coeur de gesta
octobre 2, 2008
affinités avec cette grande région , par exemple mon admiration la plus évidente va à Bernard Manciet , poète gascon d’Uzeste dans les landes,
il me semble être le chaînon manquant entre la France occitane et la porte de l’Afrique ! On sent dans sa langue comme une chair de la terre et les fruits que sont les hommes, gros de toute l’histoire littéraire française et romane il accouche d’une modernité tournée vers le sud, ouverte et libre, sa voix noire de sang gascon se hérisse de ce vingtième siècle que la révolte noire a appellé JAZZ, Bernard Lubat le troublion le fait baigner dans cette eau de révolte réminiscente, elle s’accorde au vieil homme et ramène au rivage la douleur de l’engagement dans l’histoire, la modernité, la mort qui rode et le recul d’un enfant d’un pays rompu aux meurtres de l’histoire, éternelle résistance, l’homme de la culture a le corps dans le peuple et se souvient, sagesse incarnée dans le temps d’un sourire qui pourrait être paysan et qui l’est quand il appartient à la terre.
ma frontière est un vent du sud, frotté aux rigueurs et à l’immensité atlantique, elle s’élève en montagne , elle a le baiser des franges de l’Afrique, elle s’inscrit dans le sang à la rougeur d’une terre incertaine ou règne l’homme, vassal de ce qu’il asservit , terre rouge qui le ramène au charnel des cycles des saisons et donc à la mort, matinée de vie, fruits et soif le voir est une strate ancienne, rappel de ces volcans d’où a surgit le jour ,
mes poètes sont espagnols, Guillen, Gamoneda , Valente et tous les catalans, l’ancestralité se lit dans les rides et les plis du geste de la peinture, fille de l’occident elle s’inscrit dans la nuit, rivalise avec la mort et crie la vie en éclats de lumière, primordial dans mon rapport a l’art,
poésie,
le mot est plutot prélude aux sens , issu du vivre et de la question, c’est en véhicule qu’il recouvre l’indéterminé, l’humain dans ce son s’allie aux autres sens, le jour nait et avec lui la vie comme elle se perçoit, distingue l’humanité en pressentiment.
comme Gauguin, je dis si tu vois du jaune alors met du jaune ! écrire ce qui est à l’œuvre dans ce grand laboratoire du vivre , du voir, sans la distance de la pensée, sauf dans la mesure ou l’agir est pensée, loin du cartésianisme, frontière de l’identité française que je n’ai eu de cesse de vouloir franchir jusque vers l’expatriation, je suis le fils étranger qui a du subir son ascendant, cette distance fondamentale, acier martelé par cette annexion dans la culture française;
oh ma langue aux inflexions pré-indo-européenne ! oh frontière de l’Afrique! vents atlantes et chaleur de la sierra ibérique, je suis la mémoire d’une langue aussi vieille que les pentes vertes de la montagne, matière abrupte que détoure la rive atlantique, à l’horizon de l’immensité océane.
En découle cette fascination pour toutes ces littérature qui à la suite du surréalisme ont permis aux identités de se re-forger , au sein d’une langue d’emprunt, léguée sans lait maternel, nourrice de l’histoire , berceau d’un aller dans un aléa du fleuve, j’entends les voix retrouvées moulées dans la langue française , l’alter-langue, la langue exilée réinventée, invocation et transe de la langue ancienne, oubliée ou rendue impossible par l’oubli ; imminente il s’agit de l’humus de l’émergence de l’homme nouveau, permettre la circulation du sang dans les veines asséchées , il s’agit de se tenir droit et de retrouvé ce sens égaré.
Ces mouvements ce sont ceux de la créolité (cuba y compris, wilfredo Lam par exemple ou Cabrera Infante et bien sùr les antilles, Aimé Césaire et une floppée d’écrivains, de glissant et son tout-monde à Chamoiseau , de Frankétienne à Gisèle Pineau; l’afrique avec des écrivains comme Tanella Boni , Sony Labou Tansi, ken Bugul et bien d’autres,
Pour moi c’est une évidence depuis longtemps , je ne me sens pas intégré dans la pensée et la langue française , mais pour autant, exilé hors du “maternel”( la langue, la terre, la parenté, la possibilité d’une identité fixe, et la nécesssité d’une sorte d’exil) je ne suis pas pour autant basque, ce vocable recouvre néanmoins une réalité-humus, une vigueur-nervure, baton où planter le sol , mais ce baton est multiforme, en mutation perpétuel il ne cesse de réinventer la forme qu’il doit à ses racines , à ses branches, ses fruits et ses feuilles, aux oiseaux qu’ilabrite et l’assaille des milliers de langues de Babel, rongeurs et insectes, champignons aux creux et esprits qui habitent la couverture d’écorce, mon arbre est il ce baobab fou de Ken Bugul, qui est il et ne peut il pas être que forêt ronde et murmure chanté d’arbre en arbre, connivence et témoin de la terre , je n’est il pas ce rhizome aérien, spirituel, l’arbre pontue l’espace du monde et rappelle à la responsabilité commune, la nécessité du dialogue; de l’amour et du respect, l’arbre est jour, cette grande nuit , angoisse de ne pouvoir se satisfaire d’être ce qu’il semblerait que je suis , il est vrai que je ne suis pas celui que je semble être , la france idéale ne peut être que révolte , pied de nez au pouvoir, à l’assignation à résidence , au délit d’identité (quand les murs tombent, ed Galaade), c’est pourquoi les chênes accueillent les danses du monde, les chants en répons, et ne se suffisent pas , ils sont le lieu de la rencontre et la nécessité de se penser autre, terreau fertile ou feu de la saint jean, recommencement, rive d’eau prélude au départ pour retrouvailles, résistance à l’obtus et négation de l’ordre imposé, sans relâche pour simplement continuer à être , chanter comme une mélancolie l’impossibilité d’accepter, la nécessité de rejoindre et le respect du vivant;
même si des mouvements telluriques humain au fond de moi me secouent , force est de réinventer avec ce qu’on m’a donné, je m’intéresse donc à tous les mouvements qui s’efforce de réintégrer ce que les humains sont dans une langue et une forme contemporaine , le retour au pays natal de Césaire, le tout-monde d’édouard Glissant, mais aussi beaucoup d’autres pensée ; être français a t’il un sens hors d’un projet politique et intellectuel (le royaume et les lumières, la révolution française) mais aujourd’hui , cet héritage est il le mien , non , me reconnais-je dans le harcèlement de la civilisation post-moderne et américano-européenne , non , l’urgence de réinventer le monde et dresser (debout ) une humanité digne de ce nom , oui , par quels moyens , tentons ce que nous pouvons !
