les mains dans la vaisselle

extrait de “l’afrique est en nous” de Daniel Biga , éd. l’amourier

choc de vaisselle dans la cuisine à coté
tutta la mia vita dis! j’ai entendu ce-
là : l’eau couler gicler les fourchettes les couteaux les verres
zaïgus
les mains ridées ou jeunes nues ou protégées caoutchou-
tées latexées
presques toujours féminines ma mie mes
vies
je revois d’elles le reste chair-peau-poil
parole-sourire-cri-sanglots
le silence chaque fois qui clôt un chapitre

( pitchoun tu siès un “bastian – countrarié”! – dia pépé )

songe parfum de palme olive populaire la roug-
eur des mains ( aussi d’autres gants gynéco-
logiques ceux du secret interne toucher vaginal ce
qui dit la solitude inimaginable autrement )
autours d’une vaisselle il y a le monde entier

la vaisselle est un lac de douceur

c’était ma mère souvent ma grand mère aussi
ce fut ma grand soeur poi la piu piccola ce fut
Tante et Marraine et Gaby et Madame Laura et
Tata Simone et Madame Mondu et et Doudou et Aïcha puis
ce fut
L. qui m’accompagna quelques mois after my first wife
L. qui me tint compagnie quelques années puis
bien des co-pines blanchêtres noirêtres bronzêtres
blondinettes olivettes des zamies zou des maîtresses

( ces nominations changeant suivant tépock idéologies  les personnes leurs parcours)

ce fut moi aussi assez
souvent il faut le reconnaître durant de longues
divisions
finallement ( le laiss’pèr’) c’est toi aujourd’hui du
présent que j’écris tes mains belles- surtout fidèlement
aimées
tes mains dans la vaisselle douce enfin le robinet fermé j’at-
tends que tu me reviennes….

autour d’une vaisselle vit le monde l’humanité

la vaiselle c’est un océan d’hunanimité

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” comme elle est belle ! comme elle est grosse ! “
dit-elle
– cara è una coda d’amoroso !
” moi-dit-elle- j’ai des pouvoirs de magnétiseur
d’un petit truc comme ça je fais un gros ma-
chin…

t’as vu ça la magie !”

donnez-nous aujourd’hui notre thym notre pin quotidien délivrez-nous
du mâle-à-bar
arbres abattus par centaines milliers sur dizaines de kilomètres de piste
tout ceci fouchtra me mrite pas un yota
écrasés par les bulldozers décim&és par les tronçonneuses
vous ai vu abattre pins chênes sans un cri
toi grand pin zen tordu en tes branches crucifiées
sur la neige
rien

© daniel biga et édition l’amourier

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