l’humain à bride abattue

Au nom de quoi faudrait il ne parler que de « réalité » et qu’est ce que la réalité ? d’ailleurs ! je suggère plutôt que cette vision rétrécit le champs de vision, d’action de l’ humain ; être est infiniment plus que ce que le rationnel peut observer, c’est aussi en libérant tout une vie enclose que la « réalité » se fait jour.
Si la poésie et l’art en général a pour mission de dévoiler c’est qu’il doit y avoir tant de chose à dire, l’enclos de l’humain bride, écrire c’est sans doute aussi entrevoir cette mince raie de lumière ou d’ombre qui nous est caché, c’est ce magnétisme de l’art africain , c’est …. l’humain à bride abattue…

Il semble que l’on ne puisse s’aventurer hors des sentiers des balises du réel, …. car on nous en rabat avec le réel presque autant qu’avec le travail, c’est dire !!! hors du réel point de salut ni de grâce aux yeux des censeurs , ceux qui maintiennent l’écriture bien droite, en file de chiffres binaires bien alignés, en rangs aimantés de grille de fer,

Le réel est religion, l’occident s’est formé sur son observation et s’est creusé les orbites à le capturer, autre piège à ours pour mieux le dépecer de sa pelisse, croyant peut être s’en faire un manteau contre les rigueurs de l’existence.

en le découpant en carré de viande, c’est à une construction mentale qu’il nous invite.

Or qu’est ce que le réel ? la souffrance du monde que nous infligeons et qui nous revient en boomerang nous semble être telle que nous ne pouvons ignorer la réalité crue, qui s’impose au corps social,
L’époque moderne s’est appliqué à en découper les limites, elle a établit des normes, diminuant en cela les territoires de la réalité pour l’adapter, semble-t-il, à son usage. Le phénomène n’a fait que s’amplifier et nos auteur croient de bonne foi être au plus près de l’être, encravatés sur l’estrade du sérieux du sage et éloigner le royaume du fou à tracer cette ligne, sûre, de démarcation.
hors, quelle réalité ? car nous occultons le réel , tel qu’il est vécu ,
le dernier livre de Patrick Chamoiseau à cet égard, est extraordinaire ; en travailleur social qu’il est, l’écrivain se trouve en contact avec une fillette prostrée ; à y bien regarder cette prostration emmène dans tout un labyrinthe de réalité occultée, à l’œuvre depuis les âges dans les meurtrissures du corps , invisible ;
L’esclavage ancestral se tapissait dans l’esprit comme une cage aux dimension du corps, prostré, acoinné, et l’Histoire , la progression dans la mémoire, à force d’image et de fibre à vivre, vécu et à venir, se tisse traçant une géographie nouvelle de l’être au monde, ré-accouchement autrement, le corps différent, à craqueler les limites assignées, à reconnaître l’habitat maudit, à instiller une scénographie du vivre ,
à écrire …..

Le monde à force de revendiquer d’être visible , à force de démontrer sa visibilité à renfort de clip et de panneau publicitaire , le monde perd sa crédibilité, et son réel s’effrite, masque d’impuissance, imposé comme une grimace,
L’omniprésence du visuel est là pour cacher, succession de voiles du visible, anecdotes des vies qui se reflètent en pixel, qui de voiles en voile pourrait parvenir à imager , à voir en dessous…
au travers,
à traverser cet espace de passage qu’est réellement l’imaginaire,
Le mot désigne non pas la phantasmagoria, d’un Lewis Carroll par exemple, mais bien plutôt cet esprit à l’œuvre qui redessine les mailles du monde, tel qu’il est perçu dans la réalité que l’être propulse en feu artifice,
de manière exposée ou partagée, le groupe pense aussi à travers le tissage en image de l’en- monde , l’expérience partagée parle, d’absence, l’exil aux siens crie plus fort parfois qu’un coup de soleil , et pourtant l’homme, l’enfant, la femme exposé aux rayons du monde file aussi sa propre toile à la devanture de l’univers, comme expérience unique, fi parfois même de la filiatoile au fond du wigwam,
le réel se capte à la façon d’un pécheur de haute mer les deux pieds dansant au tangage de l’embarcation frêle et le filet plongé dans l’insondable de l’abîme en dessous ,
le monde , le réel comme abîme, seule réalité à l’aveuglette, voulant dire en cela qu’il n’est vide de recette pour être sur d’être en phase à vivre et à voir , voir , c’est aussi détourner les yeux et s’apercevoir alors que l’on ne s’y attendait pas; se soulevant de la couche de l’habitude au matelas de l’éblouissement ,
le mot , la phrase qui structure le monde peut aussi bien voiler et devenir code, grille de lecture d’apparat, costume cérémoniel, phrase magique que l’on profère en invocation rituelle, pelisse volée au dos de l’ours, si vivant, si tout, si gourmand de miel et là soudainement si plat sec et inutile, totem à l’homme devenu rêve d’ours,
le mot machane lui est jeu de piste, chant qui contient tant l’incertain de l’être au monde dans les recoins du gout, de l’odeur, de la musique de la saveur, au fin fond de l’accolade des recettes des mots-monde bout à bout, en osmose et dialogue rieur, de briller de vivre et lâcher au vent les rire sourires des lèvres qui s’ouvre à proférer ,

l’être qui parle est vivant-réel dans cette énonciation.
Quoi de plus ? et tout ce reste en moins que l’on impose comme rempart à la réalité machane.

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