c’est un état d’esprit, je pense qui ne peut être que de résistance et de prise de position , le vert est une belle couleur mais surtout non avons besoins de couleurs !
la vie est belle , mon vieux (Nazim Hikmet)
et aussi l’expérience hispanique en Amérique latine qui n’est pas sans rapport , l’Amérique blanche avec l’invention d’une modernité, en particulier Williams Carlos Williams ,
Une autre influence déterminante se situe dans le voir et le peindre, le signe , d’où l’écriture découle et la radiation de la couleur et de la lumière , Tal Coat , rafols casamada et une floppée de peintres qui ont cette compréhension physique du monde , la forme vecteur de sens, chillida et hepworth , et la peinture contenue dans les mots , jorge Guillen, le rapport du peint à l’écriture sur lequel je travaille actuellement ,
on en finirait pas , mais voila pour l’essentiel , une quête de sens dans les sens et l’élaboration dans langage capable de dire l’essentiel caché aux yeux de tous , la peintre ou l’écriture est dans ce cas la () revendication et renaissance (?)
évidemment la nature et la lumière finissent par être les plus fidèles alliés dans cette reconquête car elle mènent à une sérénité retrouvée , absente du monde des hommes , même si l’être humain et la femme demeurent essentiels, là est un problème quasi insoluble et peut être faut inventer d’autres voies et se laisser aller à un cousinage universel, le geste de l’homme (et de la femme) est a coeur de ma peinture sous l’habit ou le prétexte de la nature, de la couleur, du trait , de l’espace , (Maldiney)
ma nature est anthropomorphique parce qu’elle est habitée , fondamentalement , l’homme est au centre du geste , dans la voix , il va vers et se reflète en miroir au coeur du vide ,
Biotz begietan disait un poète basque ce qui revient à dire mes mots “l’oeil au coeur “ , prélude au geste qui installe ce qu’il y a d’humain en nous à l’horizon de la vastitude
la nature reflète l’homme et l’homme ne peut se penser qu’en vocables de nature !
il faut croire que j’ai les yeux clos, ai-je été aveuglé, mon corps emprisonné, le geste n’est il que le seul éclat possible entre le monde ; le geste témoigne en tous les cas d’une distance ou d’une absence, serait ce une trop grande présence, trop proche, ou d’un nécessaire miroir,
Ces mots reviennent de manière obsessionnelle, répétés, l’esprit court-circuite ce qui évident est empêché, le voir et le sentir dans le pont du geste rétablissent le corps dans le mouvement du temps.
La peinture est donc question et affirmation. Dans le même temps, parcours de l’un à l’autre, de qui ouvre les yeux. Le monde est à découvrir et se faisant affirme l’existence de l’un, en mouvement, progression de la vision et chemin lumineux, toucher insensible de la matière, trop proche.
