février 7, 2009

Le peintre sillonne le paysage, il aime à parcourir l’étendue, du regard, de son pas, il marche et l’œil divague comme un océan incertain, couleurs, matières en mouvement , informes car la marche immerge dans une sensation vaste, seule la perception qu’il en a le porte, le prolonge,

Dans cette élongation de l’espace qu’est le pas, pensées et rêves envahissent le regard,

Il ne s’est pas arrêté, il hume dans l’énergie du cheminement, la vitalité englobe tous les temps et l’effort physique prélude à la vision, il se sent vivre, plus tard il y repensera, à la manière des peintres chinois qui rentrés chez eux livrent le voyage à l’encre au papier.

Là, il se rempli de l’odeur du monde, salue les fourmis, les coques et les cosses, les élucubration des branches d’eucalyptus au vent bleu, il s’amuse des glissades dans le graviers du chemin et repense aux lieux du monde qu’il a connu, lieux de glace, minéraux et ruisseaux, douceur et incandescence, qui l’habitent mieux que d’y être, la Tasmanie ; ce qu’il aime quand il arpente,

Il s’arrête au tronc d’arbre, son préféré, l’eucalyptus, il soupire car ici il n’y a pas de koalas, des écureuil souvent dans les pins, il chasse ses pensées et déballe sa boite d’aquarelle, des pinceaux, un peu d’encre, quelques bambous taillés, des feuilles à même l’herbe, il aime l’herbe, les racines qui empêchent le confort, et le rendent plus réceptif, le réel plus près du rêve, il y voit ce grand mouvement du dos de l’écorce, il y perçoit la peau, ces échancrures d’une mue, il y danse ces longues tiges et les feuillages s’ébouriffent, les fleurs ou les fruits fécondent l’outremer,

Il se met à tracer le geste que son œil perçoit, l’encre gratte cet élancement de vie, il y insuffle la couleur qui l’envahit, il ne cherche pas à reproduire , non, il parle à l’arbre, il lui dit pourquoi il l’aime, il pourrait le caresser, qui de lui ou de l’arbre est dans le geste, surtout ne pas oublier, le temps, le vent et la poussière surgissent en même temps que le dessin,

Il dit, deux lignes surgissent du sol et illuminent, l’arbre, le bleu, le rire du feuillage, frémissement colibri, rêve koala même s’il sait que … mais c’est dans le rire de l’arbre.

Il peint par série, quatre, six, plus peut être quand il s’acharne, de feuille en feuille un voyage sur ses genoux, porte, ces yeux sont des pieds, il rit de ces mots, c’est avec les pieds que les yeux voient.

Il aime ces moments, il pense à Diane pour qui le paysage se lit comme un livre, les abos ont un chant qui est comme une ligne de son à fleur de terre à travers la roche, le pays et la chaleur, est-ce si différent de peindre, la feuille reçoit les confidences anciennes et l’aide à retrouver le chemin comme un chant.

Serait-ce que les traces de couleur et les lignes forment une carte du visible ? L’arbre lui-même est-il un itinéraire de la lumière ? La terre se laisse-t-elle respirer ?

L’œil marche mieux que deux jambes et cherche à s’emplir de la vie vue et la nature en chemin comme un lièvre qui détale.

rives

nouveau monde

septembre 29, 2008

le regard aigle tournoie aux haut-fourneaux,   il me vient cette pensée …. est ce d’avoir, pionnier, désiré le monde, autre , envisagé dans sa sauvagerie la liberté d’être or de penser ; rêver le vivre hors de ses fioritures, est-ce de côtoyer la nature immense , celle là vraie que l’écho indien porte au cœur de l’œil , fier , gorge sous le ciel et jambe dans la plaine immense , paupière sous la pluie de l’arbre ,
est ce sentiment d’avoir été trahi, envahi journellement par  l’écrasement de la souillure, la meurtrissure et l’insulte de la destruction irrévérente , esclavage d’un monde sans sens , imposé en contre sens , est pour ces raisons que l’écrivain d’Amérique est souvent dans la révolte et l’insoumission, l’amertume qui veut clamer fort son désaccord !
bien sùr je partage ce dégoût et mes montagnes à rives basques en révolte face à l’aveuglement rationnel, se joignent en chant dans la polyphonie poétique qui s’échoe de vallées en rives en rivage et abordent à l’horizon,
bien sùr la poésie clâme l’homme emplumé, de sa peau aux feuilles de l’arbre en forêt en plumage , bec en envolée, plume en partage , le dessin d’ocre univers guerr’isseur rejoint le chant de cime en cime et stoppe net la presse à dollar , à retrouver le geste du père en mère qui rattache en fils,
et le rêve demeure devenir l’oiseau , le rythme au ventre s’obstine à sussurer la parole indienne, tattoo en bras tendu d’une ile pacifique au milieu du cyclone aveugle qui arrache , qui ricanne nucléaire et sabre polystirène en amiante et vrombit de silence , froid, lointain suicide,
mais passer de l’autre coté de la colère et être île en langage recréé , devenir peau, dénuder le trop plein d’inutile ,

