l’humain veille
octobre 10, 2008
Moi pour qui le Nobel était le dernier prix dont je tenais compte, … somme toute, le choix de Le Clézio cadre bien avec l’époque , un époque qui n’en pense pas moins, et ne voudrait pas que l’on pense que certains ont quelque chose à dire,
des livres-monde, des pensées-monde existent , il faudrait faire comme si tous obéissaient à la voix muette qui déclare que la tristesse, l’abandon est de mise, comme si l’invasion inhumaine de ce monde vide était acquise, sans retour, l’ordre règne et les humains se taisent , ils sont vaincus-d’accord, la langue est blême et il n’y a qu’à énumérer les listes qui s’offrent à l’oeil , le réel splendide, est chose conclue,
toute velléité de changement , d’engagement , de regard sur le monde qui soit vraiment une voix est évacué,
la rive d’où ne peut partir la voix est blanche, grise dirait l’ami , reflet non-couleur de machinerie déguisée en non-être et l’humain dégrisé est gris; la rive est encartée en immeubles et autoroutes, barres de réel ; l’horizon s’offre mais se retire, à temps
ce sont ces voix , qui entrevoient, passées de l’autre coté qui se permettent de dire , dire alors qu’il faudrit acquiescer,
il y aurait pu avoir Edouard Glissant, même carlos Fuentes, celui de Christophe et son oeuf, Terra nostra, l’oranger etc. ,mais l’écrivain a été détruit par l’épidémie nord-américaine qui a ravagé le Mexique , il s’est retrouvé à ne plus avoir de voix dans un monde schizophrène, il eut fallut perdre de sa superbe et crier ; car le monde est à l’agonie , car les humains sont pétrifiés, car l’horreur de la guerre et la pauvreté, cette absence d’arc en ciel menace pour le plaisir et l’égoisme d’une poignée, squelettes morbides et esclaves de la richesse décharnée, poignée de sans-soleil , crachats de sans-souffle, grains d’hommes désintégrés et assèchés, c’est cela qu’il faudrait dire en prenant la parole , égarée, c’est cela et plus , plus car c’est la vie , lhomme la femme qui continuent à vivre réinventent et font échec , repoussent de la décharge, crient plus fort que l’illusion est repoussée, refusée , la mémoire contient le monde dans les strates et le cri, la parole qui pousse diffuse l’énergie du vivant dans le mot qui fraye son chemin , en rive en archipel en chair , en acte d’amour qui repousse la mort,
c’est le jardin sauvage , l’oeil qui poudroit , escampette et perlimpimpin , piment, brin de pluie dans le désert, biologie improbable qui défit l’OGM , et l’humain qui croit;
deux mots sur la pauvreté , c’est l’affamie , c’est l’agonie la bouche pleine des mouches qui viennent retirer ce que l’humain ne peut manger , concurrence infamante , manger, la pauvreté c’est aussi de se croire pauvre aussi , c’est pourquoi l’arc en ciel se meure, et est riche celui qui se croit, se sait , est riche , de soi de l’autre et de la vie, relation prélude à l’en-deux et de là les milles , la richesse commence là ; à danser (rue Félix Faure, Ken Bugul, Hebecke) à humer l’aube dans la connivence
Le clézio
la rêverie d’un monde, d’un homme que son histoire a placé à la confluence, regardant vivre cette part de lui qu’il ne peut pleinement être, il s’y situe toutefois, donne voix à ces humains qui lui sont frères, qu’il a apprit à aimer sans se sentir pour autant lui, tout en restant accroché à la carcasse du vieux monde ,ces personages de fait sont déclassés, éxilés, en partance, en rève , en déshéritance, ou est ce déshérence, une distance écartelée entre l’ici subit, l’ici oû je suis mais doont le vide est perçu et l’ailleurs , le là dont le pouvoir de rêve et de vérité est éclatant , au sens propre puisque c’est d’éclatement dont il s’agit, une douleur qui délave les frontières à l’intérieur de soi ,
finalement la figure de l’exilé, seul porte le rêve et l’aperçu d’une vie autre, d’un soi autre qu’il faudrait rattraper, qui ne peut être que bancal ,
comment résoudre cette contradiction, cette doublure, cette multiplicité à l’oeuvre dans un seul être, qui la somme de tous ces être, verbe transitif , être dans la personisation induit l’incarnation, et la chair faite de ces strates qui continuent à vivre et à ouvrir des pans de vie, d’héritages inconcevable , oui on en advient vite à un livre comme “tout-monde” , le monde entier est en moi et je ne sais en rendre compte, le visage et l’ensemble semblent ne pas donner corps à ce que je vis ; je me vois en miroir dans l’autre , et ma peauest d’un blanc qui me voit noir, bleu , rouge , on ne saitt plus ,
