coeur de gesta

octobre 2, 2008

affinités avec cette grande région , par exemple mon admiration la plus évidente va à Bernard Manciet , poète gascon d’Uzeste dans les landes,

il me semble être le chaînon manquant entre la France occitane et la porte de l’Afrique ! On sent dans sa langue comme une chair de la terre et les fruits que sont les hommes, gros de toute l’histoire littéraire française et romane il accouche d’une modernité tournée vers le sud, ouverte et libre, sa voix noire de sang gascon se hérisse de ce vingtième siècle que la révolte noire a appellé JAZZ, Bernard Lubat le troublion le fait baigner dans cette eau de révolte réminiscente, elle s’accorde au vieil homme et ramène au rivage la douleur de l’engagement dans l’histoire, la modernité, la mort qui rode et le recul d’un enfant d’un pays rompu aux meurtres de l’histoire, éternelle résistance, l’homme de la culture a le corps dans le peuple et se souvient, sagesse incarnée dans le temps d’un sourire qui pourrait être paysan et qui l’est quand il appartient à la terre.

ma frontière est un vent du sud, frotté aux rigueurs et à l’immensité atlantique, elle s’élève en montagne , elle a le baiser des franges de l’Afrique, elle s’inscrit dans le sang à la rougeur d’une terre incertaine ou règne l’homme, vassal de ce qu’il asservit , terre  rouge qui le ramène au charnel des cycles des saisons et donc à la mort, matinée de vie, fruits et soif le voir est une strate ancienne,  rappel de ces volcans d’où a surgit le jour ,

mes poètes sont espagnols, Guillen, Gamoneda , Valente et tous les catalans, l’ancestralité se lit dans les rides et les plis du geste de la peinture, fille de l’occident elle s’inscrit dans la nuit, rivalise avec la mort et crie la vie en éclats de lumière, primordial dans mon rapport a l’art,

poésie,

le mot est plutot prélude aux sens , issu du vivre et de la question,  c’est en véhicule qu’il recouvre l’indéterminé, l’humain dans ce son s’allie aux autres sens, le jour nait et avec lui la vie comme elle se perçoit, distingue l’humanité en pressentiment.

comme Gauguin,  je dis si tu vois du jaune alors met du jaune ! écrire ce qui est à l’œuvre dans ce grand laboratoire du vivre , du voir, sans la distance de la pensée, sauf dans la mesure ou l’agir est pensée,  loin du cartésianisme, frontière de l’identité française que je n’ai eu de cesse de vouloir franchir jusque vers l’expatriation, je suis le fils étranger qui a du subir son ascendant, cette distance fondamentale, acier martelé par cette annexion dans la culture française;

oh ma langue aux inflexions pré-indo-européenne ! oh frontière de l’Afrique! vents atlantes et chaleur de la sierra ibérique, je suis la mémoire d’une langue aussi vieille que les pentes vertes de la montagne, matière abrupte que détoure la rive atlantique,  à l’horizon de l’immensité océane.

En découle cette fascination pour toutes ces littérature qui à la suite du surréalisme ont permis aux identités de se re-forger , au sein d’une langue d’emprunt, léguée sans lait maternel, nourrice de l’histoire , berceau d’un aller dans un aléa du fleuve, j’entends les voix retrouvées moulées dans la langue française , l’alter-langue, la langue exilée réinventée, invocation et transe de la langue ancienne, oubliée ou rendue impossible par l’oubli ; imminente il s’agit de l’humus de l’émergence de l’homme nouveau, permettre la circulation du sang dans les veines asséchées , il s’agit de se tenir droit et de retrouvé ce sens égaré.

Ces mouvements ce sont ceux de la créolité (cuba y compris, wilfredo Lam par exemple ou Cabrera Infante et bien sùr les antilles, Aimé Césaire et une floppée d’écrivains, de glissant et son tout-monde à Chamoiseau , de Frankétienne à Gisèle Pineau; l’afrique avec des écrivains comme Tanella Boni , Sony Labou Tansi, ken Bugul et bien d’autres,

Pour moi c’est une évidence depuis longtemps , je ne me sens pas intégré dans la pensée et la langue française , mais pour autant, exilé hors du “maternel”( la langue, la terre, la parenté, la possibilité d’une identité fixe, et la nécesssité d’une sorte d’exil)  je ne suis pas pour autant basque, ce vocable recouvre néanmoins une réalité-humus, une vigueur-nervure, baton où planter le sol , mais ce baton est multiforme, en mutation perpétuel il ne cesse de réinventer la forme qu’il doit à ses racines , à ses branches, ses fruits et ses feuilles, aux oiseaux qu’ilabrite et l’assaille des milliers de langues de Babel, rongeurs et insectes, champignons aux creux et esprits qui habitent la couverture d’écorce, mon arbre est il ce baobab fou de Ken Bugul, qui est il et ne peut il pas être que forêt ronde et murmure chanté d’arbre en arbre, connivence et témoin de la terre , je n’est il pas ce rhizome aérien, spirituel, l’arbre pontue l’espace du monde et rappelle à  la responsabilité commune, la nécessité du dialogue; de l’amour et du respect, l’arbre est jour, cette grande nuit , angoisse de ne pouvoir se satisfaire d’être ce qu’il semblerait que je suis , il est vrai que je ne suis pas celui que je semble être , la france idéale ne peut être que révolte , pied de nez au pouvoir, à l’assignation à résidence , au délit d’identité (quand les murs tombent, ed Galaade),  c’est pourquoi les chênes accueillent les danses du monde, les chants en répons, et ne se suffisent pas , ils sont le lieu de la rencontre et la nécessité de se penser autre, terreau fertile ou feu de la saint jean, recommencement, rive d’eau prélude au départ pour retrouvailles, résistance à l’obtus et négation de l’ordre imposé, sans relâche pour simplement continuer à être , chanter comme une mélancolie l’impossibilité d’accepter, la nécessité de rejoindre et le respect du vivant;

