse, est-ce utopie, que reflète le petit peuple cher à Jorge Amado (la boutique aux miracle par exemple) et que favorise ce partage irrévérencieux, souvent.

Est-ce une manière d’être au monde ?  Tant de gens « faisant » le modeste sur un point ne le sont pas du tout sur un autre ou selon un autre angle de vue.  La modestie serait elle aussi une façon de faire accepter sa place et sa voie alors même que les qualités humaines déployées sont inverses ? Peut il y avoir un être modeste total ou ne peut il être que partial ? y a t’il une philosophie ou une sagesse de la modestie qui serait, soit savoir-vivre, soit attitude mûrement réfléchie d’équilibre, un tao en quelque sorte ?

La manière d’être de la femme, flamme et séduction mais qui ne se résume pas à cela, est elle modeste ? Un auteur africain parlait de la navrante immodestie de la femme qui rompt l’ordre et attise le désordre, l’idée est elle défendable ?

L’être humain n’est il pas un condensé des deux ? nécessité d’être situé dans le mouvement de ce qui l’englobe (au niveau humain et universel, religieux ou intellectuel) et la tentation (nécessaire ? ) de se valoriser, d’être honoré, de briller, bref de tenir sa place dans le monde, car s’il est vrai que le monde est monde l’Homme demeure homme et existe en tant que tel sur ce niveau individuel aussi, du moins dans nos société, et n’est-ce pas que nous avons perdu ce sens de la prédominance de l »‘appartenance qui rend la modestie nécessaire.  Son identité, la valorisation de soi et sa capacité à créer et à revendiquer sa place détermine sa condition d’homme. L’être humain dans ce sens se doit de transgresser tant en respectant non pas l’ordre mais plutôt l’état des choses tant en y participant, est ce cela , aussi, d’être modeste? à chacun sa façon de l’être, ou bien tout au moins n’est ce pas en contradiction avec la sagesse de l’être et de la folie de ne pas l’être.

Ce que je cherche à dire là, c’est qu’être modeste n’est pas forcément en contradiction avec le développement de soi, la recherche utopique ou idéale qui nous pousserait vers un inconnu, vers un non encore atteint, dans la mesure de la mesure, si l’on peut dire, c’est à dire d’un cadre acceptable. La poussée en avant D’Aguirre, dans ce sens, est une rupture de l’ordre, mental aussi et ne peut qu’échouer, il me semble ; La modestie serait une qualité sociale qui permettrait de maintenir un cadre sain mais d’épanouissement. L’exemple de la Chine confucianiste et Taoïste est elle une forme de modestie ? Existe il un idéal humaniste de l’être modeste et qu’implique t’il ?

A ce point, comme on dit et l’heure s’approchant de rejoindre le rang des travailleurs modestes, je sèche et reprendrais, ou pas , plus tard ….

Fiona Foley, Vénus
ill. : Fiona Foley, Vénus

Une réflexion sur “modestie

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