effacer
septembre 29, 2008
Violences d’effacer, certes pas ce que mon geste peignant impulsait, en tous les cas de façon consciente, non je pense que c’est le monde qui est en plein effort de réponse à lui même et s’augmente, s’ouvre , non il y a de la conquête, il s’épand , est en expansion et instaure l’harmonie,
est il visage ? je me souvient avoir dit que le visage d’un Botticelli était un monde en soi, un cosmos que l’on ramène a tort au visage , mais l’être humain peut il faire autrement que de ramener au visage? le monde peint ou dit est il forcément une métaphore de l’homme et l’humain se ramène t’il au visage. ne peut on y voir un dialogue ; la présence à soi et de là accessible, le monde qui s’offre, les deux mêlés car ils se font face et sont peut être indissociables, en complémentarité, l’un seulement étant capable de voir l’autre! et de se laisser aller à ce rêve, miroir de lui même en mouvement, comme la mouvance des lumières lorsque les nuages passent, subtil échange sans que l’un veuille prendre le pas sur l’autre ! se regarder en miroir c’est se voir avec les yeux du monde, le monde lui ne s’octroie pas un regard il file le long du temps qui lui même ne se laisse pas arrêter.
Un entre mémoire et avenir, un embryon ? cela me fait penser que le vide serait absence de forme , ce qui chez moi , de façon consciente n’est pas dans ma pensée, il s’agit plutôt de lignes de force qui gagne sur le non encore , le présent dans son mouvement ,
cela correspond t’il à une structure mentale embryonnaire chez moi , incomplète, peut être, mais la forme complète telle que l’occident renaissant l’a exprimé ne me touche absolument pas , ce monde fini, capté n’a aucune résonance en moi , il me faut de l’espace, une conquête, des signes d’une appartenance et une mouvance nomade, et tant d’autre chose,
un texte sur la peinture que m’a envoyé N m’a surprit, cette peinture européenne ne m’apporte que si je porte un regard d’étranger, que si je vois chez Vélasquez un espace des rouges, une cosmogonie immense de couleurs et de forces à l’œuvre, retombé, je tourne la page ,
Vermeer, pareil, un grand abstrait façon Rothko , lire les pages qu’a écrit Maldiney à ce sujet,
mais évidemment on ne se voit pas et c’est peut être ce qui se joue dans ma peinture, peut être la peinture ne peut elle témoigner que d’un regard, et le regard est il autre chose qu’un être au monde, sauf à tomber dans la convention , ce qui est pour moi sans intéret.
s’agit il du monde avant la création ?
non il s’agit de la création ,
la création parce que celui qui peint s’autorise un regard grand ouvert sur ce qui s’offre à lui, il ne connait pas de borne que la pensée encage, il tente de voir , avec tout ce que cela impliqie, le regard porte, et les sens sont en éveil en état de dialogue, la nature, la vibration de l’air tout ce qui le fait homme , c’est de cela qu’il entend témoigner, comme s’il saisissait une flute ou se mettait à chanter, le ressenti et le geste qui répond, la pensée n’a pas commencé ou elle s”‘est arrêté le temps d’une pause car c’est le geste et le moment qui sont intense
il ne s’arrête à rien , la création oeuvre , c’est ce moment de partage , de recueil , d’élancement de soi vers ,
ce qui importe c’est qu’il se sent vivant , il a besoin de la dire , il est seul et les autres regards ne viennent pas le contredire dans cet instant , imposer des limites , il est seul et ressent intensément,
c’est de cet élan, qui plus tard de questionnements en périls affutera ce qu’être humain résout, en forme
mais dans ce foisonnement et cette échappée il n’y a pas de monde qui tienne, ni avant ni après, ni monde , l’immersion est dans les sens et la pensée trace , improbable une ligne à travers des brousailles, des taches qui sont des points, des roucoulement et des suées, ricanement d’oiseau, chiures de mouches , tout indistinct est dans l’os , relie le passé au présent, sans doute pressent , mais s’élance en fuite éperdue l’espace et l’instant compressé, une ligne fuse et l’encre éclabousse, le point rythme, la couleur accorde et fusionne ,
liberté de l’en-soi à l’espace , l’ouvert de l’insaisissable recommencement
où tout se mêle ,
je récuse l’idée d’un art qui aurait des comptes à rendre , l’art pour moi est le lieu ou ce qui est humain s’exprime , s’imprime , tout cela doit tenir debout, cela peut aussi être transitoire , éphémère, instable comme une passerelle , passage qui permet la progression , et questionnement sans fin, garant de la vérité intime et de la continuité du chemin , ainsi la seule importance de la forme est de garantir l’équilibre même si le geste parfois s’incursionne dans le déséquilibre,
la création peut bien se trouver au détour du chemin, se jouer de l’improbable et éclater dans l’inattendu , suggérer des souffles et questionner
LS 2007
la trace de l’encre , le sillon du burin , les pattes tachetées ou mouchetées viennent impulser un rythme , impulser ? témoigner ? révéler ? je préfère penser au dialogue et au répons, le monde est il autre chose, lorsque l’on observe ce qui est de manière plus scientifique ? structure rythme souffle et devenir, mouvement et progression,
l’homo europeanus scrute et codifie ce qu’il voit de loin , en restant extérieur à ce qu’il voit , gage de vérité ? d’où la question , mais qu’est ce que tu vois ? au lieu de poser la question mais qu’est ce que le voir ?