même si des mouvements telluriques humain au fond de moi me secouent , force est de réinventer avec ce qu’on m’a donné, je m’intéresse donc à tous les mouvements qui s’efforce de réintégrer ce que les humains sont dans une langue et une forme contemporaine , le retour au pays natal de Césaire, le tout-monde d’édouard Glissant, mais aussi beaucoup d’autres pensée ; être français a t’il un sens hors d’un projet politique et intellectuel (le royaume et les lumières, la révolution française) mais aujourd’hui , cet héritage est il le mien , non , me reconnais-je dans le harcèlement de la civilisation post-moderne et américano-européenne , non , l’urgence de réinventer le monde et dresser (debout ) une humanité digne de ce nom , oui , par quels moyens , tentons ce que nous pouvons !
c’est un état d’esprit, je pense qui ne peut être que de résistance et de prise de position , le vert est une belle couleur mais surtout non avons besoins de couleurs !

la vie est belle , mon vieux (Nazim Hikmet)

et aussi l’expérience hispanique en Amérique latine qui n’est pas sans rapport , l’Amérique  blanche avec l’invention d’une modernité, en particulier Williams Carlos Williams ,

Une autre influence déterminante se situe dans le voir et le peindre, le signe , d’où l’écriture découle et la radiation de la couleur et de la  lumière ,  Tal Coat , rafols casamada et une floppée de peintres qui ont cette compréhension physique du monde , la forme vecteur de sens, chillida et hepworth , et la peinture  contenue dans les mots , jorge Guillen, le rapport du peint à l’écriture sur lequel je travaille actuellement ,

on  en finirait pas , mais voila pour l’essentiel , une quête de sens dans les sens et l’élaboration dans langage capable de dire l’essentiel caché aux yeux de tous , la peintre ou l’écriture est dans ce cas la () revendication et renaissance (?)

évidemment la nature et la lumière finissent par être les plus fidèles alliés dans cette reconquête car elle mènent à une sérénité retrouvée , absente du monde des hommes , même si l’être humain et la femme demeurent essentiels, là  est un problème quasi insoluble et peut être faut inventer d’autres voies et se laisser aller à un cousinage universel, le geste de l’homme (et de la femme) est a coeur de ma peinture sous l’habit ou le prétexte de la nature, de la couleur, du trait , de l’espace , (Maldiney)

ma nature est anthropomorphique parce qu’elle est habitée , fondamentalement , l’homme est au centre du geste , dans la voix , il va vers et se reflète en miroir au coeur du vide ,

Biotz begietan disait un poète basque ce qui revient à dire mes mots “l’oeil au coeur “  , prélude au geste qui installe ce qu’il y a d’humain en nous à l’horizon de la vastitude

la nature reflète l’homme et l’homme ne peut se penser qu’en vocables de nature !

il faut croire que j’ai les yeux clos, ai-je été aveuglé, mon corps emprisonné, le geste n’est il que le seul éclat possible entre le monde  ; le geste témoigne en tous les cas d’une distance ou d’une absence, serait ce une trop grande présence, trop proche, ou d’un nécessaire miroir,

Ces mots reviennent de manière obsessionnelle, répétés, l’esprit court-circuite ce qui évident est empêché, le voir et le sentir dans le pont du geste rétablissent le corps dans le mouvement du temps.

La peinture est donc question et affirmation. Dans le même temps, parcours de l’un à l’autre, de qui ouvre les yeux. Le monde est à découvrir et se faisant affirme l’existence de l’un, en mouvement, progression de la vision et chemin lumineux, toucher insensible de la matière, trop proche.

par delà l’écart, par la lumière de l’éclat, dans l’infinitude de l’espace se parsèment les traces de la lumière, les preuves en tâches de la couleur qui sont présence rétinienne, des témoins de ce que l’esprit pense entre l’ombre et l’infini l’intellect désire fixer, la pensée alors s’empare du peu perçu et l’organise, livre déroulant d’une écriture – sentier où les pas de l’homme promènent la vie construite, absurdité surréelle que le peintre dans la plongée sensible va tenter de mystifier, tracer une carte de l’augure, invocation entre le noir et le vide, les gris et le sang, la couleur,  qui advient dans l’espace, le vivant entre dans la matière, la lumière et le temps, inscrit sa présence et tente l’éclaircissement ,

