au pays du long nuage blanc

9782070346714_1_75Fini de lire le journal de Charles Juliet en Nouvelle Zélande, de Juliet je connaissais surtout les entretiens avec Bram van Velde, concentré de puriste attitude en Art, qui  m’avait marqué et en même temps ennuyé car répétitif  ,

la nouvelle Zélande, le pays où je voulais émigrer quand j’avais vingt ans et dont le rêve me poursuit, voyage jamais fait, un grand regret ; la rencontre improbable du poète de Lyon , qui se qualifie lui même de rigoriste et de ce pays dans l’océan , où la nature est ce qui conduit les hommes, le simple le pur mais comme évident, c’était ce que m’avaient laissé comme impression mes ami kiwis, cette rencontre au jour le jour m’intriguait , j ‘ai fait le voyage.

passionnant.

Rétif d’abord, Juliet souligne l’importance de la vie intérieure, de la vérité comme nécessité, comme point de départ, d’ancrage ; des réflexions sur l’art et l’introspection pure doivent à la vision chinoise, à l’expérience intérieure indienne, au parcours du poète qui effilant son expérience douloureuse parvient à domestiquer le chemin des mots et en faire un chemin d’art,

ascèse,

la rencontre avec l’autre, le différent, le désarçonne, il semble s’ancrer dan un chez lui qui loin, lui manque, moi ce serait plutôt l’inverse , et je m’étonne qu’on puise se surprendre de l’autrement, qu’il puisse y avoir un lieu qui soit « chez soi », d’autant plus qu’une bagarre existentielle contre ou avec le moi, le soi, condition du départ de l’œuvre, est au centre de son questionnement, mais la rencontre a bien lieu et l’écrivain, petit à petit rencontre ces deux iles, se frottent à des humains de tous bords, car pas forcément de nouvelle Zélande ; à force se fait jour un achoppement , appontement, d’où embarquer ;

je suis sensible à ce style du jour le jour, journal ou s’écrit de façon rigoureuse et froide les événements, les rencontres, les pensées, la vie intérieure ; ce n’est pas la rigueur qui me touche mais plutôt cette absence délibérée de style , dès que les poèmes s’en mêlent, je n’y suis plus et je les trouve froids,  sans raison d’être ; de là la question, pourquoi écrire sous forme poétique ? non je préfère le journal , le poème a d’autre racines, vives et d’eau.

C’est cette absence de mise en danger littéraire (apparente) qui me plait, elle permet le face  à face sans fard, il le dit lui même, il a moins peur d’écrire, l’ailleurs peut être déréalise les enjeux de l’écriture,  pour lui ; pour moi elle est rendue plus proche de sa finalité, une sorte de distance abolie, ni réaliste ni poétique, cette fameuse interrogation de pourquoi la poésie comme forme.

lambeaux-charles-juliet-T-1

j’aime cette proximité concrète, elle rejoint mes interrogations récentes,

finalement un dialogue  entre les contradictions de l’écrivain qui reflétées par le nouveau pays se muent en interrogation en miroir,

c’est bien ce que je voyais en Nouvelle Zélande, un pays, quoique très provincial, c’est ce coté banlieusard qui me fait tiquer, très proche de la nature, où les éléments, le climat, les histoires humaines et les paysages font une grande nature qu’il n’ai pas possible d’éviter, mais de façon douce, c’est la différence avec l’Australie ou la terre est violente et démesurée, la terre et les hommes comme pris en étau,
et je me demande si cette référence constante au rugby, trait de civilisation , c’est vrai, mais je me dis que rapprochée de celle à la primauté de la vie intérieure, de l’exigence absolue de la littérature, n’est ce pas un vilain tour de ce pays qui te ramène au corps ! voila que je te dis tu , la distance n’est pas de mise puisque tu me parles , que tu te sers de moi pour écrire et poser tes question à travers le prisme de la terre rencontrée et des hommes,

oui cette terre peut enfin se livrer, l’écrivain s’y intéresser et ..; sublimes pages ou il voit ; les paysages l’air les nuages les orages le déchiquètement des cotes et la violence des orages , des tempêtes,

là je me sens peintre et je vois moi aussi cette nature qui parle directement à l’intérieur humain, le dialogue est choc ; ce n’est pas anodin je trouve,

après avoir souligné l’axe intérieur de l’être humain , l’écrivain est pris du vertige joyeux du corps et voit le monde , avec douceur et, délectation?

les deux sont liés, et la paix arrive, sans doute de là, est ce nouveau ? je ne le connais pas assez pour le dire mais c’est parlant,

tous ces éléments, cette réflexion et finalement cette reddition au monde sans qu’il y paraisse ; cette simplicité de ton me bouleverse et me convainc , c’est la que je me sens le plus proche de moi même , dans ces moments là et dans l’absence de distance, si possible , par moment , je m’y  vois ,

j’ai aimé John Berger pour ça aussi, cette distance abolie qui tend la main à l’autre et la rend palpable indispensable présente ,

et cette absence de style, le style qui fait disparaitre l’autre , et je me dis que c’est dans cette équation que se trouve ce que je cherche ,

la poésie pour moi restera ce moment-aquarelle où les mots servent de pigment à un ressenti, une peinture sensible,
la tentation d’intégrer les rangs des stylistes est là où je perds le temps ; mais des moments existent où je ressens si fortement qu’il faut dire , l’écrire ; a t’elle pour autant tant d’importance l’écriture , veut elle, exige t’elle de rejoindre l’universel , le figé ou au contraire doit elle être le plus libre encore ; rejoindre l’ellipse du haïku, évidemment pour moi pas de cage, les recettes, méfiance, et le réel c’est être au plus près de ce mouvement que je sens , de ce que les yeux voient, de ce que les yeux pensent ; de ce qu’ils mangent en regardant , ah cet océan bleu noir dans les yeux d’Amina , ce n’est pas de la poésie , c’est là et drapeau rouge ou pas il faut s’y baigner,
je le vois , cet océan et il peut être rouge , parfois ,

quand je vois je pense , drôle d’alchimie  , je pense et c’est la que la poésie s’installe quand elle voit, c’est un écart , si l’on poursuit, alors un vrai voyage s’instaure , risqué mais beau, l’aventure énigmatique de l’espace du mot dans l’esprit de l’homme au monde;

mais les nuages et l’océan me disent tout si tu es là , et c’est ici la difficulté ; à combler, être dans la poésie et la relation , et bien sur au plus proche de soi, du cœur,

je me le suis dis dès le premier jour d’art,  le cœur , biotz begietan, toujours !

le vent en rafale te ramène toujours à toi , voila que je me tutoie,

ça m’a fait avancer , à ce jeu de qui avance recule, subtil équilibre !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s