on est loin de ce qui a construit le figuratif en Europe, même si les première base de l’humanité européenne étaient elles aussi figurative mais d’une autre façon, plutot participative, quelqu’un comme Miqué Barcelo y participe encore.
de nombreux peintres le long du vingtième siècle se sont posés la question, certain y ont répondu sans trop s’éloigner du constructivisme européen (), d’autre ont pris d’autres “théorèmes” pour développer leur peindre au monde, la chine, l’Afrique et les civilisations premières, les arts aborigènes, indiens etc. à partir du moment ou le doute s’est immiscé dans le voir les peintres ont pris les chemins et ont réexplorés le réel, à commencer par leur propre ressenti, le réel commence là par leur être au monde, racine de la sensation et de l’élaboration d’une présence et de son expression,
le “dit” peut alors se déployer,
innombrables, multiples facettes de l’être humain en perpétuel devenir, c’est de cela qu’il est question,
comment ? c’est en effilant le dire, le peindre, le penser et le vivre que l’être humain va tenter de redéfinir sa place, de façon plus juste,
ceci d’autant plus que la violence du monde, que la poussée de la civilisation se fera plus forte, que l’écart dans l’expérience humaine portera à la question, de façon multiple et un peu partout ;
mais cette poussée inéluctable du monde transformera de fond en comble le lien qui nous unit, l’évidence est rompue, la question est partout et pousse sans arrêts, confrontation, hybridation, refus et destruction, regard porté sur les expériences autres, captation et errances, Édouard Glissant en parlant de tout-monde résume bien l’immense question qui se fait chemin rampant en nous, Frankétienne déplie les ailes de l’oiseau schizophone, Jousse émet la possibilité du mimisme, les modernes étudient la structure du vivant qui se mêle en reflet trompeur aux nouvelles organisations systémiques tandis que d’autres jouent à démêler l’écheveau des question et inventent une nouvelle forme d’écrire,
le monde perd de sa légitimité et de son évidence, tout est signe comme au premier jour, l’alphabet se reconstruit pendant que se retisse une posture,
assis sous l’arbre à contempler les graviers et les crottes des ramiers, les cosses vides et les brindilles sèches, je pense à la poussière imperturbable qui recouvre les rocher et je perçois le vert immense, les bulles qui dévalent le petit torrent semblent rire et en trombe une Ferarri balaye ma pensée, incompatibilité d’humeur comme un couperet, mais le ciel se zèbre indifféremment du trajet des dieux, d’un pictogramme d’hirondelles en transit que de la sifflure d’un jet qui vu de loin me ramène au tracé zen de l’encre, se dissout en vapeur d’eau tandis que les résidus viennent obstruer le vide médian creuser l’ozone , l’atmosphère déchirée la terre hurle de douleur l’homme se tient face à l’indistinct et souffle des rimes de beauté au vide, le disant devient beauté en déséquilibre instable ,
est ce ainsi qu’il faut le dire?
