Amélia Nene

Le cheveu

J’ai vu un long cheveu
Près d’une fontaine
Un cheveu qui a conservé
L’éclat d’une vie intense
Il m’a transmis par une caresse
Le message d’une femme
Belle pleine d’envie de vivre
Mais trop tôt disparue
Pour avoir voulu connaître
Le monde des songes
D’où l’on ne revient jamais.

femme malheureuse

Pleure
Pour que se ferme
cette plaie d’argent
Réjouis toi
Qu’elle ne soit
Fleuve de sang
Qui ronge et tue
En laissant une bouche amère

voix dans l’ombre

La terre frémit
Le voile s’ouvre se referme
Les ténèbres se cherchent
se rapprochent
Toutes les voix
Se sont tues
Seuls persistent
Le ciel la terre l’esprit
et les rires qu’étouffent
les murs.

(Amélia Nene, Fleurs de vie, éd. Présence africaine)

Amélia Nene, poète congolaise, épouse du poète Jean Baptiste Tati Loutard , figure sertie dans le métal le plus pur, épouse, mère, militante , poète méditative, devant le drame de l’existence , j’aime la concision du chant profond murmuré comme une mélodie , noire , emprunt de tristesse mais ayant atteint la rive de celle qui sait.

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