à chaque fois répété, tant et si bien qu’il demeure obscur, opaque et nié dans les vides qui sont les pleins d de-hors, le geste semble chercher une assurance de sa propre existence, il semble vouloir capter une trace  , vie-faille par laquelle le renouvellement installe l’instabilité, dans cette quête, il mesure la finitude de l’intervalle, entre advenu et inaperçu ; le pas est l’entre de l’espace, qui qu’il soit, il espère y repérer la trace d’une empreinte, mémoire du chasseur, espoir du cueilleur qui voit dans le fruit la chair et le signe d’une abondance, la couleur rappelle cet instant que les yeux perçoivent,

bamako, la cour

septembre 29, 2008

Bamako

!à voir absolument ces quelques quatre vérités assenées à la logique occidentale,
divertissante (!!!), divertissement genre star AC , la photo le ferait croire
en guest star : l’Afrique , Aminata Traore, et le FMI , de quoi se tordre de rire effectivement…

Bamako , un procès où les accusés sont les grandes instances internationales , le FMI, la banque mondiale….le procès se tient dans une concession , une sorte d’arrière cour, le procès se tient dans l’intimité sociale, l’afrique à domicile en minuscule et l’on voit les gens allez et venir, la vie quotidienne se refléte dans les visages, l’Afrique est au cœur des débats, comme une peau, le grand vécu sur les traits et les postures, les vies qu’une mince paroi ni un contrôle policier ne parviennent à dissimuler ni filtrer, le temps est le grand invité, la sagesse ancestrale et le chapelet de la vie, va et vient de l’être humain et présence immobile ne sont pas invités à la barre, mais elles semblent diriger les débats d’une voix muette, cette voix prendra de plus en plus d’ampleur parce qu’elle est tout simplement a cœur de tout; Tout rappelle le débat central et si la robe de loi est occidentale, l’africain ne peut se voiler longtemps , la banque mondiale ne peut qu’être condamnée parce que cela est inéluctable , la  décision se lit dans les vie comme une réparation nécessaire pour que la vie reprenne son cours et dérive de la violence urbaine, des sacrifices  des générations, guerres ou émigrations assassines,le futur est mandé à la barre et avec lui l’utopie dans le lieu de la parole ,

on y retrouve le juge et des avocats , des témoins , dont une prestigieuse Aminata Dramane Traore , auteure entre autre de: « l’étau » , l’afrique dans un monde sans frontières “, ancienne ministre de la culture , femme d’entreprise qui place la culture comme centre à l’entreprise et pense que l’Afrique loin d’être pauvre est trop riche de sa culture , d’autres, comme ce professeur veut penser un monde africain qui échappe à l’occident, les instances internationales se défendent , se succèdent à la barre les témoins qui refuseront de parler ou appelleront la grande antique parole africaine , véritable personnage, n’est ce pas l’Afrique elle même cette parole à l’existence surnaturelle,

l’Afrique , chez elle dans sa cour, amusée ou outrée de se travestir prend la parole , contre celle imposée de l’occident, elle retrouve sa logique propre et défie la pensée occidentale , le professeur d’économie politique dit que non , l’Afrique n’a pas besoin de banque, Aminata parle de paupérisation plutot que de pauvreté, une épouse exhorte un mari à quitter cet habit qui ne sera jamais le sien, une femme si belle se drape dans le noir d’un silence inexorable mais inflexible, un avocat blanc nous dit l’inévitable dans un réquisitoire enthousiaste et  juste, l’histoire ne peut que condamner ce manque d’humanité, inexcusable, l’occident régnant est coupable, qu’il cesse d’être le maître!

mais ce procès est encore le témoin d’une occupation occidentale , dans la rue ceux qui attendent , vivent , sont indifférents , meurent , vont travailler et se préparent à l’exil , ces visages , ces corps qui s’imposent de manière silencieuse comme étant irrémédiablement là , au delà des discours et des concepts, des jugements , ces hommes et ces femmes sont l’Afrique , le reste est mascarade,

qu’est ce donc que ce mot l’”Afrique”? dans ce mot le dessin danse la ligne , sculpte la forme comme un mot résonne de parfums , de couleurs , de sensations qui finalement incarne la chose , la chose nommée prend existence , l’identité ! je me souviens d’Alphonse Tiérou, du nom africain, de waati,  du masque, deuxième visage mensuration de l’être, Ce nom porté comme l’empreinte d’une mère, peut être si vieille qu’elle en parait impotente, out of date, dépassée, mais qui inlassable rappelle l’évidence au cordon, terre du monde, terres des homme, la dette est impayable, “l’unpagable” d’Amériqe latine, la dette est à remettre à la mater-terre, à l’humain-mère, impayable respect du à l’existence que nous bafouons, sous des mots-décharge, mots-poubelle, l’oubli de la parole,