ver le voir
septembre 29, 2008
( après une lecture de John Berger , la forme d’une poche, fage)
attentiste, il se promène et hume , lève le nez , sa démarche indique une danse que son esprit impulse en tangage , ou est ce le corps qui se soulève comme porté par des vagues , là de terre et d’air , une ligne souple trace la marche de lave quant obéissant au principe en fusion elle se frayait un passage au travers, coulant sur , réfractant le réel sous la chaleur , poussée , irréfrénable , c’est l’œil qui erre , libre on dirait bien mais finalement promène l’éclat à la rencontre , de , question , ce principe vaut il, y a t’il fusion entre cet incandescent et ce passage qui, forme , au contact cette ligne, mouvement en onde que l’air et la trace déchirent,
voir , sans doute c’est ce que l’oeil cherche à faire , c’est pour cela sans doute qu’il erre et qu’il est à la recherche, en point de rupture, de la rencontre,
il dévale la pente, se suspend aux brindilles soudain ce sont goutte, lychen et immensité, mouvement aléatoire comme celui d’un derviche qui à tourner s’étourdit, sans doute pli pour les yeux à la déflagration du tournoiement, seule issue, révoquant par l’interstice du visible qui empêche la vision ,
sans doute cette exigence de l’intérieur de l’oeil dévoile la question embuée,
secret rondonnant d’un souffle qui s’extirpe en rond, ronde bosse du son qui dévale le creux brûlé d’un tronc d’eucalyptus , et écho qui avance comme un fleuve va vers , espace en semence infinie, l’étendue est question impalpable , ou n’y a t’il que l’appel de la voix qui résonne
questions, l’oeil , la voix , le son se heurtent au vide qui solide dit le monde, nécessaire , nécessaire, l’oeil, la question est nécessaire, voir, cette insistance, même, à risquer dans l’empoignade du vide, qui finalement semble ce heurt, cette rencontre, cette alliance , ce passage qui agrippe de chose à chose, cela révèle cet arimage de l’absence, révèle la distance de points à point permet l’échange et trace à la manière d’un son, d’un trait qui scande, affirme. Dans cette brève incursion du voir, que le toucher en même à même ne cessait de pointer,
ces heurts comme les limites d’un corps qui accroche la plume sur le papier , rugueux l’arrête de la roche blesse la main qui sursauts, accrocs du réel, trébuchent ou raccourcis qui, silences en taisant se font signes , anicroches , cet arrêt, comme une mort , une blessure , un creux dans le terrain, une faille ou hausse de ton de par et d’autre, que l’on peut lire comme dièse, dissonance inévitable, ces tachent sont comme des crocs , des trous ou chute la chair, ces percés rappellent la vie et la disparition, l’absence, qui apparait, tangible dans cet amas qui effarement interpelle, giclure de sens à l’éveil de l’envers, que je nomme point, arrêt d’urgence comme ceux qui ponctuent l’ébène enveloppant le tout de sa nuit , étoiles ou chocs du visible , apparitions ou disparitions, disparate réel qui soudain dans un jeu du temps permet cet aller retour de la matière à l’éclat, insistant de la rencontre ,
comme un clash
cette révélation d’un être au monde , absurde parce que de deux bords , l’oeil le réclame , il lui doit de s’appartenir entièrement des deux cotés de la raillerie , car l’adéquation entre ce que l’oeil est forcé à , de manière tangible , sans conteste , narre ailleurs une légende inconnue, les sens et le sens qui se fait jour au clair du voir est toujours à la limite de l’effacement ,
le réel n’a pas de sens ,
et la pierre du jet ensanglante l’oiseau qui écorché dans sa vie git ; plaie du monde offerte à la mort, l’impulsion était mortelle et se soumet au sang , faut il le comprendre , avoir vu ce vol entre le ciel et gésir comme pierre et boue , le voir lui a dicté le viol , désir , se saisir , cette liberté qui est battement de l’aile bat dans les tempes et est semblable au battement des veines , à la course effrénée dans les bois , le saut par dessus le bosquet , et le plongeon dans la mer ; la crique d’eau et le criquet hurle déchire l’ordre
et intime cessation ,
serait ce manque, cette absence que l’esprit ressent si vivement , ce vide qui fait sens, il faut s’y résoudre , car le pas appelle le pas , et l’enchainement des choses non ordonnées mais nécessaires, et donc qui se succèdent , il ne s’agit pas de disparition uniquement , ou d’absence , de course haletante à la manière du cerf ,et des cornes qui sont arbres , pourquoi , il s’agit plus surement d’un halètement d’un surgissement hors de l’espace que l’on met tant de temps à percevoir , hors de ce qui ponctuent , les choses du réel , que l’on touche et qui nous limitent mais nous relient , nous sortent de l’obscurité de l’attente de l’oeil aux aguets , qui va reconnaitre et impulser ce jet à survivre, captation qui est comme ce pas qui élance la marche ,
hors de l’invocation de l’absence, feu désespéré d’une magie qui parce qu’elle a vue, cru voir, s’est habitué à se penser dans cette totalité , le temps qui fragmente vient détruire et déchirer, remettre en question ce qui tait dans l’esprit, cette union qui fut et donc est et se doit de reprendre ,
voir ,
hors de l’absence , se saisir de ce qui te dit vivant et empreint du monde.
comme
si voir
remettait en question l’absence et l’apparition , le réel s’aborde dans la rencontre et de là comble.
