Antonio Placer

cancionistaci0.jpgAntonio Placer

Antonio Placer, poète et musicien galicien émigré dans les montagnes alpines du Dauphiné est avant tout un homme vibrant de poésie et de désir de vivre. A cela s’ajoute son dévouement à l’expression artistique, « la boulange de l’âme » et son profond désir de communiquer, de communier en annarchiste avec le public (« je suis un annartiste » dit il en hommage à Anna). Un homme artiste, pour qui dire et chanter est l’aliment de la vie.

La chanson et la musique traditionnelle.

Antonio Placer s’inscrit dans une démarche qui puise à la source des musiques traditionnelles, dans un terroir spirituel alimenté par le vieux fond galicien, le souffle, la chanson populaire et pour tout dire l’oralité. Tout comme Beñat Achiary, le chanteur basque, tente de reconstruire les sources archaïques et d’ouvrir vers les horizons les plus contemporains, les deux ont travaillé ensemble, Antonio Placer s’imprègne de cet état d’esprit du conte et de la légende, de la chanson. Son album, « la danse du hasard » fait référence et empreinte à Henri Gougaud.

A.Placer est un homme de l’ouverture, il travaille avec des musiciens issus de la méditerranée, comme la sarde Elena Ledda ou d’autres comme Carlo Rizzo, Renaud garcia Fons … C’est dire que sa vision du traditionnel est une source, non un aboutissement.

Deux thèmes essentiels

« Un chant européen, Le souffle qui murmure le son du mot. »

« Je suis un galicien du Dauphiné » (le fils d’un océan atlantique et d’une mer Méditerranée)
L’immigration, le choix d’une autre contrée et l’intégration dans d’autres montagnes nous amène à une réflexion sur l’identité, l’origine et le métissage, au sens large à un universel d’où les murs seraient « passe-muraillés » ou comme le dit Glissant à un tout-monde qui en s’éprouvant démontre la proximité des uns et des autres A.Placer en choisissant les Alpes, les pieds dans la méditerranée, fait de sa vie un immense dialogue dans les Alpes tout en se souvenant de sa source, sa grand-mère, la Galicie.

Sa musique, sa poésie en porte l’empreinte car elle revendique une contemporanéité quelque peu anarchiste comme il se doit, c’est çà dire, libre.

La boulange vitale : une poétique.

Sa poésie, enrichie des actuels les plus joyeux, m’a d’abord frappé par la constante référence au quotidien traditionnel, au réel humain que le monde traverse.

En particulier le pain de guenille, le pain, la farine, le pétrin, la moisson, … le soleil et l’eau.

C’est comme en artisan, en se souvenant de l’humanité féroce de sa grand-mère, qu’Antonio compose ses chansons et chante, en chemin il ré-ouvre la magie de cette vie d’avant tout en l’actualisant dans son chant. Le disant, il nous le fait revivre dans notre oubli, mieux il en fait la base de sa poétique, terrienne, humaine, fertile comme un terreau d’une modernité qui redonne souffle au chant, qui retrouve le chemin des lèvres et que l’on sifflote, étonné de cette si grande présence.

Cette poétique de la métaphore quotidienne, des fondements de notre civilisation, le pain, le vin, l’olive, que sais-je… est une autre façon de contempler nos objets, dans le miroir des mots cette poésie ressuscite de vieux gestes, en laisse percevoir de nouveaux,

On se souvient du « chant général », on se dit que notre quotidien fait de matière et de mythes peut être de nouveau la base de ce grand repas où la fête de vivre est inséparable de la joie du mot, tous et de partout se joignant en chanson et déclamant à tour de bras.

« avec la farine de Dieu et du Diable, je fais le pain de mes chansons »

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