quel est il ce mot ? que dois-je défendre en l’entendant, et pourquoi ma peau blanche frémit elle ? de ne pas se retrouver blanche, d’un ton de blanc inattendu qu’il en parait noir, si beau à fleur de terre !
«  l’Afrique est en nous » : Je me souviens des mots de Biga, comme pour me convaincre de la force de ce procès, calmer cette angoisse qui me met de l’autre coté de la barre. : Mais cette parole est aussi la mienne, ce visage, la fierté et la beauté est aussi la mienne, je défie les instances, l’Afrique est en moi, Aimé Césaire me parle dans mon sommeil et répond à ma question d’homme ante-occident, outre-France, Césaire comme dans « une journée sur terre » plane sur les débats, d’une phrase, d’une dédicace et comme les autres écrivains africains, ramène l’homme, la femme , l’enfant en point de mire, fierté à reconquérir, latérite de la terre d’érosion, l’humain n’apparait nulles parts aussi présent ni déterminé à ne pas abdiquer, une exigence indéfectible qui rappelle le moderne à sa condition d’homme, préalable incontournable,
On ne voit que la vie sous les fards de la destruction, ce grand changement indispensable, est-ce une révolution, est-ce ne guerre, changement de cap vers l’immense humanité du respect, souche de l’identité, miroir poétique, la beauté, comme le tatouage, est le miroir du monde, nom parole, humanité en déroute, sagesse antique qui donne le droit de détrôner le tyran, le temps long à fleur de vie est implacablement enracinés dans les rides, présence et larmes, magnifique, l’humain la mort en attente ; et c’est l’homme , la femme qui veut reprendre vie , de façon inaudible mais incoercible .

Safi Faye

septembre 29, 2008

le musée Dapper rend hommage  à Safi Faye, Mossane, ce mot veut dire beauté en langue serère

Mossane, à l’égal de la beauté Serère, la couleur de la langue dans la vivacité des déplacements du corps, étrange charme en suspend le temps est comme une peau disait Tanella Boni, et la lumière chante en corde kora cette beauté là , la plus belle qui soit , la jeunesse et l’appel du corps, innocence et maturité, lente possession dans ce soi dans la relation qui se tisse dans l’ombre et la nuit, le jour et les passages, fils couleur répondant à la luxuriance, mais à la beauté répond la gravité, murale villageois et désir entravé, que deviendra Mossane la beauté, quel est cet appel de fond baobab ;

J’ai voulu faire un film sur la beauté de !mon continent l’Afrique, disait Safi Faye, et je me souviens de cet entretien  ou la femme mure, belle et puissante, douce et profonde dans la voix pesée ou la pensée émettait ses pas, la cinéaste était plus belle encore que cette jeunesse peinte, son oeil mossane , son ton mossane , sa vie de femme mossane, sa générosité mossane , sa beauté mossane vivent toujours avec moi ,

résonnent ces mots qu’il est si difficile d’écrire, les couleurs, les corps et la langue enchantée en témoigne et rappelle qu’il est beau quand l’effort de dire parvient à trouver le mot par quoi les couleurs la musique le toucher et le vivre , le  boire et le manger happent l’attention et nous avalent

regard et parole, femme générosité pleine et proximité de l’offrande.

au pays du long nuage blanc

septembre 29, 2008

fini de lire le journal de Charles Juliet en Nouvelle Zélande, de Juliet je connaissais surtout les entretiens avec Bram van Velde, concentré de puriste attitude en Art, qui  m’avait marqué et en même temps ennuyé car répétitif  ,

la nouvelle Zélande, le pays où je voulais émigrer quand j’avais vingt ans et dont le rêve me poursuit, voyage jamais fait, un grand regret ; la rencontre improbable du poète de Lyon , qui se qualifie lui même de rigoriste et de ce pays dans l’océan , où la nature est ce qui conduit les hommes, le simple le pur mais comme évident, c’était ce que m’avaient laissé comme impression mes ami kiwis, cette rencontre au jour le jour m’intriguait , j ‘ai fait le voyage.

passionnant

rétif d’abord, Juliet souligne l’importance de la vie intérieure, de la vérité comme nécessité, comme point de départ, d’ancrage ; des réflexions sur l’art et l’introspection pure doivent à la vision chinoise, à l’expérience intérieure indienne, au parcours du poète qui effilant son expérience douloureuse parvient à domestiquer le chemin des mots et en faire un chemin d’art,

ascèse,

la rencontre avec l’autre, le différent, le désarçonne, il semble s’ancrer dan un chez lui qui loin, lui manque, moi ce serait plutôt l’inverse , et je m’étonne qu’on puise se surprendre de l’autrement, qu’il puisse y avoir un lieu qui soit “chez soi”, d’autant plus qu’une bagarre existentielle contre ou avec le moi, le soi, condition du départ de l’œuvre, est au centre de son questionnement, mais la rencontre a bien lieu et l’écrivain, petit à petit rencontre ces deux iles, se frottent à des humains de tous bords, car pas forcément de nouvelle Zélande ; à force se fait jour un achoppement , appontement, d’où embarquer ;

je suis sensible à ce style du jour le jour, journal ou s’écrit de façon rigoureuse et froide les événements, les rencontres, les pensées, la vie intérieure ; ce n’est pas la rigueur qui me touche mais plutôt cette absence délibérée de style , dès que les poèmes s’en mêlent, je n’y suis plus et je les trouve froids,  sans raison d’être ; de là la question, pourquoi écrire sous forme poétique ? non je préfère le journal , le poème a d’autre racines, vives et d’eau.