Jaabi
septembre 29, 2008
http://www.myspace.com/jaabster
antipodes, pas des chénopodes … non l’ami de l’ile Leleuva s’entretient du monde avec son kingfisher et son troupeau de snakes , tortugas etc ….. il est venu dire bonjour, il peint la nature et se laisse traverser par les énergies de la terre, du ciel, de la mer, des animaux,des humains, ses frères,dans le respect et et une sorte d’ascèse généreuse, simplement , je crois parce qu’il désire être en accord avec la vie , le monde et son moi profond qui lui dicte la poésie, “l’artistre”, car c’est un mode de pensée , de vie , d’exister,
il suffit de le rencontrer pour que cela devienne évident , une sorte de joie pleine, chanter, peindre, être là, dans le respect et le partage, à l’image de cette tradition des îles du pacifique, où le kava, cette boisson de paix, passe de main en main , est bue, offerte en partage et scelle la fraternité des hommes ; j’ai été tout de suite fervent de cette boisson qui réunit dans les choses de la terre les plus simples, une racine pilée, de l’eau et surtout la ferveur que l’homme met à “communier” cet accord fondamental auquel il faut revenir sans cesse pour que la concorde subsiste.
La même chose est présente dans sa peinture; le tapa, sur lequel il peint est une fabrication traditionnelle des fijis, une sorte de papier à base d’écorce et feuilles fabriqué par les femmes, sa texture est un rappel à la terre et aux fruits qu’elle porte , un pinceau fruit tombé d’un arbre lui sert à transmettre au tapa des lignes-couleurs trace des pigments récoltés, ramassés plutôt , une peau de la terre de son ile, ou d’une des îles voisines, car comme le rappelle Le Clézio dans “raga” le pacifique est le continent de l’eau, on y voyage donc beaucoup, en pirogue, par voie d’eau ; la rencontre est essentielle même si la solitude ilienne à écouter le souffle et le rythme de l’eau , de la terre, de la forêt et des animaux , les voisins
si simple ,
invisible peace , photo de Jaabi
tellement simple que l’on ne sait plus le faire, quelques berger de mes montagnes, d’autres encore, ailleurs ; Il peint , il se laisse traverser par ce grand souffle de la nature , à l’écoute de la simplicité d’être, du dépouillement et d’une vérité, d’une sagesse aussi, la parcimonie est préférable à l’excès, étouffoir de la spontanéité, de la parole dans ce qu’elle à de sacré, l’Europe quand il y vient, est trop loin de ce calme et il nous l’apporte , avec une chanson et quelques fruits , quelques accords de sa guitare qui suffisent à la sérénité ;
il fait partie de cette grande communauté d’artistes, d’hommes, habitants de l’océan , peuples de l’eau dirait edouard Glissant, défenseur de cette créativité qui s’en tient à la beauté témoin de la vie,
De l’eau à la grande terre , l’Afrique, et je pense au sénégal , pays que le grand historien Raoul Lonis , son père, à célébré et rejoint à l’université de Dakar, et l’on pense à tous les Hampaté, Sotigui, Djibril Diop Mambety, Ken Bugul, tannella Boni et théodore l’ami, qui de Dakar au cap ont maintenus la langue pour que l’afrique reste symbole et lieu ou l’espace accorde l’homme comme me le disait un sénégalais, il y a peu, étonné d’en trouver si peu chez nous , ce pourrait être l’Australie, la noire, la rouge et profonde que même les blancs de là-bas ne savent éviter, même à vouloir la détruire, la nier …
Mais son regard ne tombe jamais dans la récrimination mais se contente de l’affirmation d’une vérité autre, et je pense au mahatma Ghandi, le vivre avec sagesse et simplicité comme ce personnage du griot joué par sotigui kouyaté, sourd à la vérité imposée parce qu’il veut que la sienne existe et se dise, survive et vive .