par delà l’écart, par la lumière de l’éclat, dans l’infinitude de l’espace se parsèment les traces de la lumière, les preuves en tâches de la couleur qui sont présence rétinienne, des témoins de ce que l’esprit pense entre l’ombre et l’infini l’intellect désire fixer, la pensée alors s’empare du peu perçu et l’organise, livre déroulant d’une écriture – sentier où les pas de l’homme promènent la vie construite, absurdité surréelle que le peintre dans la plongée sensible va tenter de mystifier, tracer une carte de l’augure, invocation entre le noir et le vide, les gris et le sang, la couleur, qui advient dans l’espace, le vivant entre dans la matière, la lumière et le temps, inscrit sa présence et tente l’éclaircissement ,
à chaque fois répété, tant et si bien qu’il demeure obscur, opaque et nié dans les vides qui sont les pleins d de-hors, le geste semble chercher une assurance de sa propre existence, il semble vouloir capter une trace , vie-faille par laquelle le renouvellement installe l’instabilité, dans cette quête, il mesure la finitude de l’intervalle, entre advenu et inaperçu ; le pas est l’entre de l’espace, qui qu’il soit, il espère y repérer la trace d’une empreinte, mémoire du chasseur, espoir du cueilleur qui voit dans le fruit la chair et le signe d’une abondance, la couleur rappelle cet instant que les yeux perçoivent,
effacer
septembre 29, 2008
Violences d’effacer, certes pas ce que mon geste peignant impulsait, en tous les cas de façon consciente, non je pense que c’est le monde qui est en plein effort de réponse à lui même et s’augmente, s’ouvre , non il y a de la conquête, il s’épand , est en expansion et instaure l’harmonie,
est il visage ? je me souvient avoir dit que le visage d’un Botticelli était un monde en soi, un cosmos que l’on ramène a tort au visage , mais l’être humain peut il faire autrement que de ramener au visage? le monde peint ou dit est il forcément une métaphore de l’homme et l’humain se ramène t’il au visage. ne peut on y voir un dialogue ; la présence à soi et de là accessible, le monde qui s’offre, les deux mêlés car ils se font face et sont peut être indissociables, en complémentarité, l’un seulement étant capable de voir l’autre! et de se laisser aller à ce rêve, miroir de lui même en mouvement, comme la mouvance des lumières lorsque les nuages passent, subtil échange sans que l’un veuille prendre le pas sur l’autre ! se regarder en miroir c’est se voir avec les yeux du monde, le monde lui ne s’octroie pas un regard il file le long du temps qui lui même ne se laisse pas arrêter.
Un entre mémoire et avenir, un embryon ? cela me fait penser que le vide serait absence de forme , ce qui chez moi , de façon consciente n’est pas dans ma pensée, il s’agit plutôt de lignes de force qui gagne sur le non encore , le présent dans son mouvement ,
cela correspond t’il à une structure mentale embryonnaire chez moi , incomplète, peut être, mais la forme complète telle que l’occident renaissant l’a exprimé ne me touche absolument pas , ce monde fini, capté n’a aucune résonance en moi , il me faut de l’espace, une conquête, des signes d’une appartenance et une mouvance nomade, et tant d’autre chose,
un texte sur la peinture que m’a envoyé N m’a surprit, cette peinture européenne ne m’apporte que si je porte un regard d’étranger, que si je vois chez Vélasquez un espace des rouges, une cosmogonie immense de couleurs et de forces à l’œuvre, retombé, je tourne la page ,
Vermeer, pareil, un grand abstrait façon Rothko , lire les pages qu’a écrit Maldiney à ce sujet,
mais évidemment on ne se voit pas et c’est peut être ce qui se joue dans ma peinture, peut être la peinture ne peut elle témoigner que d’un regard, et le regard est il autre chose qu’un être au monde, sauf à tomber dans la convention , ce qui est pour moi sans intéret.
s’agit il du monde avant la création ?
non il s’agit de la création ,
la création parce que celui qui peint s’autorise un regard grand ouvert sur ce qui s’offre à lui, il ne connait pas de borne que la pensée encage, il tente de voir , avec tout ce que cela impliqie, le regard porte, et les sens sont en éveil en état de dialogue, la nature, la vibration de l’air tout ce qui le fait homme , c’est de cela qu’il entend témoigner, comme s’il saisissait une flute ou se mettait à chanter, le ressenti et le geste qui répond, la pensée n’a pas commencé ou elle s”‘est arrêté le temps d’une pause car c’est le geste et le moment qui sont intense
il ne s’arrête à rien , la création oeuvre , c’est ce moment de partage , de recueil , d’élancement de soi vers ,
ce qui importe c’est qu’il se sent vivant , il a besoin de la dire , il est seul et les autres regards ne viennent pas le contredire dans cet instant , imposer des limites , il est seul et ressent intensément,
c’est de cet élan, qui plus tard de questionnements en périls affutera ce qu’être humain résout, en forme
mais dans ce foisonnement et cette échappée il n’y a pas de monde qui tienne, ni avant ni après, ni monde , l’immersion est dans les sens et la pensée trace , improbable une ligne à travers des brousailles, des taches qui sont des points, des roucoulement et des suées, ricanement d’oiseau, chiures de mouches , tout indistinct est dans l’os , relie le passé au présent, sans doute pressent , mais s’élance en fuite éperdue l’espace et l’instant compressé, une ligne fuse et l’encre éclabousse, le point rythme, la couleur accorde et fusionne ,
liberté de l’en-soi à l’espace , l’ouvert de l’insaisissable recommencement
où tout se mêle ,
je récuse l’idée d’un art qui aurait des comptes à rendre , l’art pour moi est le lieu ou ce qui est humain s’exprime , s’imprime , tout cela doit tenir debout, cela peut aussi être transitoire , éphémère, instable comme une passerelle , passage qui permet la progression , et questionnement sans fin, garant de la vérité intime et de la continuité du chemin , ainsi la seule importance de la forme est de garantir l’équilibre même si le geste parfois s’incursionne dans le déséquilibre,
la création peut bien se trouver au détour du chemin, se jouer de l’improbable et éclater dans l’inattendu , suggérer des souffles et questionner
LS 2007
la trace de l’encre , le sillon du burin , les pattes tachetées ou mouchetées viennent impulser un rythme , impulser ? témoigner ? révéler ? je préfère penser au dialogue et au répons, le monde est il autre chose, lorsque l’on observe ce qui est de manière plus scientifique ? structure rythme souffle et devenir, mouvement et progression,
l’homo europeanus scrute et codifie ce qu’il voit de loin , en restant extérieur à ce qu’il voit , gage de vérité ? d’où la question , mais qu’est ce que tu vois ? au lieu de poser la question mais qu’est ce que le voir ?
