l’humain veille
octobre 10, 2008
Moi pour qui le Nobel était le dernier prix dont je tenais compte, … somme toute, le choix de Le Clézio cadre bien avec l’époque , un époque qui n’en pense pas moins, et ne voudrait pas que l’on pense que certains ont quelque chose à dire,
des livres-monde, des pensées-monde existent , il faudrait faire comme si tous obéissaient à la voix muette qui déclare que la tristesse, l’abandon est de mise, comme si l’invasion inhumaine de ce monde vide était acquise, sans retour, l’ordre règne et les humains se taisent , ils sont vaincus-d’accord, la langue est blême et il n’y a qu’à énumérer les listes qui s’offrent à l’oeil , le réel splendide, est chose conclue,
toute velléité de changement , d’engagement , de regard sur le monde qui soit vraiment une voix est évacué,
la rive d’où ne peut partir la voix est blanche, grise dirait l’ami , reflet non-couleur de machinerie déguisée en non-être et l’humain dégrisé est gris; la rive est encartée en immeubles et autoroutes, barres de réel ; l’horizon s’offre mais se retire, à temps
ce sont ces voix , qui entrevoient, passées de l’autre coté qui se permettent de dire , dire alors qu’il faudrit acquiescer,
il y aurait pu avoir Edouard Glissant, même carlos Fuentes, celui de Christophe et son oeuf, Terra nostra, l’oranger etc. ,mais l’écrivain a été détruit par l’épidémie nord-américaine qui a ravagé le Mexique , il s’est retrouvé à ne plus avoir de voix dans un monde schizophrène, il eut fallut perdre de sa superbe et crier ; car le monde est à l’agonie , car les humains sont pétrifiés, car l’horreur de la guerre et la pauvreté, cette absence d’arc en ciel menace pour le plaisir et l’égoisme d’une poignée, squelettes morbides et esclaves de la richesse décharnée, poignée de sans-soleil , crachats de sans-souffle, grains d’hommes désintégrés et assèchés, c’est cela qu’il faudrait dire en prenant la parole , égarée, c’est cela et plus , plus car c’est la vie , lhomme la femme qui continuent à vivre réinventent et font échec , repoussent de la décharge, crient plus fort que l’illusion est repoussée, refusée , la mémoire contient le monde dans les strates et le cri, la parole qui pousse diffuse l’énergie du vivant dans le mot qui fraye son chemin , en rive en archipel en chair , en acte d’amour qui repousse la mort,
c’est le jardin sauvage , l’oeil qui poudroit , escampette et perlimpimpin , piment, brin de pluie dans le désert, biologie improbable qui défit l’OGM , et l’humain qui croit;
deux mots sur la pauvreté , c’est l’affamie , c’est l’agonie la bouche pleine des mouches qui viennent retirer ce que l’humain ne peut manger , concurrence infamante , manger, la pauvreté c’est aussi de se croire pauvre aussi , c’est pourquoi l’arc en ciel se meure, et est riche celui qui se croit, se sait , est riche , de soi de l’autre et de la vie, relation prélude à l’en-deux et de là les milles , la richesse commence là ; à danser (rue Félix Faure, Ken Bugul, Hebecke) à humer l’aube dans la connivence
Le clézio
la rêverie d’un monde, d’un homme que son histoire a placé à la confluence, regardant vivre cette part de lui qu’il ne peut pleinement être, il s’y situe toutefois, donne voix à ces humains qui lui sont frères, qu’il a apprit à aimer sans se sentir pour autant lui, tout en restant accroché à la carcasse du vieux monde ,ces personages de fait sont déclassés, éxilés, en partance, en rève , en déshéritance, ou est ce déshérence, une distance écartelée entre l’ici subit, l’ici oû je suis mais doont le vide est perçu et l’ailleurs , le là dont le pouvoir de rêve et de vérité est éclatant , au sens propre puisque c’est d’éclatement dont il s’agit, une douleur qui délave les frontières à l’intérieur de soi ,
finalement la figure de l’exilé, seul porte le rêve et l’aperçu d’une vie autre, d’un soi autre qu’il faudrait rattraper, qui ne peut être que bancal ,
comment résoudre cette contradiction, cette doublure, cette multiplicité à l’oeuvre dans un seul être, qui la somme de tous ces être, verbe transitif , être dans la personisation induit l’incarnation, et la chair faite de ces strates qui continuent à vivre et à ouvrir des pans de vie, d’héritages inconcevable , oui on en advient vite à un livre comme “tout-monde” , le monde entier est en moi et je ne sais en rendre compte, le visage et l’ensemble semblent ne pas donner corps à ce que je vis ; je me vois en miroir dans l’autre , et ma peauest d’un blanc qui me voit noir, bleu , rouge , on ne saitt plus ,
or le lieu, décide, le tout-monde” est bien à l’oeuvre dans ce lieu mais l’équation se soumet à la prépondérance, et se voir ne peut que signifier, départ; l’identité a du mal à ce concevoir multiple , je se voit en exil , je se voit exil , difractation, transe du quotidien , reflet mensonger car le monde , la synchronie nie , ment ;