J’y vois tout cela nimbé d’une paix incarné dans le geste de la terre sur le tapa , volontairement retenu et libéré de l’apparence des choses pour en laisser surgir l’essence, le sentiment c’est à dire l’accord ,
Tel est cette ‘vibe’ qui me par vient et que je partage dans ce lieu de vacarme que sont nos villes où le silence a peine à pousser ,
il rit, il deviendra baobab ….
il est le frère…
peinture de jaabi
et sans oublier mes copains des terres , les koalas ! mais c’est une autre histoire ….
Sean Scully
septembre 29, 2008
la peinture sans effet de forme ni de style est plate, le peintre applique

pas si simple car elle peut vibrer ou est ce l’oeil , qui sous les paupières entrevoit
laisse paraitre la magie de la terre de l’air du vent de cette irlande qui se trame évidente
et le trouble embourbe et dévoile ce que l’oeil avait de tout temps à l’esprit
quand la photo s’en mêle :
© sean Scully/gallerie Lelong
la pirogue et l’atoll
septembre 29, 2008
salut oh l’ami parti vers ton atoll merveilleux , le soleil et la beauté la mer en guirlande en parure à ces beau peuples d’humain qui comprennent ce qu’est la parole et la font circuler dans une bula! vinaka ! au bon gout de paix
oh peuple des îles , je te suis et m’embarque à la suite de tous ces poètes sur la boudeuse , son capitaine Patrice Franceschi est le porte voix d’ édouart Glissant, le grand homme, ma plus forte influence à ce jour, je touche aux rives de “raga” avec jean marie le Clézio et à celles de l’île de Pâque et c’est un éblouissement ,
et ce sont toutes ces voix de ce continent invisible , les paroles sagaies de ces peuples de l’eau ; le grand bol des montagnes entourées de sables rives de l’eau , de ces terres magnétiques qui comme un chant pacifique me remplissent de kava éternel ; à souhaiter la paix comme une promesse
ces éléments vers lesquels j’accoste …. l’air, la mer, la terre , le feu, l’arbre, la feuille , ; l’animal, la racine, le fruit, le souffle chaud, le corail…
et le kava,
cette racine de pepper pilée m’infuse le bonheur d’être en réunion , le respect de la vie et le temps fusion , cet accord essentiel qui vient guérir des maux de la discorde , et c’est en parole, en mots , en image en main levé que célèbre le vertige du bon être que je me fond à ce goùt de nature, terre, mer , sol, lave, seve ,
la seule valeur que je reconnaisse encore , et que j’aime à partager avec les amis ….
autour en cercle de main en main
tous ces mots reprennent le sens dans la simplicité du partage ,
les mots ouvrent vers l’autre et installent une parole ,
gage de ce que j’apporte avec moi ,
en offrande ,
en présence ,
que l’invite de l’inspire se fasse entendre ,
que mes voile se gonflent en accord tendu vers ces vents qui me dévoilent
Bula my tau!
Chaleur bienfaisante qui réveille et endort la moelle décharnée, enchante les moeurs déplorées, les mines délurées
oh l’ ILE LELEUVA , lagune ou lacune?
qui touche à cette île , peut s’allonger sur ce sable, cheminer parmis les sentiers qui grimpent la forêt, gambader sur les places à danse et barboter dans les eaux transparentes de ma rive , la main te tend le kava en signe de partage et de paix , mes mots et mes images forge la parole te parlent d’un monde qui s’offre , que tu ne connais pas , encore , ou dont tu as entendu parler , ces minutes partagées dans la convivialité de l’accueil , laisse s’en une trace d’un signe de tête ou une pointe du menton suivant que ton départ s’impatiente ou au contraire chagrine …
VINAKA VAKA LEVU ! ! !
jean Capdeville
septembre 29, 2008
“livre d’artiste, un auteur chante , je danse autours”
(jean capdeville , peintre)
quand j’ai lu ses mots ce fut un éblouissement ,
il y avait le chant et la danse deux mots tronc pour moi ,
et cette façon de le dire , si simple , si totale comme une évidence ,
quel grand peintre ! libre ,
libre car fidèle à ce qu’il sait être et qu’il creuse , creuse ,
et la force, la force de la terre , la force des roche , le sang , le son sourd , total , la résonnance ,
le refus de renoncer à ce qui s’instille
sang hématite la terre le corps se sait et s’élance le corps le tout ,
les deux pieds rieurs tiennent à cet aimant
” la peinture, les peintures toujours cette plaque noire, symbole et témoignage d’un attachement mortel cassé en deux ,, la guerre – que je tente de ressouder dans la limpidité, la chaleur du possible – jean”
parcours
septembre 29, 2008
Parcours… une évolution en forme d’écriture, le trait se mêle aux traces qui nous précèdent et nous prolonge, donc,
Comme un cheminement en chant sur les sentiers, la terre, et l’homme se résout aux éléments, finalement se rejoint en foisonnement…
Le chemin de terre s’encre et de mot s’ouvre vers ce qui ne se laisse pas voir, qu’il croise à chaque pas.