on est loin de ce qui a construit le figuratif en Europe, même si les première base de l’humanité européenne étaient elles aussi figurative mais d’une autre façon, plutot participative, quelqu’un comme Miqué Barcelo y participe encore.
de nombreux peintres le long du vingtième siècle se sont posés la question, certain y ont répondu sans trop s’éloigner du constructivisme européen (), d’autre ont pris d’autres “théorèmes” pour développer leur peindre au monde, la chine, l’Afrique et les civilisations premières, les arts aborigènes, indiens etc. à partir du moment ou le doute s’est immiscé dans le voir les peintres ont pris les chemins et ont réexplorés le réel, à commencer par leur propre ressenti, le réel commence là par leur être au monde, racine de la sensation et de l’élaboration d’une présence et de son expression,
le “dit” peut alors se déployer,
innombrables, multiples facettes de l’être humain en perpétuel devenir, c’est de cela qu’il est question,
comment ? c’est en effilant le dire, le peindre, le penser et le vivre que l’être humain va tenter de redéfinir sa place, de façon plus juste,
ceci d’autant plus que la violence du monde, que la poussée de la civilisation se fera plus forte, que l’écart dans l’expérience humaine portera à la question, de façon multiple et un peu partout ;
mais cette poussée inéluctable du monde transformera de fond en comble le lien qui nous unit, l’évidence est rompue, la question est partout et pousse sans arrêts, confrontation, hybridation, refus et destruction, regard porté sur les expériences autres, captation et errances, Édouard Glissant en parlant de tout-monde résume bien l’immense question qui se fait chemin rampant en nous, Frankétienne déplie les ailes de l’oiseau schizophone, Jousse émet la possibilité du mimisme, les modernes étudient la structure du vivant qui se mêle en reflet trompeur aux nouvelles organisations systémiques tandis que d’autres jouent à démêler l’écheveau des question et inventent une nouvelle forme d’écrire,
le monde perd de sa légitimité et de son évidence, tout est signe comme au premier jour, l’alphabet se reconstruit pendant que se retisse une posture,
assis sous l’arbre à contempler les graviers et les crottes des ramiers, les cosses vides et les brindilles sèches, je pense à la poussière imperturbable qui recouvre les rocher et je perçois le vert immense, les bulles qui dévalent le petit torrent semblent rire et en trombe une Ferarri balaye ma pensée, incompatibilité d’humeur comme un couperet, mais le ciel se zèbre indifféremment du trajet des dieux, d’un pictogramme d’hirondelles en transit que de la sifflure d’un jet qui vu de loin me ramène au tracé zen de l’encre, se dissout en vapeur d’eau tandis que les résidus viennent obstruer le vide médian creuser l’ozone , l’atmosphère déchirée la terre hurle de douleur l’homme se tient face à l’indistinct et souffle des rimes de beauté au vide, le disant devient beauté en déséquilibre instable ,
est ce ainsi qu’il faut le dire?
ver le voir
septembre 29, 2008
( après une lecture de John Berger , la forme d’une poche, fage)
attentiste, il se promène et hume , lève le nez , sa démarche indique une danse que son esprit impulse en tangage , ou est ce le corps qui se soulève comme porté par des vagues , là de terre et d’air , une ligne souple trace la marche de lave quant obéissant au principe en fusion elle se frayait un passage au travers, coulant sur , réfractant le réel sous la chaleur , poussée , irréfrénable , c’est l’œil qui erre , libre on dirait bien mais finalement promène l’éclat à la rencontre , de , question , ce principe vaut il, y a t’il fusion entre cet incandescent et ce passage qui, forme , au contact cette ligne, mouvement en onde que l’air et la trace déchirent,
voir , sans doute c’est ce que l’oeil cherche à faire , c’est pour cela sans doute qu’il erre et qu’il est à la recherche, en point de rupture, de la rencontre,
il dévale la pente, se suspend aux brindilles soudain ce sont goutte, lychen et immensité, mouvement aléatoire comme celui d’un derviche qui à tourner s’étourdit, sans doute pli pour les yeux à la déflagration du tournoiement, seule issue, révoquant par l’interstice du visible qui empêche la vision ,
sans doute cette exigence de l’intérieur de l’oeil dévoile la question embuée,
secret rondonnant d’un souffle qui s’extirpe en rond, ronde bosse du son qui dévale le creux brûlé d’un tronc d’eucalyptus , et écho qui avance comme un fleuve va vers , espace en semence infinie, l’étendue est question impalpable , ou n’y a t’il que l’appel de la voix qui résonne