C’est cette absence de mise en danger littéraire (apparente) qui me plait, elle permet le face  à face sans fard, il le dit lui même, il a moins peur d’écrire, l’ailleurs peut être déréalise les enjeux de l’écriture,  pour lui ; pour moi elle est rendue plus proche de sa finalité, une sorte de distance abolie, ni réaliste ni poétique, cette fameuse interrogation de pourquoi la poésie comme forme ;

j’aime cette proximité concrète, elle rejoint mes interrogations récentes,

finalement un dialogue  entre les contradictions de l’écrivain qui reflétées par le nouveau pays se muent en interrogation en miroir,

c’est bien ce que je voyais en Nouvelle Zélande, un pays, quoique très provincial, c’est ce coté banlieusard qui me fait tiquer, très proche de la nature, où les éléments, le climat, les histoires humaines et les paysages font une grande nature qu’il n’ai pas possible d’éviter, mais de façon douce, c’est la différence avec l’Australie ou la terre est violente et démesurée, la terre et les hommes comme pris en étau,
et je me demande si cette référence constante au rugby, trait de civilisation , c’est vrai, mais je me dis que rapprochée de celle à la primauté de la vie intérieure, de l’exigence absolue de la littérature, n’est ce pas un vilain tour de ce pays qui te ramène au corps ! voila que je te dis tu , la distance n’est pas de mise puisque tu me parles , que tu te sers de moi pour écrire et poser tes question à travers le prisme de la terre rencontrée et des hommes,

oui cette terre peut enfin se livrer, l’écrivain s’y intéresser et ..; sublimes pages ou il voit ; les paysages l’air les nuages les orages le déchiquètement des cotes et la violence des orages , des tempêtes,

là je me sens peintre et je vois moi aussi cette nature qui parle directement à l’intérieur humain, le dialogue est choc ; ce n’est pas anodin je trouve,

après avoir souligné l’axe intérieur de l’être humain , l’écrivain est pris du vertige joyeux du corps et voit le monde , avec douceur et, délectation?

les deux sont liés, et la paix arrive, sans doute de là, est ce nouveau ? je ne le connais pas assez pour le dire mais c’est parlant,

tous ces éléments, cette réflexion et finalement cette reddition au monde sans qu’il y paraisse ; cette simplicité de ton me bouleverse et me convainc , c’est la que je me sens le plus proche de moi même , dans ces moments là et dans l’absence de distance, si possible , par moment , je m’y  vois ,

j’ai aimé John Berger pour ça aussi, cette distance abolie qui tend la main à l’autre et la rend palpable indispensable présente ,

et cette absence de style, le style qui fait disparaitre l’autre , et je me dis que c’est dans cette équation que se trouve ce que je cherche ,

la poésie pour moi restera ce moment-aquarelle où les mots servent de pigment à un ressenti, une peinture sensible,
la tentation d’intégrer les rangs des stylistes est là où je perds le temps ; mais des moments existent où je ressens si fortement qu’il faut dire , l’écrire ; a t’elle pour autant tant d’importance l’écriture , veut elle, exige t’elle de rejoindre l’universel , le figé ou au contraire doit elle être le plus libre encore ; rejoindre l’ellipse du haïku, évidemment pour moi pas de cage, les recettes, méfiance, et le réel c’est être au plus près de ce mouvement que je sens , de ce que les yeux voient, de ce que les yeux pensent ; de ce qu’ils mangent en regardant , ah cet océan bleu noir dans les yeux d’Amina , ce n’est pas de la poésie , c’est là et drapeau rouge ou pas il faut s’y baigner,
je le vois , cet océan et il peut être rouge , parfois ,

quand je vois je pense , drôle d’alchimie  , je pense et c’est la que la poésie s’installe quand elle voit, c’est un écart , si l’on poursuit, alors un vrai voyage s’instaure , risqué mais beau, l’aventure énigmatique de l’espace du mot dans l’esprit de l’homme au monde;

mais les nuages et l’océan me disent tout si tu es là , et c’est ici la difficulté ; à combler, être dans la poésie et la relation , et bien sur au plus proche de soi, du cœur,

je me le suis dis dès le premier jour d’art,  le cœur , biotz begietan, toujours !

le vent en rafale te ramène toujours à toi , voila que je me tutoie,

ça m’a fait avancer , à ce jeu de qui avance recule, subtil équilibre !

l’ile

septembre 29, 2008

le regard que l’on porte sur  l’autre n’est pas neutre, le voyage lui aussi est regard, qui se développe, se met en question, et là  le regard que l’on porte sur le lointain est il  le même que celui que l’on porte sur le proche ;

ne  porte t’il  pas plutôt une question sur le lointain quand proche et sur le proche quand lointain , à moins qu’il ne pose tout à fait autre chose.

c’est aussi

l’ile

à laquelle il  faut revenir ,

revenir

l’ile ,

cette réflexion de ces deux mots en ressac, morna ou morne , m’inspire, oui en pleine réflexion sur ” l’ici “mes ailleurs ” , alors que l’anthropologie dit nettement que la distance s’estompe , que la correspondance est partout , indubitablement , voila que ceux que j’ai choisi d’écouter nous disent que non , qu’il faut revenir à un point, sans doute ineffaçable, en tout cas,

trace ,

non les z’ ailleurs dans ce cas là partent de l’ile, et il en revient ,

quitte à attendre face à l’océan, témoin qu’il n’est pas d’ailleurs sans ici ,

un petit livre de Chamoiseau et Glissant vient prolonger la réflexion et l’indubitabilité de l’ile,

la grosse ile , l’Afrique, retient encore , comme le dit le poème, en tresse.