d’un glissant en miron affirmer l’alizé
que non en sublime oui .

zi , j’me rappelle de cte neige de l’aut’ coté v;, ça fait frémir , certains trouvent ça beau et ça l’est certes mais me donne envie de dormir en grand ours ,
la fin de l’histoire ne me fait pas rigoler du tout sauf à être aussi vierge étal que le grand cosmos en forme de pied , une sorte de tout est possible mais alors que seule l’empreinte reste et que tous ces gribouillis d’écriture disparaissent avec leurs intentions scribouillardes nauséabonde ,
l’immensité du ciel est là commme celle de la terre et du pied nu et faut qu’il glosent dessus en mode inventaire , en en description maçonniques , en débabillage ethnique , en … foutez nous la paix ! quoidé-braillage ,
laissez le pied être le pied et que son empreinte soit celle de la grande ourse à traque et à beau goinfrage de miel , louve dans son amnésie me comprendra ou pas ,
écrire , pouah ! mais quelles sont donc les bonnes questions , by jove ! ça nous échappe et c’est le plaisir de voir le fleuve s’écouler , hors de prise , qui nous anime , et nous fait dire le fleuve oui nous , cette matière intangible si inextangible ah non , mais extensible au vide qui me conçoit et me rappelle , comme au fleuve à la vague qui reflet, me voit …

pas ça en tout cas mais tout ce qui va avec et que l’on ne voit pas , les mottes de paille de la tanière et les belles ronflades d’hivers ,

ps : je me rappelle de beaux coup de pieds au cul , l’alternative j’en frémis encore alors que je récupérais de ma fatigue ancestrale coincé à l’abris de mes deux branches estivale et hivernale, car moi outre l’hibernative j’estive !

canada

septembre 29, 2008

pour faire écho au grand Félix , ( l’alouette en colère , viva tous ensembles tous ensembles …)

le grand Richard (Desjardins , canadophilie quand tu nous tiens ….)
à voir aussi l’erreur boréale à Malioténam (ainsi que les yankees, quand j’aime une fois j’aime pour toujours et le site en lien)

ce qui me rappelle , je vais me faire taper sur les doigts par les copains que écoutant une émission sur un documentaire de Pierre Perrault sur jacques Cartier ,

Canada ça veut dire : “n’y vas pas ” ( avé laccent !, siou plait)

au moins respectons la

la terre, l’eau , la forêt , les hommes , la nature
arrêtons de la défricher, de la piller , arrêtons la marche en avant de la mort

et toujours à écouter l’interviou de Jean Malaurie en lien sur aloredelam.com

vas t’en pas vs n’y va pas , qhummm que penser !

à voir : le peuple invisible, les algonquins

j’ai entendu cette version de l’histoire du mot canada dans une émission sur pierre Perrault, le cinéaste ;
un indien donnait cette définition du mot canada dans une des belles belles langues indiennes ( voir à ce sujet entre autre les écrits de e. Sapir sur les langues indiennes qui m’en ont donné le goût), l’indien répétait canada ça veut dire n’y va pas, en insistant sur cette incompréhension de Cartier qui évidemment voulait y aller ;
j’ai aimé ses mots qui décrivaient la vie indienne , engagés , évidemment ,
De toute façon maintenant ils y sont et comme je le dis dans la note, cette belle vie québécoise qui nous fait tant rêver, on voudrait qu’elle soit aussi respectueuse ( non pas tueuse) de l’environnement et des hommes , évidemment Richard Desjardins, l’ami des indiens le pense aussi ; on se prend à rêver d’un monde de bon-intelligence et vie-respect réciproque (Jean Malaurie encore …),
hélas , comme les U S , le canada a, il faut le dire, maltraité ses enfants indiens en les envoyant à l’autre bout du pays dans des orphelinats de maltraitance ( cf. ‘tout un monde’ RF) , une de mes amie Béatrice Machet traductrice et amie des amérindiens le sait bien ( il faudra que je fasse une note la dessus), ceci est un sujet qui me touche , d’ailleurs…
mais pour élargir le sujet, on pense au très beau film australien ” rabbit-proof fence” , et à toutes les violences faites aux peuples, aux enfant de par le monde , de l’Irlande (fight for freedom de ken loach) à l’Afrique du sud (waati de souleymane Cissé) etc…
ah la fin de cette belle chanson “les yankees” de R Desjardins, et la vidéo est parlante, parfois belle…