Encre de chine, aquarelle, pigments, le roseau et le pinceau guide guide l’eau aux rides du papier, devient matière, trait, écriture… le poème s’emmêle à la peinture.
question que je me pose
ce que je tente d’exprimer en utilisant pour cela des couleurs , des mots , des phrases mais aussi
un ressenti et une culture , plus ou moins bien digérée , des bribes de choses qui m’ont touché , art, vie, insignifiance de l’oeil en route ;
Cette nourriture de l’esprit brille comme des étoiles lointaines, inaccessibles . ce luminaire peut aussi bien nous cacher à nous même quand nous tentons de donner forme au pressentiment ,
une forme qui soit de la poésie ou de l’art ,
l’envie de dire peut cacher la banalité et le regard en retour enseigne le chemin à parcourir , dans la brûme … il ait des maître de la parole , des être dans le corps est parole , toute la voix est arquebouté dans cette pliure de la parole , comme un trajet de flèche, comme on est chasseur,
comment devenir celui là ? faut il suivre le sentier des aux influences ? au contraire le chemin broussailleux est il gage de vérité, la sienne, au sortir des broussailles , des griffures de ronces , de l’usure des souliers , la parole a t’elle une forge ? est de plier si loin cette envie que le pas se fait ample et délié et saute par dessus les rochers comme un bouquetin ,
c’est être le geste lui même , mais seulement le sien et de bout en bout aboutit la maille de l’autrement , de l’avant et de l’après , seulement accessible à qui est en mouvement vers soi , et l’avant et l’après en bout de soi , à s’atteindre.
travailler à un dépouillement
attendre et travailler en silence
l’effort est il suffisant ou y faut il la science ? ,
le savoir , cette haute maitrise , sublimée par la révélation de ce qui adviendra au fil de la roue qui tourne dans l’écume du courant ,
C’est pourquoi tant de gens sur le marché de l’art que je trouve indigeste et stérile, un ou deux artistes parviendront à réinventer quelque chose et finiront par se satisfaire de savoir que la parole est en mouvement à l’ondulation de leur lèvre qui parle , , on en revient toujours à cela, évident quand la beauté se produit: elle est alors que l’effort ennuit , le labeur est poussif , il aurait fallu rester dans la pénombre , mais il faut se mettre en risque pour se racler la gorge du déchet et progresser rien d’autre que d’oser, dire , en avant et debout ,vers l’autre miroir de soi qui recevra le reflet …
faut il avancer en brisure , en lignes rompues , seul chemin qui permette de progresser , le doute , appelle la réponse qui est tentative ,
Dialogue avec soi , se satisfaire de la rigueur ultime, garante et gageure ,
les autres décideront si l’écoute vaut la peine ou se détourneront pressés vers des occupations pressées, le cheminement reste , peut être ….
je retrouve ce peu que le peintre est capable de fulgurer face au réel; cette rapidité instantanée où ’s’en réfléchir’ il zèbre le présent, en affirmation sur le fil, et cette autre attitude, très espagnole, oû il va plonger dans la densité de la matière, le tellurique, l’abstrait, l’indistinct, où il s’efforce de rapter le sens au hasard du réel , dans une présence écrasante,
Mais ma peinture a besoin d’une autre dimenssion : “habiter”
Le geste, en écriture, comme une parole, comme une danse, comme une voix qui vient dire ce que le ventre renferme de potentialité affective, je ressens , tout cela m’habite quand je te vois …
La prégnance du corps va se faire poussée pour exprimer dans le lâcher la tension qu’il y a à être, à exprimer les artères, les muscles du vivre,
En avant vers ,
Comme dirait Guillen , le corps va devenir expression en mouvement , geste-rût , la peinture comme la trace du vivre,
Est ce suffisant ?