questions, l’oeil , la voix , le son se heurtent au vide qui solide dit le monde, nécessaire , nécessaire, l’oeil, la question est nécessaire, voir, cette insistance, même, à risquer dans l’empoignade du vide, qui finalement semble ce heurt, cette rencontre, cette alliance , ce passage qui agrippe de chose à chose, cela révèle cet arimage de l’absence, révèle la distance de points à point permet l’échange et trace à la manière d’un son, d’un trait qui scande, affirme. Dans cette brève incursion du voir, que le toucher en même à même ne cessait de pointer,
ces heurts comme les limites d’un corps qui accroche la plume sur le papier , rugueux l’arrête de la roche blesse la main qui sursauts, accrocs du réel, trébuchent ou raccourcis qui, silences en taisant se font signes , anicroches , cet arrêt, comme une mort , une blessure , un creux dans le terrain, une faille ou hausse de ton de par et d’autre, que l’on peut lire comme dièse, dissonance inévitable, ces tachent sont comme des crocs , des trous ou chute la chair, ces percés rappellent la vie et la disparition, l’absence, qui apparait, tangible dans cet amas qui effarement interpelle, giclure de sens à l’éveil de l’envers, que je nomme point, arrêt d’urgence comme ceux qui ponctuent l’ébène enveloppant le tout de sa nuit , étoiles ou chocs du visible , apparitions ou disparitions, disparate réel qui soudain dans un jeu du temps permet cet aller retour de la matière à l’éclat, insistant de la rencontre ,
comme un clash
cette révélation d’un être au monde , absurde parce que de deux bords , l’oeil le réclame , il lui doit de s’appartenir entièrement des deux cotés de la raillerie , car l’adéquation entre ce que l’oeil est forcé à , de manière tangible , sans conteste , narre ailleurs une légende inconnue, les sens et le sens qui se fait jour au clair du voir est toujours à la limite de l’effacement ,
le réel n’a pas de sens ,
et la pierre du jet ensanglante l’oiseau qui écorché dans sa vie git ; plaie du monde offerte à la mort, l’impulsion était mortelle et se soumet au sang , faut il le comprendre , avoir vu ce vol entre le ciel et gésir comme pierre et boue , le voir lui a dicté le viol , désir , se saisir , cette liberté qui est battement de l’aile bat dans les tempes et est semblable au battement des veines , à la course effrénée dans les bois , le saut par dessus le bosquet , et le plongeon dans la mer ; la crique d’eau et le criquet hurle déchire l’ordre
et intime cessation ,
serait ce manque, cette absence que l’esprit ressent si vivement , ce vide qui fait sens, il faut s’y résoudre , car le pas appelle le pas , et l’enchainement des choses non ordonnées mais nécessaires, et donc qui se succèdent , il ne s’agit pas de disparition uniquement , ou d’absence , de course haletante à la manière du cerf ,et des cornes qui sont arbres , pourquoi , il s’agit plus surement d’un halètement d’un surgissement hors de l’espace que l’on met tant de temps à percevoir , hors de ce qui ponctuent , les choses du réel , que l’on touche et qui nous limitent mais nous relient , nous sortent de l’obscurité de l’attente de l’oeil aux aguets , qui va reconnaitre et impulser ce jet à survivre, captation qui est comme ce pas qui élance la marche ,
hors de l’invocation de l’absence, feu désespéré d’une magie qui parce qu’elle a vue, cru voir, s’est habitué à se penser dans cette totalité , le temps qui fragmente vient détruire et déchirer, remettre en question ce qui tait dans l’esprit, cette union qui fut et donc est et se doit de reprendre ,
voir ,
hors de l’absence , se saisir de ce qui te dit vivant et empreint du monde.
comme
si voir
remettait en question l’absence et l’apparition , le réel s’aborde dans la rencontre et de là comble.
large horizon
septembre 29, 2008
Sans concession, magnifique de vérité, un peu désespéré, comme une errance, je retiens ces mots qui nous rappelle à notre condition et en même temps interrogent , car en effet la question de la beauté, du désir et donc de l’humain, est posé ;
La beauté, le large horizon, ce dit de devenir en désir, pour moi comme une voile aux vents dispensateurs, rappel que les muscle tendus du marin peuvent s’attendre à l’orage, à la tempête, qui, Poséidon, balayera le monde de la puissance, donnera au mot dévastation son sens fatal, retournera la beauté dans un réalisme implacable ,
mais cette dureté et la nécessité de continuer ne créent t’elles pas la nécessité aussi de la beauté; la coque renversée peut bien montrer l’immondice, l’envers ramènera l’esprit à l’éblouissement, magnifié par le blanc la voile, le trait de l’homme tracé dans l’avenir égale une dorure à l’or des Dieux;
n’est elle pas une partie de l’humain ,
même si le monde devait démentir ,
mais le peut il ?