donc le politique moi… même ile reste la pauvreté, l’humain qu’on attèle et la pauvreté la désespérée, la place que l’on nie à ceux qui , qui ? aux autres!  ceux qui sont pas moi, disent / pensent ils , une preuve éclatante encore de la frontière et la spiricrasse nonkenon  je n’ai jamais pu me guérir de cette rogne pugnace : qui me déterre hache de guerre,
cela me ramène à cette guerre ?sociale? et surtout ce nonregard dévisageant l’autre ,lui le tas de chair en carton qu’ondule qui devrait être le frère, le voisin , l’autre , que l’on croise en miroir , brisé comm’ dit glissant dans “quand les murs tombent” ed. galaade,
et oui moi je me sens proche , autant qu’en 1984 (S/Yshire) d’un John Berger , au regard pétri de réel autant que de rêve paillette de la rencontre, la le four du réel est la boulange (Placer again) du pain dont nous sommes fait , trop cuit ou à peine flammé , cramé et lavé par le Vésuve  ; en tailleur au centre d’une pièce vide embaumé d’un senteur lavande chimique , seul , écarté du regard et d’une main qui tende…
man on the moon 1, 2 êtcétèrra, etxe Terra, essais te taire, et ce ter, être cette terre, cette terre sera,   , dans le regard main d’un ombre qui fuit en courant le long du cri de Munch ; la nuit ; car c’est la nuit que les pieds voient…

Jaabi

septembre 29, 2008

peinture de Jaabi

http://www.myspace.com/jaabster

antipodes, pas des chénopodes … non l’ami de l’ile Leleuva s’entretient du monde avec son kingfisher et son troupeau de snakes , tortugas etc ….. il est venu dire bonjour, il peint la nature et se laisse traverser par les énergies de la terre, du ciel, de la mer, des animaux,des humains, ses frères,dans le respect et et une sorte d’ascèse généreuse, simplement , je crois parce qu’il désire être en accord avec la vie , le monde et son moi profond qui lui dicte la poésie, “l’artistre”, car c’est un mode de pensée , de vie , d’exister,

fisher.jpg

il suffit de le rencontrer pour que cela devienne évident , une sorte de joie pleine, chanter, peindre, être là, dans le respect et le partage, à l’image de cette tradition des îles du pacifique, où le kava,  cette boisson de paix, passe de main en main , est bue, offerte en partage et scelle la fraternité des hommes ; j’ai été tout de suite fervent de cette boisson qui réunit dans les choses de la terre les plus simples, une racine pilée, de l’eau et surtout la ferveur que l’homme met à “communier” cet accord fondamental auquel il faut revenir sans cesse pour que la concorde subsiste.

La même chose est présente dans sa peinture; le tapa, sur lequel il peint est une fabrication traditionnelle des fijis, une sorte de papier  à base d’écorce et feuilles fabriqué par les femmes, sa texture est un rappel à la terre et aux fruits qu’elle porte , un pinceau fruit tombé d’un arbre lui sert à transmettre au tapa des lignes-couleurs trace des pigments récoltés, ramassés plutôt , une peau de la terre de son ile, ou d’une des îles voisines, car comme le rappelle Le Clézio dans “raga” le pacifique est le continent de l’eau, on y voyage donc beaucoup, en pirogue, par voie d’eau ; la rencontre est essentielle même si la solitude ilienne à écouter le souffle et le rythme de l’eau , de la terre, de la forêt et des animaux , les voisins

si simple ,

invisible peace , photo de Jaabi

tellement simple que l’on ne sait plus le faire, quelques berger de mes montagnes, d’autres encore, ailleurs  ; Il peint , il se laisse traverser par ce grand souffle de la nature , à l’écoute de la simplicité d’être, du dépouillement et d’une vérité, d’une sagesse aussi, la parcimonie est préférable à l’excès, étouffoir de la spontanéité, de la parole dans ce qu’elle à de sacré, l’Europe quand il y vient, est trop loin de ce calme et il nous l’apporte , avec une chanson et quelques fruits , quelques accords de sa guitare qui suffisent à la sérénité ;

il fait partie de cette grande communauté d’artistes, d’hommes, habitants de l’océan , peuples de l’eau dirait edouard Glissant, défenseur de cette créativité qui s’en tient à la beauté témoin de la vie,

De l’eau à la grande terre , l’Afrique, et je pense au sénégal , pays que le grand historien Raoul Lonis , son père, à célébré et rejoint à l’université de Dakar, et l’on pense à tous les Hampaté, Sotigui, Djibril Diop Mambety, Ken Bugul, tannella Boni et théodore l’ami, qui de Dakar au cap ont maintenus la langue pour que l’afrique reste symbole et lieu ou l’espace accorde l’homme comme me le disait un sénégalais, il y a peu, étonné d’en trouver si peu chez nous , ce pourrait être  l’Australie, la noire, la rouge et profonde que même les blancs de là-bas ne savent éviter, même à vouloir la détruire, la nier …

Mais son regard ne tombe jamais dans la récrimination mais se contente de l’affirmation d’une vérité autre, et je pense au mahatma Ghandi, le vivre avec sagesse et simplicité comme ce personnage du griot joué par sotigui kouyaté, sourd à la vérité imposée parce qu’il veut que la sienne existe et se dise, survive et vive .