Peut on rendre compte du vivant et de la présence uniquement libérant le corps en équilibre entre les forces du monde, cherche à s’immiscer en symphonie du vivre,
il ait besoin de mélodie, l’articulé doit parvenir à se faire chant,
La lumière va amener l’expression, comme le lieu de l’homme qui s’inscrit,espace et lumière sont liés même s’ils ne se résolve pas l’un à l’autre ; le peintre que je tente d’être admet la confusion, ou du moins la grande difficulté à piétiner le sol et l’amener à l’expression ;
Saturation et dépouillement comme chez Rhothko, Soulages ou Tal Coat, trois de mes peintres phare,
L’espace se résoud bien en surface ou lumière, rayonnement de couleur, espace et lumière, l’un révélant l’autre,Le travail sur la forme n’exclut pas le vide, mais l’exige, l’espace, ( Barbara Hepworth/Moore , Chillida ) ;
la couleur et densité, brutalité de la lumière et de l’espace,
comment se marquent ce vide ou la lumière s’inclue dans “la vie” de l’espace.Pour celui qui en fait l’expérience et ne peut donc en être détaché, l’espace est vécu comme un milieu qui ne peut prendre forme que dans le geste qui agit (marcel Jousse) celui qui cherche à prendre place au milieu de tout cela,
participer, en mouvement puisqu’il y a reconnaissance et position, mouvement, durée et expansion.
non plus vue d’une étendue mais plutôt vie d’une étendue dont je participe de manière multiple, on s”éloigne dès lors de tous les impressionismes possibles pour concevoir et reconstruire l’espace le nommer domaine du vivant,
un peintre comme Rafols Casamada, participe de cette vision;Une autre de mes influences majeures est l’aquarelliste américain John Marin qui, s’il est encore lié à l’impressionisme ( je veux dire par la qu’il est dans cette posture où le peintre agit la lumière qui lui parvient pour la restituer sans tenter de transformer les notions comme celle de l’espace…) se lance dans une gestuelle dynamique qui agit l’espace , y projette le trait comme une danse ,assez angulaire dans son cas , la couleur en est le présupposé, la lumière devient mouvement relayant entre statisme et dynamisme,
La lumière, vouée à la couleur ne laisse qu’apercevoir , est la condition de son avènement et la réalise .
La découverte de Tal Coat et la lecture passionnée de Henri Maldiney propulsent ma réflexion sur le sujet, complexité énorme ( Maldiney : “aux déserts que l’histoire accable” ; “être et existence”, “ouvrir le rien” )
un des points communs entre Tal Coat et John Marin est la référence à l’art oriental , en particulier Tang pour TC ; je partage bien sùr cette fascination de longue date et ma peinture n’est pas séparable d’une tentative de trouver un langage pictural qui soit aussi écriture,
l’écriture est donc au centre de ma vision artistique,

je retrouve ce peu que le peintre est capable de fulgurer face au réel; cette rapidité instantanée où ’s’en réfléchir’ il zèbre le présent, en affirmation sur le fil, et cette autre attitude, très espagnole, oû il va plonger dans la densité de la matière, le tellurique, l’abstrait, l’indistinct, où il s’efforce de rapter le sens au hasard du réel , dans une présence écrasante,
Mais ma peinture a besoin d’une autre dimenssion : “habiter”
Le geste, en écriture, comme une parole, comme une danse, comme une voix qui vient dire ce que le ventre renferme de potentialité affective, je ressens , tout cela m’habite quand je te vois …
La prégnance du corps va se faire poussée pour exprimer dans le lâcher la tension qu’il y a à être, à exprimer les artères, les muscles du vivre,
En avant vers ,
Comme dirait Guillen , le corps va devenir expression en mouvement , geste-rût , la peinture comme la trace du vivre,
Est ce suffisant ?