Le monde en temps que monde n’existe t’il pas que pour nos yeux, n’est il pas une construction, une question de regard ? et s’il existe n’est il pas double , divers , au même titre que l’homme qui s’y immiscant , le crée, et si parfois notre regard prouve la beauté ,alors la beauté , aussi existe , dans tous les recoins du réel ; même les plus durs et difficile à cerner ,
(je lis J Berger et je m’en convainc) ,
mais il faut savoir la prendre à bras le corps et ne pas faire mentir, tout au moins se mentir, l’angélisme représentation de la résistance de l’homme n’est pas la beauté,
Pays réel débusqué,
sens profond de ce qui est, beauté dans sa vérité, les choses se révèle pour soi, encore que la notion de soi nous empoisonne, l’Orient comme le dit Coomaraswami , (de la transformation de la nature en art) et l’occident d’avant, ne s’y arrête pas, le dépasse, mais moi qui ne suis plus sûr de rien , qui n’est que mes yeux pour espérer, ce qui quelque part est voir, cherche des preuves du monde dans le geste , la vision et le fort intérieur,
m’assoir en forêt, au bord du ruisseau, y voir tout ce qui pourrit et lumière de ce qui, en paradoxe brille , or qui se déverse en moi et me rassure… ainsi commencent certaines des nouvelles de B. Axtaga , ou l’oiseau s’en va découvrir le monde et se trouve face à l’irréconciliable quelque part , dans cette vallée d’Obaba, au dessus, dans cette ile au dessus des montagne, dans la langue, se déroule en rêve, le dialogue fondateur, inquiet de la chaine qui permet le monde, cette nouvelle sur le plagiat ouvre les volets de l’etxe sur une vallée partagée , accessible;
mais pasteur, revenons à nos moutons,
expérience personnelle ou plus universelle , l’homme se retourne de l’envers à l’endroit et ne pense l’un sans l’autre , le monde ne lui permet pas,
et Erri de Luca dit “je connais la fatigue et le supplément d’effort qui l’efface”
je laisserai bien parler Erri , car ce qu’il dit résume ce que je voudrais dire et il faut laisser parler l’ancien , le porteur de ride , le relayeur de ce qui précède;
droit dans les yeux , le réel , j’ai l’impression m’affronte, me dit non tu en fais partie , ( vous en êtes un autre ) plante tes pieds sur la roche , retourne la coque et voit le monde quand il pourrit , laisse les traces parler de l’invisible au jeu du temps , et voit et rêve et ouvre les volets clos;
souffre de ces coups de fer qui limite les envolées, te ramène à la grille et lumière de l’oeil perfuse, t’enjoint malgré tout de ne pas oublier,
il faut parfois aller au fond des choses et s’en revenir , content d’avoir au moins compri que la question ne se posait pas , et de là …. ( comme dit le vieux poème …) ou autrement , se poser rassuré sur le banc aux vieux hochements de tête, rythmes , du jeune broussailleux aux pieds que la terre chaude par le voyage a corné,
se presser au chant , balance des deux revers
insatiables retours d’une beauté, l’illumination aveuglante cède rassurée , le bien-être restauré.
© L S, 2004
cf. John Berger, d’ici là , ed de l’olivier (entre autre)
Bernardo Axtaga , deux frères, Obabakoak, le fils de l’accordéonniste, ed. Ch. Bourgois
A. Coomaraswami, de la transformation de la nature en art, ed. l’age d’homme
Erri de luca, fragments, la pensée de midi N°5/6 littératures (et toute son oeuvre)
…et en guest star Voltaire et Candide, J du Bellay, Amadou Hampate Bâ, Homère, Bruce Chatwin, Georges Brassens, Michel Déon , les poneys sauvages pour le passage d’or de l’Ariel, et tous les autres habitants de ma bibliothèque qui de près ou de loin sont présent.
parcours
septembre 29, 2008
Parcours… une évolution en forme d’écriture, le trait se mêle aux traces qui nous précèdent et nous prolonge, donc,
Comme un cheminement en chant sur les sentiers, la terre, et l’homme se résout aux éléments, finalement se rejoint en foisonnement…
Le chemin de terre s’encre et de mot s’ouvre vers ce qui ne se laisse pas voir, qu’il croise à chaque pas.
Encre de chine, aquarelle, pigments, le roseau et le pinceau guide guide l’eau aux rides du papier, devient matière, trait, écriture… le poème s’emmêle à la peinture.
question que je me pose
ce que je tente d’exprimer en utilisant pour cela des couleurs , des mots , des phrases mais aussi
un ressenti et une culture , plus ou moins bien digérée , des bribes de choses qui m’ont touché , art, vie, insignifiance de l’oeil en route ;
Cette nourriture de l’esprit brille comme des étoiles lointaines, inaccessibles . ce luminaire peut aussi bien nous cacher à nous même quand nous tentons de donner forme au pressentiment ,
une forme qui soit de la poésie ou de l’art ,
l’envie de dire peut cacher la banalité et le regard en retour enseigne le chemin à parcourir , dans la brûme … il ait des maître de la parole , des être dans le corps est parole , toute la voix est arquebouté dans cette pliure de la parole , comme un trajet de flèche, comme on est chasseur,
comment devenir celui là ? faut il suivre le sentier des aux influences ? au contraire le chemin broussailleux est il gage de vérité, la sienne, au sortir des broussailles , des griffures de ronces , de l’usure des souliers , la parole a t’elle une forge ? est de plier si loin cette envie que le pas se fait ample et délié et saute par dessus les rochers comme un bouquetin ,
c’est être le geste lui même , mais seulement le sien et de bout en bout aboutit la maille de l’autrement , de l’avant et de l’après , seulement accessible à qui est en mouvement vers soi , et l’avant et l’après en bout de soi , à s’atteindre.