J’y vois tout cela nimbé d’une paix incarné dans le geste de la terre sur le tapa , volontairement retenu et libéré de l’apparence des choses pour en laisser surgir l’essence, le sentiment c’est à dire l’accord ,

Tel est cette ‘vibe’ qui me par vient et que je partage dans ce lieu de vacarme que sont nos villes où le silence a peine à pousser ,

il rit, il deviendra baobab ….

il est  le frère…

peinture de jaabi

et sans oublier mes copains des terres , les koalas ! mais c’est une autre histoire ….

Sean Scully

septembre 29, 2008

la peinture sans effet de forme ni de style est plate, le peintre applique

pas si simple car elle peut vibrer ou est ce l’oeil , qui sous les paupières entrevoit

laisse paraitre la magie de la terre de l’air du vent de cette irlande qui se trame évidente

et le trouble embourbe et dévoile ce que l’oeil avait de tout temps à l’esprit

quand la photo s’en mêle :

© sean Scully/gallerie Lelong

Antonio Placer

septembre 29, 2008

cancionistaci0.jpgAntonio Placer

Antonio Placer, poète et musicien galicien émigré dans les montagnes alpines du Dauphiné est avant tout un homme vibrant de poésie et de désir de vivre. A cela s’ajoute son dévouement à l’expression artistique, « la boulange de l’âme » et son profond désir de communiquer, de communier en annarchiste avec le public (« je suis un annartiste » dit il en hommage à Anna). Un homme artiste, pour qui dire et chanter est l’aliment de la vie.

La chanson et la musique traditionnelle.

Antonio Placer s’inscrit dans une démarche qui puise à la source des musiques traditionnelles, dans un terroir spirituel alimenté par le vieux fond galicien, le souffle, la chanson populaire et pour tout dire l’oralité. Tout comme Beñat Achiary, le chanteur basque, tente de reconstruire les sources archaïques et d’ouvrir vers les horizons les plus contemporains, les deux ont travaillé ensemble, Antonio Placer s’imprègne de cet état d’esprit du conte et de la légende, de la chanson. Son album, « la danse du hasard » fait référence et empreinte à Henri Gougaud.

A.Placer est un homme de l’ouverture, il travaille avec des musiciens issus de la méditerranée, comme la sarde Elena Ledda ou d’autres comme Carlo Rizzo, Renaud garcia Fons … C’est dire que sa vision du traditionnel est une source, non un aboutissement.

Deux thèmes essentiels

“Un chant européen, Le souffle qui murmure le son du mot.”

« Je suis un galicien du Dauphiné » (le fils d’un océan atlantique et d’une mer Méditerranée)
L’immigration, le choix d’une autre contrée et l’intégration dans d’autres montagnes nous amène à une réflexion sur l’identité, l’origine et le métissage, au sens large à un universel d’où les murs seraient « passe-muraillés » ou comme le dit Glissant à un tout-monde qui en s’éprouvant démontre la proximité des uns et des autres A.Placer en choisissant les Alpes, les pieds dans la méditerranée, fait de sa vie un immense dialogue dans les Alpes tout en se souvenant de sa source, sa grand-mère, la Galicie.

Sa musique, sa poésie en porte l’empreinte car elle revendique une contemporanéité quelque peu anarchiste comme il se doit, c’est çà dire, libre.

La boulange vitale : une poétique.

Sa poésie, enrichie des actuels les plus joyeux, m’a d’abord frappé par la constante référence au quotidien traditionnel, au réel humain que le monde traverse.

En particulier le pain de guenille, le pain, la farine, le pétrin, la moisson, … le soleil et l’eau.

C’est comme en artisan, en se souvenant de l’humanité féroce de sa grand-mère, qu’Antonio compose ses chansons et chante, en chemin il ré-ouvre la magie de cette vie d’avant tout en l’actualisant dans son chant. Le disant, il nous le fait revivre dans notre oubli, mieux il en fait la base de sa poétique, terrienne, humaine, fertile comme un terreau d’une modernité qui redonne souffle au chant, qui retrouve le chemin des lèvres et que l’on sifflote, étonné de cette si grande présence.

Cette poétique de la métaphore quotidienne, des fondements de notre civilisation, le pain, le vin, l’olive, que sais-je… est une autre façon de contempler nos objets, dans le miroir des mots cette poésie ressuscite de vieux gestes, en laisse percevoir de nouveaux,

On se souvient du « chant général », on se dit que notre quotidien fait de matière et de mythes peut être de nouveau la base de ce grand repas où la fête de vivre est inséparable de la joie du mot, tous et de partout se joignant en chanson et déclamant à tour de bras.