Peut on rendre compte du vivant et de la présence uniquement libérant le corps en équilibre entre les forces du monde, cherche à s’immiscer en symphonie du vivre,
il ait besoin de mélodie, l’articulé doit parvenir à se faire chant,
route
La peinture n’est pas faite pour être comprise mais tente de montrer, faire ressentir l’endroit, le moment de la vie de cet homme qui rejoint l’universel dans ce sens profond qui nous échappe, réunit l’espace d’un instant la contradiction et le mystère , comme une vue ouverte,
un appel qui suggère quelque chose , quoi? pour moi , je peints comme ça , non dans la représentation et la pensée des choses mais dans l’invocation , l’appel de ce qui s’ouvre , qui surgit des profondeurs de soi , qui témoigne d’un être au monde ,
nourrit de toute une réflexion au préalable ,
enfin je peignais
car il y a un moment ou ça ne suffit plus
ou bien la volonté se remet en marche , s’éveille à ce que LUI veut vraiment ,
ce ressenti en avant vers l’autre, sortir de la prison personnelle, ouvrir vers le partage , le cheminement et l’enracinement,
jusque là ma peinture avait les échos d’un chant , qui sortirait de la gorge-main – poumon-bras -souffle- corps-stridence- impulsion- étoffe-geste – torse-désir,
moment, dense, coloré, rhythmé, sombre, concentré ,
comme un fado ou une complainte ,
un chant de voix surgi des entrailles
une terre traverse du corps
des réminiscences des voix berbères, profondes, semblant traverser le corps en puisant aux pieds ancrés et rejoidre les étoiles, brodures indiennes comme une danse des doigts tactile et plat cosmique en épices, lignes mélodiques charnelles et entrelacées comme une invite au banquet des voix slaves … saxo déchirant ,
chez un beñat achiary porteur de l’antique voix basque , donnée en partage à l’expérience de vivre , de la présence, témoignage de la traversée de l’être,
le corps est il seulement ce lieu clos ou bien aussi cet endroit de l’être où il advient quelque chose in-attendu , en avant de soi vers l’espace du soudainement possible, senbs de la danse ou le geste incarne la guirlande “du pétillement ” de l’espace et du temps, à quoi l’homme donne forme, rend palpable, ainsi s’exprimerait Marcel Jousse dans l’”anthropologie du geste”,
pleinement geste qui relie ,
en aller vers ,
moment ou la vie s’enfle de tout le pressenti ,
magnifique pressentiment par quoi tout commence dit Peter Brook,
une incarnation
vraie… , sortie de l’abstraction , hors de la distance de la représentation , geste de la pensée où affleure toutes les pensée, la contradiction résolue dans le geste capable de contenir dans son temps l’alpha et l’oméga, pris ensemble dans la simple existence immédiate
matière et impulsion
direction et désir , épaisseur et impalpable
ou alors peut être un point de départ , starting block d’une énergie à vivre , impulsion qui résume le vivre et envoi en tournoi
énergie qui saisi l’homme qui peint et transmet à la feuille le vivre,
l’art dont je veux parler est acte , permettra ou empèchera en chemin,
l’homme en tout cas ne peut se suffire de ce geste, de la voix ample, comme un chemin qui s’ouvre aux jambes, frémissent des muscles qui impulsent l’inédit du présent, le trajet,
bonjour patrick ,
oui ,
en ce qui concerne ma peinture , en ai-je une , je suis d’accord avec vous , la recherche , les traces , la fatigue, la révolte poétique , mais aussi le désir de liberté , l’invention d’un langage ou son rêve ,
d’ailleurs je ne peints plus beaucoup, tout ce que vous voyez est assez vieux , car cela est très prenant de créer en peinture , de se façonner en peinture , ou en écriture , mais qui sait le but poursuivi par l’expression, n’est il pas aussi de répondre à quelques questions au sphinx et de franchir le ravin sur une poutrelle instable , il me serait aisé de calquer un style ou de suivre une voix (e) c’est à l’invisible que je m’adresse et cela est difficile , évidemment , d’ou la pause prélude à la mue nécessaire sans doute pour aller plus loin , car l’acte artistique s’il doit exister doit être exigeant et résumer, se faire passerelle de mythe à soi , à moins que l’on choisisse l’artisanat, le travail des jours , sagesse sans doute , le reflet de l’homme témoigne de l’homme , il est ainsi fait , et est preuve de sa présence , trace peut être , mais il peut être preuve de la trace ce qui serait plus juste ,
Certes il faudrait s’y mettre et mettre toute les forces de mon coté et devenir peintre réellement ! sans doute , le blog et la vitesse d’un instant peint sont tout ce que je peux dire pour l’instant ,
la mue dira si l’effort parviendra à la forme dans cette matière là , car c’est une réponse à l’existence.
pour l’instant je ne quitte pas la question, le dialogue avec ceux rencontrés, l’influx du pressentiment, quelques trouées dans la matière et la lumière , désert d’errance, un long voyage d’apprentissage qui peut être renforcera la corne des pieds et donneront envie aux mains d’inventer.













