Diane Glancy : réflexions à propos de notre langage peu commun

J’ai la chance de voisiner avec BEATRICE MACHET, cette écrivaine hors pair est aussi traductrice des grandes voix contemporaines amérindiennes dont elle se fait l’écho ; est paru
aux éditionS WIGWAM « offrande pour Iron Woman » de DIANE GLANCY

la voix qui m’est parvenu avec le plus de force et de résonance est celle de Diane clancy , auteure amérindienne métisse d’origine cherokee, son écriture force et félure sensible lenteur tente de retrouver les territoires perdus où l’être s’accorde pleinement , réalisme et puissance évocatoire montre la beauté fragile de la femme et les ramifications que l’être humain entretien avec l’espace, les voix qui parlent dans les strates anciennes de notre réalisation.
L’étendue du monde, le présent tant bien que mal dialogue face à l’écho de l’intemporel su et invoqué pour ressurgir au visible.
évidemment ce texte sur le langage ne pouvait que me fasciner :

 » Je rencontre des difficultés avec le langage parlé. Je parle mais souvent je ne trouve pas le mot dont j’ai envie de transmettre le sens. Souvent, j’embrouille deux langues On dirait un accroc dans une langue transformé en fer rouge raccourci à la taille d’un insigne. Pocalis pour un cowboy de quartier. Chowdhurryies pour un rapide bol de soupe. Je me demande si c’est à cause d’un du transfert de deux héritages dans un même vase / une bifurcationde la pensée pas seulement sous la pression interne mais aussi sous celle de l’extérieur. Je me souviens de la voisine arrosant ses mirabilis dans la petite cour entre nos deux maisons. Il y a un mot pour ça dans mes valises que j ‘ai préparées pour un long voyage. Tu es venue à la maison et nous avons parlé des fleurs pendant que le chat s’affalait par terre. Je dois trouver ce terme comme on cherche une robe qu’on sait être quelque part dans les bagages, mais c’est avec du mal qu’on ouvre le cadenas et qu’on extipe le mot nécessaire à la conversation. Jamais dans ma bouche, tombant facilement comme un grain de maïs si je suffoque. Non les mots sont emballés serrés la-dedans. Je n’aime pas les savoir dehors. L’isolement dans la prairie m’a donné le sens migratoire du privé. Les mots comme des ballons gonflés de notre souffle sont sacrés et c’est sans doute pourquoi c’est si dur de porter nos paroles lourdes de sens pareilles à des bisons retournés dans les plaines. »

© WIGWAM

pour continuer la rencontre avec Diane Glancy , ses mots bercent :
 »
A mes débuts, il y a à peu près vingt cinq ans, personne ne s’intéressait aux auteurs Indiens. Puis, quand le multi-culturalisme fût promu aux U.S.A, les seules voix Indiennes que recherchaient les éditeurs, étaient celles parlant des Plaines, les chasseurs nomades des bisons, les tipees et les coiffes de plumes. Les Cherokee étaient des fermiers cultivant le maïs. Ils élevaient des animaux domestiques : vaches et cochons. Je n’avais jamais vu à l’époque de tipee ou de bison. Les parents de mon père vivaient dans des huttes. Le maïs était l’aliment de base, pas le bison. Ce fut donc plus tard qu’une place fut faite à mes ouvrages. Mais pas avant que les éditeurs ne réalisent que les types de cultures Indiennes étaient différentes entre elles, et qu’il existait de nombreuses tribus. Alors je pus enfin trouver les voix perdues de mon héritage Indien, ce qui me permit d’abandonner l’imaginaire stéréotypé de mes écrits.

Mes paysages sont les prairies d’Oklahoma : les grandes étendues d’herbe haute. J’aime aussi beaucoup la route à perte de vue, dans la campagne, ce parce que je voyage souvent sur le couloir central, l’axe nord-sud qui traverse les U.S.A. Je vis dans le Minnesota depuis maintenant dix sept ans parce que j’enseigne dans une université de cet état. Je retourne souvent à Kansas-city, où mon père s’est installé pour travailler il y a si longtemps. C’est là qu’il est enterré, mes deux parents y sont enterrés. Le langage écrit est apparu tard pour les Indiens d’Amérique, mais c’est le véhicule que j’utilise pour tracer mon chemin. »
 » Mon dernier livre ( 2004 éditions SALT PUBLISHING ) est dédié à la poésie et à l’idée de « ville champignon », car celle-ci recèle toute une collection de poèmes. Je viens d’Oklahoma où ces villes surgissaient soudain en une nuit. C’était l’époque de la course pour posséder une terre, puis ensuite l’époque de la ruée vers l’or noir. Ce livre est également dédié à la terre, au couloir central de l’Amérique où j’ai vécu, traversé du sud au nord, et où l’image des villes champignons devient celle des cabanes de pêcheurs, ces abris construits sur la glace d’un lac du Minnesota. Dans le froid, poussent petites villes champignons du souffle, l’haleine, qui recouvre la signification profonde dans les cultures Indiennes du mot poème. »

Diane Glancy tiré de tortue sur le dos

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