or le lieu, décide, le tout-monde” est bien à l’oeuvre dans ce lieu mais l’équation se soumet à la prépondérance, et se voir ne peut que signifier, départ; l’identité a du mal à ce concevoir multiple , je se voit en exil , je se voit exil , difractation, transe du quotidien , reflet mensonger car le monde , la synchronie nie , ment ;
le monde est bien multiple mais cet éclatement est bien faille , le je multiple est ramené au plus simple dénominateur commun, commun , n’y aurait il que le commun , le singulier n’est il pas un pluriel comme un port tisse les apports,
le lieu décide du singulier, du présent , c’est ce que l’on nomme réel , sans doute , ce grand réel auquel on ne peut se résoudre , c’est par lui que l’occident se trouve pourfendu , la décolonisation ne s’effectue pas , pas même en moi qui ramène des rivages le sang nouveau qui bat aux tempe , une autre couleur de peau que mon pigment injecte , aux minutes , aux temps , aux lieux que je veux multicolores,
l’unité n’est plus qu’une illusion levée, dont je ne veux pas , je me sais multiple mais le monde décidé redevient ce un , honni car il est aussi terrible tyrannie, acceptance d’une violence et impossibilité du grand vivre ,
ces blessures infligées à tous les uns dans les guerres, les esclavages, les déportations, dans cette grande marée de l’histoire les peuples et cette lente gestation dans la matrice combinatoire, cette longue marche des peuple qui de différents en sont arrivés à pouvoir être vus, concevables car pris dans la grand chaine déportatoire, ultime négation qui de l’autre , du lointain parvient à faire le proche, le même qu’alors on porte en soi aussi , la relation établie il faut alors la faire levé , se considérer levain de tous ces ailleurs en moi , faire échec au lieu qui unifit, qui maintient cette prépotence si loin d’une entente possible hors du lieu de l’anéantissement , aliénation dans le multiple par la présence d’évanouissante de la matrice ,
c’est bien de la négation bétonnière à l’oeuvre dans le divers, c’est bien de l’échec de l’héritage possible , symbiose rhyzome , lointain regard porté au proche, l’ici du réel impose la tyranie,
il faut donc fuir,
fuir avec obstination à chaque fois qu’aperçu vers cette lumière immanentes aux ailleurs même aux plus proches de soi, entrevu dans l’autre, les ailleurs mes iles; l’ici me répulse, pulsation de rejet et mouvement vers l’en delà qui me contient ,
accueillir , l’ile, l’archipel , chapelet de lumière , faille dans le compact qui établit la nécessité même à la limite de la déflagration , d’envisager , de se soumettre en immense copulant vers ce réel inattendu, inassouvi et uniquement entrevu , partage , ligne d’eau , ligne de terre , rayon vert , humain bleu dans l’étirement,
accueillir ce lieu qui à l’horizon permet l’enracinement , échos de tous ces chants dans un voix qui à nouveau s’élève, multiple,
en échec au lieu unique,
danse réjouissante à chaque pas en direction vers ,
l’ailleurs est havre , le divers est lieu, l’étranger ne cré plus cette déflagration dans l’unique, dans le lieu subit , dans ce là indubitable
ici le lieu est soumit dans la permanence du doute ,
même si
et puis la grande balafre qui en déflagration vient détruire celui même qui veut régner , cette grande destruction au sein même de l’être que l’occident ne peut s’empècher de s’infliger , lui qui ne peut que se détruire dans son fol refus de soi , est ce pour cela que je ne peux qu’être ailleurs en moi , m’augmenter de l’autre comme une antidote, à la destruction , à moi destructeur, il s’agirait peut être d’aimer ce différent et de fait le devenir , faire échec au lieu qui situe , tue ,
tout en restant accroché à la carcasse du vieux monde , comme une acceptation de l’impuissance c’est la solitude de l’écrivain coupé de la vitalité , de la joie d’exister , du face à face avec la vie , le Clézio sait que la vérité est sur l’autre rive , l’humain vu, su , qu’il voit mais qui ne se sait plus, se cherche dans une projection aveugle, l’ailleurs est rivé à ce qu’on en voit, la défaite, les cent défaites de toutes les défaites semble plus parfaites que l’étincelle , que la mémoire portée en rive, que les strates en bandoulière , chapelet de graine au toucher comme s’il fallait les couver des doigts pour les faire naître, revivre , re-en-vivre, c’est cette félure les volets clos puisqu’il n’y a que ça, le songe de la folie en mots pour réinventer , fable de ce qui est vmais qu’on sait de source extérieure ne pas être,