travailler à un dépouillement
attendre et travailler en silence
l’effort est il suffisant ou y faut il la science ? ,
le savoir , cette haute maitrise , sublimée par la révélation de ce qui adviendra au fil de la roue qui tourne dans l’écume du courant ,
C’est pourquoi tant de gens sur le marché de l’art que je trouve indigeste et stérile, un ou deux artistes parviendront à réinventer quelque chose et finiront par se satisfaire de savoir que la parole est en mouvement à l’ondulation de leur lèvre qui parle , , on en revient toujours à cela, évident quand la beauté se produit: elle est alors que l’effort ennuit , le labeur est poussif , il aurait fallu rester dans la pénombre , mais il faut se mettre en risque pour se racler la gorge du déchet et progresser rien d’autre que d’oser, dire , en avant et debout ,vers l’autre miroir de soi qui recevra le reflet …
faut il avancer en brisure , en lignes rompues , seul chemin qui permette de progresser , le doute , appelle la réponse qui est tentative ,
Dialogue avec soi , se satisfaire de la rigueur ultime, garante et gageure ,
les autres décideront si l’écoute vaut la peine ou se détourneront pressés vers des occupations pressées, le cheminement reste , peut être ….
je retrouve ce peu que le peintre est capable de fulgurer face au réel; cette rapidité instantanée où ’s’en réfléchir’ il zèbre le présent, en affirmation sur le fil, et cette autre attitude, très espagnole, oû il va plonger dans la densité de la matière, le tellurique, l’abstrait, l’indistinct, où il s’efforce de rapter le sens au hasard du réel , dans une présence écrasante,
Mais ma peinture a besoin d’une autre dimenssion : “habiter”
Le geste, en écriture, comme une parole, comme une danse, comme une voix qui vient dire ce que le ventre renferme de potentialité affective, je ressens , tout cela m’habite quand je te vois …
La prégnance du corps va se faire poussée pour exprimer dans le lâcher la tension qu’il y a à être, à exprimer les artères, les muscles du vivre,
En avant vers ,
Comme dirait Guillen , le corps va devenir expression en mouvement , geste-rût , la peinture comme la trace du vivre,
Est ce suffisant ?
Peut on rendre compte du vivant et de la présence uniquement libérant le corps en équilibre entre les forces du monde, cherche à s’immiscer en symphonie du vivre,
il ait besoin de mélodie, l’articulé doit parvenir à se faire chant,
La lumière va amener l’expression, comme le lieu de l’homme qui s’inscrit,espace et lumière sont liés même s’ils ne se résolve pas l’un à l’autre ; le peintre que je tente d’être admet la confusion, ou du moins la grande difficulté à piétiner le sol et l’amener à l’expression ;
Saturation et dépouillement comme chez Rhothko, Soulages ou Tal Coat, trois de mes peintres phare,
L’espace se résoud bien en surface ou lumière, rayonnement de couleur, espace et lumière, l’un révélant l’autre,Le travail sur la forme n’exclut pas le vide, mais l’exige, l’espace, ( Barbara Hepworth/Moore , Chillida ) ;
la couleur et densité, brutalité de la lumière et de l’espace,
comment se marquent ce vide ou la lumière s’inclue dans “la vie” de l’espace.Pour celui qui en fait l’expérience et ne peut donc en être détaché, l’espace est vécu comme un milieu qui ne peut prendre forme que dans le geste qui agit (marcel Jousse) celui qui cherche à prendre place au milieu de tout cela,
participer, en mouvement puisqu’il y a reconnaissance et position, mouvement, durée et expansion.
non plus vue d’une étendue mais plutôt vie d’une étendue dont je participe de manière multiple, on s”éloigne dès lors de tous les impressionismes possibles pour concevoir et reconstruire l’espace le nommer domaine du vivant,
un peintre comme Rafols Casamada, participe de cette vision;Une autre de mes influences majeures est l’aquarelliste américain John Marin qui, s’il est encore lié à l’impressionisme ( je veux dire par la qu’il est dans cette posture où le peintre agit la lumière qui lui parvient pour la restituer sans tenter de transformer les notions comme celle de l’espace…) se lance dans une gestuelle dynamique qui agit l’espace , y projette le trait comme une danse ,assez angulaire dans son cas , la couleur en est le présupposé, la lumière devient mouvement relayant entre statisme et dynamisme,
La lumière, vouée à la couleur ne laisse qu’apercevoir , est la condition de son avènement et la réalise .
La découverte de Tal Coat et la lecture passionnée de Henri Maldiney propulsent ma réflexion sur le sujet, complexité énorme ( Maldiney : “aux déserts que l’histoire accable” ; “être et existence”, “ouvrir le rien” )
un des points communs entre Tal Coat et John Marin est la référence à l’art oriental , en particulier Tang pour TC ; je partage bien sùr cette fascination de longue date et ma peinture n’est pas séparable d’une tentative de trouver un langage pictural qui soit aussi écriture,
l’écriture est donc au centre de ma vision artistique,

je retrouve ce peu que le peintre est capable de fulgurer face au réel; cette rapidité instantanée où ’s’en réfléchir’ il zèbre le présent, en affirmation sur le fil, et cette autre attitude, très espagnole, oû il va plonger dans la densité de la matière, le tellurique, l’abstrait, l’indistinct, où il s’efforce de rapter le sens au hasard du réel , dans une présence écrasante,
Mais ma peinture a besoin d’une autre dimenssion : “habiter”
Le geste, en écriture, comme une parole, comme une danse, comme une voix qui vient dire ce que le ventre renferme de potentialité affective, je ressens , tout cela m’habite quand je te vois …
La prégnance du corps va se faire poussée pour exprimer dans le lâcher la tension qu’il y a à être, à exprimer les artères, les muscles du vivre,
En avant vers ,
Comme dirait Guillen , le corps va devenir expression en mouvement , geste-rût , la peinture comme la trace du vivre,
Est ce suffisant ?