oui pour moi cette chanson de R. Desjardins , d’une poésie âpre et puissante , est cousine de cette détermination , on se dit qu’il y a parfois de ces mots aussi fort, de ces mots percutant qui ne noient pas dans l’ennui confortable et les faux-semblants de celui qui ferai avec et continue écrire, pour rien, là, les mots sont là, remparts de pierre et de rage de vent, puissants, en opposition irréductible au non-dire et à l’absence de sens , torrent furieux, sûrs de soi et de son courant!
le monde moderne où je me sens en déséquilibre, m’oblige à un équilibrisme inventif et incertain,
parfois des voix m’arrivent et, soulagé, je m’étire, comme là avec le grand poète du nord, comme avec benat Achiary, édouard glissant, bernard manciet , marie jo thério, et d’autre encore qui donne une cohérence de chêne ou d’érable à l’étendue d’exister ,

La vidéo , bien sûr , sans commune mesure avec les problèmes de l’environnement et de l’être au monde, notamment par chez vous , mais aussi par chez nous et ailleurs ( à lire le très beau roman de la sud-africaine Nadine Gordimer, Bouge-toi!), quand même les images nous montrent ce que la forêt , la rivière, l’horizon de la nature devrait être , mais évidée de la force des mots , de l’engagement de R D , (car ses propos sont parmi les plus virulents , poétique, et définitivement engagés que je connaisse – on voudrait de cette force là chez nous) ,
différentes, des voix se font entendre, moins fougueuses sans doute et peut être a t’on compris que l’on y changerait rien , la résistance passive est à l’œuvre et une pensée de la terre se forge , n’est ce pas le souhait du tout-monde de Glissant
mais pour quel avenir ?
Oh Gandhi ! , que ferais tu si tu étais là ?
La poésie et la force intérieure, la transformation peut elle changer le monde des hommes ?!
toi serge Pey, B.Machet (cf muer), Bernard Manciet, Jacques Dupin, Jean Capdeville et les autres,
Notre monde est il mort , déjà ?
La poésie est elle encore una arma cargada de futuro ?
Peut-elle encore nous entrainer vers la vie de l’homme ?
La résistance est elle devenue futile devant un tel torrent déferlent ?
Peut elle encore nous apprendre à habiter,

…Ca Na Da…. cette pensée est si belle où alors il aurait fallut,
mais … en fait Canada signifit “campement” … mais l’histoire est belle

vernis sage

septembre 29, 2008

hier soir …… les odes maritimes se sont échappées du rayon poésie …

hier soir , vernissage à une superbe galerie , de très beaux petits formats , des gens que je n’ose pas aborder , l’oreille qui traine , et puis en trainant je m’aperçois que sur les rayons du coin livres ………… ODES MARITIMES de PESSOA , alors je plonge avec ivresse dans ce grand bain de l’art , dans ce phénoménal chant , ode , que Benat Achiary dans “près du coeur sauvage” m’a fait découvrir , et je hurle , je sussure les mots qui s’élèvent , tourbillonent dans la galerie , rebondissent sur les murs peins à la chaux , traversent en vrombissant les encres de Tapies , les fusains de Hollan , s’élancent de l’autre coté du miroir des estampes de Michaux et viennent se frotter calinement aux empreintes de léonardo Rosa …….