dérive de l’im-pensé, immersion dans le son , l’acrobatie rieuse de ce qui s’enclos dans la guirlande de mots sans queue, qui veulent pourtant dire que l’ici quand je le voudrait c’est à voir , c’est sans doute aussi que l’obtus, bien que tyran ne voit pas , il ne l’a jamais vu , il l’a laissé croitre, , il l’a laissé vivre cette parabole qui disait son absence à lui l’omni-potent , l’omni contre l’homme , l’homme est toujours de là ou l’on parle , mais parler c’est déparler , ou bién l’inverse , stratégies de résistance, lui qui croit en ce qui est , il oubli qe ce qui est c’est ce qui trouve place dans le mot articulé, ce souffle d’air de chair, pulpe rouge et sang de rêve, in-attendu
oui, vous l’avez remarqué , tout ces in- quelque chose, ces négation laisse parler ce qui est à partir de ce qui ne peut être , un point de départ insensé qui se situe dans le non pour dire le oui , le vécu à venir, en germe dans le rire émitté , la parole histoire, histoire, la parole volet clos de l’criture, cette déchirure dans le vivre libère ces vagues de sens insensé parce que non encore là , pour autant non dans le réel , le mot joue à cache cache , il l’a toujours fait , de l’antique aux stratégies des esclaves qui riaient de voir la parole se survivre, l’esprit est un jardin contradictoire, tête tuberculeuse, et fleur épineuses , on ne sait plus , sait cela que c’est , ou l’oinverse , on ne sait plus et la langue invariée est crue folle; elle se le doit pour încursionner les mots et les formes de sens retenus , et la danse enchainée et les crocs de l’énergie fraternelle
l’intention y est , on se berce d’un horizon de brume solaire, mais cela ne fait pas un Nobel , il y faut plus ; le Nobel et quelque soit son nom ; ce prix qui en est vraiment un et témoigne de l’importance de la littérature comme force vive , se doit de résister aux sirènes , ce prix n’est pas un prix , c’est un étendard de l’humanité en miroir ,
rappeler que la littérature c’est l’homme à vif ;
rappeler la résistance et la nécessité de dire la lumière dan le trou noir , un phare;
Ce monde crépusculaire qui a tout balayé dans l’inhumanité , se doit de payer , des voix se doivent de dire qu’il n’est rien de tel , que l’humain veille ;
c’est cela que j’attends et non et non une rêverie et encore moins une pépinière de pousses transgéniques issues de l’université , prêt à penser narcissique alors qu’il faudrait de la création quand rien ne va plus ( voir l’article de Tanella Boni sur “écrire en Afrique) duvet sur le sol du monde tel que nous le savons, les écrivains qui se publient n’ajoute rien d’autre qu’un satisfecit , qui le justifie en en étant le rejeton, un discours opiniation en bonnet d’âne , j’aime les ânes mais ceux qui sont opiniâtres,
non ,
écrire, lire, c’est le baobab fou , , cet arbre qui comme le fou est le seul sur le quel la pensée peut s’appuyer; les Paroles sont entre les écorces et la terre en frémit , elle les entend ressasser , et le fou est cela qui réellement parle , dont la parole est importante ;
être contemporain (giorgio Agamben , rivages poche) n’est pas ce que l’on croit , ce n’est pas être remous dans l’immensité de l’époque, c’est en être l’obscurité de la lumière,
c’est déroger ,
c’est dire l’urgence à être , c’est le chemin qi s’ouvre dans l’invisible alors qu’il n’y avait pas de chemin , croyait on ,
le monde comme on le rêve , cette parole que l’on rapporte , c’est bien , mais ce n’est pas suffisant,
Il y faut plus ,
pour nous pour que nous continuions à croire à l’importance de lire , comme à un secret propagé de main en main à l’oeil, à l’acte à l’être ; le puits dans la terre sèche c’est cela dire: rien à lire que ce qui se cache , rien à lire que d’éveillé;
© L S ouistiti 2005
l’humain à bride abattue
septembre 29, 2008
Au nom de quoi faudrait il ne parler que de “réalité” et qu’est ce que la réalité ? d’ailleurs ! je suggère plutôt que cette vision rétrécit le champs de vision, d’action de l’ humain ; être est infiniment plus que ce que le rationnel peut observer, c’est aussi en libérant tout une vie enclose que la “réalité” se fait jour.
