Mustapha Dimé

hommage à Mustapha Dimé

aux rives des choses de longues tringles filandreuses entortillées de grille, des perches ajourées de fers pointés cloutés, marchent et se mêlent aux vivants ceux-là occupés à transvaser l’eau dans les bassines en toc, la grande invasion plastique et nylon en nuée blanche chipe et recouvre les jambes, ils marchent le long des rues poudre ocrée de cette île embarcadère d’où le sanglot ne revient des meurtrières de l’exil que déposés par le vent le hasard le ressac riverain, voisinage triste la pauvreté est s’acclimate, les sacs renvoient les fumées à la fureur solaire.

La mer apporte autre chose, des bouts de bois blanchis , tortueux et tordus , les membres des par dessus bord qui reviennent en fantôme , des piles entortillées qui dératent des cargos de rouille bleue sale, des fers tordus ou tôles rongées rouge-morsures qui éventrent, des gouvernails décolorés ,des écailles de bois peint , des creux des gonds des visses, des galets et des filets dans les dérives de mazout et d’huile à flot , des et des et des , et la grève qui agrippe au ressac sans trime ni saison la roche retient par les entailles des bouts de laine, des tissus de trous, des fils tissés, des goudrons, des coques de noix, des toiles et des cordettes et se mêle le rouge du vert au jaune l’or à chair entrecoupée, dépouille de lien et entrave, cuir qui brave l’air des pendouilles breloques de coques striées les calebasses nouées à hauteur des reins entrailles de barbelés rayés de rouille piqués de cheveux rêches au creux aride du rond en surplomb les corps de branche abandonnés par la plage rongés d’eau et boursoufflés d’écorce laissés la peau blanche calcinée par le feu le temps l’égarement battu contre les pierres trainent au rivage. un beau tronc équarri à coup de hache deux bras de jambe torse rythmé de coups à corps sanglé et un clou de rouille fiché en plein cou sanglote cette proue le rouge écoulé aux deux percées saignent les cordages le long du bois de rail entortillé des bouts de cordes les longues cornes commentent une mémoire tchiware tendu en arc de cercle d’antilope

D’avant ,d’avant que le regard ne perce la barrière indigo face au bleu et dos à l’ocre d’où les vagues à l’envers versent les restes que l’ile en phare permet .

Le dos à la terre la mère, le corps noué sous une toile attachée aux pierres d’une bâtisse grise, vestige et maintenant refuge l’homme et le fort regarde la barrière d’eau , la voile bleu , la toile qui bouge au vent ou halo de lumière en flot, les yeux voient au loin , quoi , le dos au rivage mère les yeux arpente ce désert des vies qui pourtant rejette ces disloqués, ces voisinages d’aventures , ces embruns d’ailleurs, le ressac ramène , il arrive , la rive avare, jeu de dupe où l’homme trouve ce que l’autre perd c’est la force du vent, le transbordage des vagues, jette ce qui dérive du loin des autres rives mères, couramment transportés et rejeté par la houle caprice et reine donne aux rocs , aux sables et aux buissons d’épines qui gardent.

note : Une exposition lui  est consacré à Apt à la fonation Blachère jusqu’au 12 octobre , merci JEANNE ;

EXPO DIME A LA FONDATION BLACHERE

© fondation Blachère

les salles closes ne lui conviennent pas ; c’est pourquoi j ‘ai mis la photo du fort de gorée , son atelier face à l’Atlantique , l’ouverture avec tout ce que cela suppose , une vue de tous les possible , concentré dans cette ile , qui est ce concentré de possible à l’horizon, au large des possibilités , un peu comme le corps humain , c’est si beau , merci encore lam

© photos ext. « Mustapha Dimé » , hotel de ville de Paris

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