« avec la farine de Dieu et du Diable, je fais le pain de mes chansons »

résistance

septembre 29, 2008

en écoutant Jean Malaurie, en pensant à Eduardo Chillida, en … je me dis les questions que je me pose sur la vie, les hypothèses que je ne peux faire autrement de mettre en avant, à savoir que moi l’être humain ne suis pas venu ici pour faire tourner les centrales électriques et scintiller les boites à vivre à ma place , celles même sur lesquelles vous tapez en ce moment, celles même qui vous esquintent les yeux, et à travers lesquelles vous tentez de voir clair ou d’attrapper une mèche d’intelligence, voulant dire que j’espère que les deux yeux braqués tentent de subreptiscement dérober au flux électrique une étincelle flammèche qui rendra la vie plus intelligible et en fera une gerbe à porter sur l’autel du tombereau comme de beaux chrysanthèmes feu follet de ce qui aurait pu, si , les deux mains avaient cessé un quart photon seconde de s’agripper au clavier pour ne pas dégringoler dans la trop grande présence silencieuse …
Voulant dire , oui voulant dire , que tout cet attirail de secondes n’est pas qu’un pointage à la banque de l’existence , que ma venue criante au monde, non désirée et même ponctuée d’un hochement de tête à valeur assassine, que ma venue spontanée au monde a le hochement de nuque réfléchi d’un regard lent, l’infléchissement mesurée du geste qui offre la bienvenue et compte le conte des dix mille ancêtres ;, fourmi caïman à lhomme qui sait ce que c’est qu’humain,
humer l’accolade les doigts rassemblés,
mais il semble malgré tout que je ne comprennes pas , que quelque chose m’échappe dans le métro train du monde pétro euro dollar , il semble que mon regard dans le vague n’ai pas compri que ce n’avait plus cours, que mon oeil rivé au sang de la planète vivait de rythmes défunts, le pas reconnu les accents d’un langue ponctuent du hochement de celui qui reconnait qui sait la place de la montagne le genêt l’écho la myrtille le bêlement de la brebis le torrent qui descent l’abeille qui passe la saveur au végétal le plateau la mer l’étoile ,
alors tel Tristram je me suis mis à déblatérer comme une femme folle dansant sur un pied cette danse incompréhensible la mort d’un enfant mort-né de ne pouvoir respirer pollen tueur des artmosphères empoisonnés
je m’enfuis en hurlant élucubré,
il semble que ma langue ne soit plus compréhensible ,
que je n’en entende que l’écho que je ne peux traduire autrement que comme un babil aborigène dans le tintamarre métallique,
alors comme un fou qui aurait perdu l’heure je me mets à ramper pour trouver des preuves intangibles de l’existence incertaine des atomes s’accrochant à mon sang qu’une formule friable à glacer et que je ne peux soutenir, funeste épopée de mon cri qui arrache la gorge en lancinance éructée
il semble que personne n’entende et que je manque à l’appel .

mais le fou s’arrête de tourner et l’assemblé narquoise n’en peut plus douter , le fou cherchait à dire quelque chose , il est tant de l’écouter , et le silence répondit parle et le fou se mit à parler des mots qui ne voulaient plus rien dire et qui de nouveau retentirent …

la pirogue et l’atoll

septembre 29, 2008

salut oh l’ami parti vers ton atoll merveilleux , le soleil et la beauté la mer en guirlande en parure à ces beau peuples d’humain qui comprennent ce qu’est la parole et la font circuler dans une bula! vinaka ! au bon gout de paix

oh peuple des îles , je te suis et m’embarque à la suite de tous ces poètes sur la boudeuse , son capitaine Patrice Franceschi est le porte voix d’ édouart Glissant, le grand homme, ma plus forte influence à ce jour, je touche aux rives de “raga” avec jean marie le Clézio et à celles de l’île de Pâque et c’est un éblouissement ,

et ce sont toutes ces voix de ce continent invisible , les paroles sagaies de ces peuples de l’eau ; le grand bol des montagnes entourées de sables rives de l’eau , de ces terres magnétiques qui comme un chant pacifique me remplissent de kava éternel ; à souhaiter la paix comme une promesse

ces éléments vers lesquels j’accoste …. l’air, la mer, la terre , le feu, l’arbre, la feuille , ; l’animal, la racine, le fruit, le souffle chaud, le corail…

et le kava,

cette racine de pepper pilée m’infuse le bonheur d’être en réunion , le respect de la vie et le temps fusion , cet accord essentiel qui vient guérir des maux de la discorde , et c’est en parole, en mots , en image en main levé que célèbre le vertige du bon être que je me fond à ce goùt de nature, terre, mer , sol, lave, seve ,

la seule valeur que je reconnaisse encore , et que j’aime à partager avec les amis ….

autour en cercle de main en main

tous ces mots reprennent le sens dans la simplicité du partage ,

les mots ouvrent vers l’autre et installent une parole ,

gage de ce que j’apporte avec moi ,

en offrande ,

en présence ,

que l’invite de l’inspire se fasse entendre ,

que mes voile se gonflent en accord tendu vers ces vents qui me dévoilent

Bula my tau!

Chaleur bienfaisante qui réveille et endort la moelle décharnée, enchante les moeurs déplorées, les mines délurées

oh l’ ILE LELEUVA , lagune ou lacune?

qui touche à cette île , peut s’allonger sur ce sable, cheminer parmis les sentiers qui grimpent la forêt, gambader sur les places à danse et barboter dans les eaux transparentes de ma rive , la main te tend le kava en signe de partage et de paix , mes mots et mes images forge la parole te parlent d’un monde qui s’offre , que tu ne connais pas , encore , ou dont tu as entendu parler , ces minutes partagées dans la convivialité de l’accueil , laisse s’en une trace d’un signe de tête ou une pointe du menton suivant que ton départ s’impatiente ou au contraire chagrine …

VINAKA VAKA LEVU ! ! !