Peut on rendre compte du vivant et de la présence uniquement libérant le corps en équilibre entre les forces du monde, cherche à s’immiscer en symphonie du vivre,
il ait besoin de mélodie, l’articulé doit parvenir à se faire chant,
route
La peinture n’est pas faite pour être comprise mais tente de montrer, faire ressentir l’endroit, le moment de la vie de cet homme qui rejoint l’universel dans ce sens profond qui nous échappe, réunit l’espace d’un instant la contradiction et le mystère , comme une vue ouverte,
un appel qui suggère quelque chose , quoi? pour moi , je peints comme ça , non dans la représentation et la pensée des choses mais dans l’invocation , l’appel de ce qui s’ouvre , qui surgit des profondeurs de soi , qui témoigne d’un être au monde ,
nourrit de toute une réflexion au préalable ,
enfin je peignais
car il y a un moment ou ça ne suffit plus
ou bien la volonté se remet en marche , s’éveille à ce que LUI veut vraiment ,
ce ressenti en avant vers l’autre, sortir de la prison personnelle, ouvrir vers le partage , le cheminement et l’enracinement,
jusque là ma peinture avait les échos d’un chant , qui sortirait de la gorge-main – poumon-bras -souffle- corps-stridence- impulsion- étoffe-geste – torse-désir,
moment, dense, coloré, rhythmé, sombre, concentré ,
comme un fado ou une complainte ,
un chant de voix surgi des entrailles
une terre traverse du corps
des réminiscences des voix berbères, profondes, semblant traverser le corps en puisant aux pieds ancrés et rejoidre les étoiles, brodures indiennes comme une danse des doigts tactile et plat cosmique en épices, lignes mélodiques charnelles et entrelacées comme une invite au banquet des voix slaves … saxo déchirant ,
chez un beñat achiary porteur de l’antique voix basque , donnée en partage à l’expérience de vivre , de la présence, témoignage de la traversée de l’être,
le corps est il seulement ce lieu clos ou bien aussi cet endroit de l’être où il advient quelque chose in-attendu , en avant de soi vers l’espace du soudainement possible, senbs de la danse ou le geste incarne la guirlande “du pétillement ” de l’espace et du temps, à quoi l’homme donne forme, rend palpable, ainsi s’exprimerait Marcel Jousse dans l’”anthropologie du geste”,
pleinement geste qui relie ,
en aller vers ,
moment ou la vie s’enfle de tout le pressenti ,
magnifique pressentiment par quoi tout commence dit Peter Brook,
une incarnation
vraie… , sortie de l’abstraction , hors de la distance de la représentation , geste de la pensée où affleure toutes les pensée, la contradiction résolue dans le geste capable de contenir dans son temps l’alpha et l’oméga, pris ensemble dans la simple existence immédiate
matière et impulsion
direction et désir , épaisseur et impalpable
ou alors peut être un point de départ , starting block d’une énergie à vivre , impulsion qui résume le vivre et envoi en tournoi
énergie qui saisi l’homme qui peint et transmet à la feuille le vivre,
l’art dont je veux parler est acte , permettra ou empèchera en chemin,
l’homme en tout cas ne peut se suffire de ce geste, de la voix ample, comme un chemin qui s’ouvre aux jambes, frémissent des muscles qui impulsent l’inédit du présent, le trajet,
bonjour patrick ,
oui ,
en ce qui concerne ma peinture , en ai-je une , je suis d’accord avec vous , la recherche , les traces , la fatigue, la révolte poétique , mais aussi le désir de liberté , l’invention d’un langage ou son rêve ,
d’ailleurs je ne peints plus beaucoup, tout ce que vous voyez est assez vieux , car cela est très prenant de créer en peinture , de se façonner en peinture , ou en écriture , mais qui sait le but poursuivi par l’expression, n’est il pas aussi de répondre à quelques questions au sphinx et de franchir le ravin sur une poutrelle instable , il me serait aisé de calquer un style ou de suivre une voix (e) c’est à l’invisible que je m’adresse et cela est difficile , évidemment , d’ou la pause prélude à la mue nécessaire sans doute pour aller plus loin , car l’acte artistique s’il doit exister doit être exigeant et résumer, se faire passerelle de mythe à soi , à moins que l’on choisisse l’artisanat, le travail des jours , sagesse sans doute , le reflet de l’homme témoigne de l’homme , il est ainsi fait , et est preuve de sa présence , trace peut être , mais il peut être preuve de la trace ce qui serait plus juste ,
Certes il faudrait s’y mettre et mettre toute les forces de mon coté et devenir peintre réellement ! sans doute , le blog et la vitesse d’un instant peint sont tout ce que je peux dire pour l’instant ,
la mue dira si l’effort parviendra à la forme dans cette matière là , car c’est une réponse à l’existence.
pour l’instant je ne quitte pas la question, le dialogue avec ceux rencontrés, l’influx du pressentiment, quelques trouées dans la matière et la lumière , désert d’errance, un long voyage d’apprentissage qui peut être renforcera la corne des pieds et donneront envie aux mains d’inventer.