Si la poésie et l’art en général a pour mission de dévoiler c’est qu’il doit y avoir tant de chose à dire, l’enclos de l’humain bride, écrire c’est sans doute aussi entrevoir cette mince raie de lumière ou d’ombre qui nous est caché, c’est ce magnétisme de l’art africain , c’est …. l’humain à bride abattue…
Il semble que l’on ne puisse s’aventurer hors des sentiers des balises du réel, …. car on nous en rabat avec le réel presque autant qu’avec le travail, c’est dire !!! hors du réel point de salut ni de grâce aux yeux des censeurs , ceux qui maintiennent l’écriture bien droite, en file de chiffres binaires bien alignés, en rangs aimantés de grille de fer,
Le réel est religion, l’occident s’est formé sur son observation et s’est creusé les orbites à le capturer, autre piège à ours pour mieux le dépecer de sa pelisse, croyant peut être s’en faire un manteau contre les rigueurs de l’existence.
en le découpant en carré de viande, c’est à une construction mentale qu’il nous invite.
Or qu’est ce que le réel ? la souffrance du monde que nous infligeons et qui nous revient en boomerang nous semble être telle que nous ne pouvons ignorer la réalité crue, qui s’impose au corps social,
L’époque moderne s’est appliqué à en découper les limites, elle a établit des normes, diminuant en cela les territoires de la réalité pour l’adapter, semble-t-il, à son usage. Le phénomène n’a fait que s’amplifier et nos auteur croient de bonne foi être au plus près de l’être, encravatés sur l’estrade du sérieux du sage et éloigner le royaume du fou à tracer cette ligne, sûre, de démarcation.
hors, quelle réalité ? car nous occultons le réel , tel qu’il est vécu ,
le dernier livre de Patrick Chamoiseau à cet égard, est extraordinaire ; en travailleur social qu’il est, l’écrivain se trouve en contact avec une fillette prostrée ; à y bien regarder cette prostration emmène dans tout un labyrinthe de réalité occultée, à l’œuvre depuis les âges dans les meurtrissures du corps , invisible ;
L’esclavage ancestral se tapissait dans l’esprit comme une cage aux dimension du corps, prostré, acoinné, et l’Histoire , la progression dans la mémoire, à force d’image et de fibre à vivre, vécu et à venir, se tisse traçant une géographie nouvelle de l’être au monde, ré-accouchement autrement, le corps différent, à craqueler les limites assignées, à reconnaître l’habitat maudit, à instiller une scénographie du vivre ,
à écruire …..
Le monde à force de revendiquer d’être visible , à force de démontrer sa visibilité à renfort de clip et de panneau publicitaire , le monde perd sa crédibilité, et son réel s’effrite, masque d’impuissance, imposé comme une grimace,
L’omniprésence du visuel est là pour cacher, succession de voiles du visible, anecdotes des vies qui se reflètent en pixel, qui de voiles en voile pourrait parvenir à imager , à voir en dessous…
au travers,
à traverser cet espace de passage qu’est réellement l’imaginaire,
Le mot désigne non pas la phantasmagoria, d’un Lewis Carroll par exemple, mais bien plutôt cet esprit à l’œuvre qui redessine les mailles du monde, tel qu’il est perçu dans la réalité que l’être propulse en feu artifice,
de manière exposée ou partagée, le groupe pense aussi à travers le tissage en image de l’en- monde , l’expérience partagée parle, d’absence, l’exil aux siens crie plus fort parfois qu’un coup de soleil , et pourtant l’homme, l’enfant, la femme exposé aux rayons du monde file aussi sa propre toile à la devanture de l’univers, comme expérience unique, fi parfois même de la filiatoile au fond du wigwam,
le réel se capte à la façon d’un pécheur de haute mer les deux pieds dansant au tangage de l’embarcation frêle et le filet plongé dans l’insondable de l’abîme en dessous ,
le monde , le réel comme abîme, seule réalité à l’aveuglette, voulant dire en cela qu’il n’est vide de recette pour être sur d’être en phase à vivre et à voir , voir , c’est aussi détourner les yeux et s’apercevoir alors que l’on ne s’y attendait pas; se soulevant de la couche de l’habitude au matelas de l’éblouissement ,
le mot , la phrase qui structure le monde peut aussi bien voiler et devenir code, grille de lecture d’apparat, costume cérémoniel, phrase magique que l’on profère en invocation rituelle, pelisse volée au dos de l’ours, si vivant, si tout, si gourmand de miel et là soudainement si plat sec et inutile, totem à l’homme devenu rêve d’ours,
le mot machane lui est jeu de piste, chant qui contient tant l’incertain de l’être au monde dans les recoins du gout, de l’odeur, de la musique de la saveur, au fin fond de l’accolade des recettes des mots-monde bout à bout, en osmose et dialogue rieur, de briller de vivre et lâcher au vent les rire sourires des lèvres qui s’ouvre à proférer ,
l’être qui parle est vivant-réel dans cette énonciation.
Quoi de plus ? et tout ce reste en moins que l’on impose comme rempart à la réalité machane.