ode maritime , ce texte te prend à ton rivage et te retourne en souffle , t’emmène tout du long de toi même , te grimace aux silhouettes qui vident leur verre de rosé et prennent un air inspiré ,

ah !!!!!!!!!!!si on laissait s’échapper ces voix dans les livres , les bons , les forts , les insomniaques , les vernissages seraient une vraie bouffée d’opium ! même les peintures se mettraient à parler si fort qu’on serait obligé de les écouter et les verres resteraient hystériquement vide , kafkaiens ! inopérant , car il est un phénomène étrrange que dyonisos-gros-rouge a tendance à faire basculer l’oeil loin de l’antre de la peinture , l’hypnos a des ratés , et la jouissance alcoolique des relents d’onanisme , ah faire l’amour aux peintures ….

mais Pessooa , libre ! wouah !

soutenir Aimé Césaire

septembre 29, 2008

Vu le climat social où la situation ne peut qu’empirer ,Vu le climat philosophique ou la vie est ramené à une équation mathématique , où le virtuel se noit dans l’horreur de l’actualité tout ceci n’aura qu’ un sens restreint , sauf que ce que dit Césaire , ce n’est pas rien , tout de même , Que savons nous de ce qui est essentiel à l’homme et quel est le sens de l’histoire des idées , de l’espoir , de la poésie et de la liberté , si ce n’est un long parcours pour clamer la dignité de homme , sans lequel il n’est point d’être humain

Aimé , tu as grisé le monde comme on dit dégrisé , la force de la terre et du fleuve t’accompagne, toi l’ouvreur , la machette qui rompt l’entrave , je te dis bon vent vers toi, l’homme, bon vent vers l’autre rive , ton retour vers l’Afrique de toujours, la vague de tes veines le grand pâtre retourne les vents qui lui font remonter la grande eau ancestrale,

je le vois dansant au gué des tambours royaux du retour, riant de se voir enfin réuni, et nous, libéré des entraves, de notre grotte, les mots ont fini par Aimé,

là souffle le vent …….

la tourmente Césaire me frappe, moi , Aimé sur la rive , mais le monde qu’il chante, la vision de l’homme qu’il appelle/interpelle est peut être moribonde , morte , pour ainsi dire , tuée, et que l’oppresseur , lui bien gras et bien portant , kosar renégat rend visite heureux d’en avoir fini , clown d’un revers de manche fait s’envoler les squelettes des colombes , plumes atomisées et épines au bec portant à bout de bras notre mort …. nègre tu reviens en brume danser le pays natal comme une promesse de remonter le fleuve, au beau son d’une flute qui fleurte avec le diable et chante les amours face à face retour au pays natal , rebelle le charnier des rêves , mots monde de notre fierté . Oui , soutenir Aimé Césaire, qui soutient, lui contre le grand chef blanc que sa poésie n’étaient pas des sornettes, qu’elle était forgée ; Que l’histoire est faite de sang, de celui des hommes, de leur souffrance, de leur meurtre radical, Je ne veux pas consentir à votre vision de l’histoire, je ne sais si la France est mon pays et si j ‘ai un pays, mais ce n’est pas celui là ,qui se batie sur le déni de l’autre, se glorifie de la violence, de la négation et de l’asservissement, avec en filligrane le soupçon d’une supériorité barbare, un pays qui n’admire pas ce sursaut de l’homme enchainé à clamer son existence, à reconstruire son identité et à rejaillir des pousses de l’humanité reconquise, Je suis de ce pays-ci, me reconnais dans les blessés, les humiliés, les éclopés des ravages du plus fort qui broit l’enfant dans son poing, je me relève à chaque fois que la violence arrache la graine porteuse de l’espoir, de la vie , de la différence,

Je veux tendre la main à le laisser naitre, Monde inique qui voudrait qu’on lui tende un miroir à se voir nymphe et qui est harpie, Le poète des caraibes nous dit la révolte de l’homme et sa rage d’être, je suis de ce monde là et pas de celui qui nous rogne, nous dénie notre humanité sempiternelle, la poésie est faite du sang de celui qui veut transformer sa condition, muer et devenir ce qu’ il pressent, ce qu’il sait être au dela de ses chaines. Vive cette fougue à se retrouver, à recréer, à renouer la déchirure de ses charmilles, aujourd’hui plus que jamais le monde a besoin de ses prophètes et Césaire en est un , c’est pour ces raisons et parce que” la poèsia es una arma cargada de futuro “, et la non violence une autre pour faire bonne mesure ,que je me crois sur le même bateau, pas galère mais plutot boutre ou radeau, car marroner c’est échapper à la haine, car l’heure est à dire sa préférence et se réclamer de vive lignée, Je veux être ce lambi à l’oreille de la musique de l’immensité .