le monde est bien multiple mais cet éclatement est bien faille , le je multiple est ramené au plus simple dénominateur commun, commun , n’y aurait il que le commun , le singulier n’est il pas un pluriel comme un port tisse les apports,
le lieu décide du singulier, du présent , c’est ce que l’on nomme réel , sans doute , ce grand réel auquel on ne peut se résoudre , c’est par lui que l’occident se trouve pourfendu , la décolonisation ne s’effectue pas , pas même en moi qui ramène des rivages le sang nouveau qui bat aux tempe , une autre couleur de peau que mon pigment injecte , aux minutes , aux temps , aux lieux que je veux multicolores,
l’unité n’est plus qu’une illusion levée, dont je ne veux pas , je me sais multiple mais le monde décidé redevient ce un , honni car il est aussi terrible tyrannie, acceptance d’une violence et impossibilité du grand vivre ,
ces blessures infligées à tous les uns dans les guerres, les esclavages, les déportations, dans cette grande marée de l’histoire les peuples et cette lente gestation dans la matrice combinatoire, cette longue marche des peuple qui de différents en sont arrivés à pouvoir être vus, concevables car pris dans la grand chaine déportatoire, ultime négation qui de l’autre , du lointain parvient à faire le proche, le même qu’alors on porte en soi aussi , la relation établie il faut alors la faire levé , se considérer levain de tous ces ailleurs en moi , faire échec au lieu qui unifit, qui maintient cette prépotence si loin d’une entente possible hors du lieu de l’anéantissement , aliénation dans le multiple par la présence d’évanouissante de la matrice ,
c’est bien de la négation bétonnière à l’oeuvre dans le divers, c’est bien de l’échec de l’héritage possible , symbiose rhyzome , lointain regard porté au proche, l’ici du réel impose la tyranie,
il faut donc fuir,
fuir avec obstination à chaque fois qu’aperçu vers cette lumière immanentes aux ailleurs même aux plus proches de soi, entrevu dans l’autre, les ailleurs mes iles; l’ici me répulse, pulsation de rejet et mouvement vers l’en delà qui me contient ,
accueillir , l’ile, l’archipel , chapelet de lumière , faille dans le compact qui établit la nécessité même à la limite de la déflagration , d’envisager , de se soumettre en immense copulant vers ce réel inattendu, inassouvi et uniquement entrevu , partage , ligne d’eau , ligne de terre , rayon vert , humain bleu dans l’étirement,
accueillir ce lieu qui à l’horizon permet l’enracinement , échos de tous ces chants dans un voix qui à nouveau s’élève, multiple,
en échec au lieu unique,
danse réjouissante à chaque pas en direction vers ,
l’ailleurs est havre , le divers est lieu, l’étranger ne cré plus cette déflagration dans l’unique, dans le lieu subit , dans ce là indubitable
ici le lieu est soumit dans la permanence du doute ,
même si
et puis la grande balafre qui en déflagration vient détruire celui même qui veut régner , cette grande destruction au sein même de l’être que l’occident ne peut s’empècher de s’infliger , lui qui ne peut que se détruire dans son fol refus de soi , est ce pour cela que je ne peux qu’être ailleurs en moi , m’augmenter de l’autre comme une antidote, à la destruction , à moi destructeur, il s’agirait peut être d’aimer ce différent et de fait le devenir , faire échec au lieu qui situe , tue ,
tout en restant accroché à la carcasse du vieux monde , comme une acceptation de l’impuissance c’est la solitude de l’écrivain coupé de la vitalité , de la joie d’exister , du face à face avec la vie , le Clézio sait que la vérité est sur l’autre rive , l’humain vu, su , qu’il voit mais qui ne se sait plus, se cherche dans une projection aveugle, l’ailleurs est rivé à ce qu’on en voit, la défaite, les cent défaites de toutes les défaites semble plus parfaites que l’étincelle , que la mémoire portée en rive, que les strates en bandoulière , chapelet de graine au toucher comme s’il fallait les couver des doigts pour les faire naître, revivre , re-en-vivre, c’est cette félure les volets clos puisqu’il n’y a que ça, le songe de la folie en mots pour réinventer , fable de ce qui est vmais qu’on sait de source extérieure ne pas être,
dérive de l’im-pensé, immersion dans le son , l’acrobatie rieuse de ce qui s’enclos dans la guirlande de mots sans queue, qui veulent pourtant dire que l’ici quand je le voudrait c’est à voir , c’est sans doute aussi que l’obtus, bien que tyran ne voit pas , il ne l’a jamais vu , il l’a laissé croitre, , il l’a laissé vivre cette parabole qui disait son absence à lui l’omni-potent , l’omni contre l’homme , l’homme est toujours de là ou l’on parle , mais parler c’est déparler , ou bién l’inverse , stratégies de résistance, lui qui croit en ce qui est , il oubli qe ce qui est c’est ce qui trouve place dans le mot articulé, ce souffle d’air de chair, pulpe rouge et sang de rêve, in-attendu
oui, vous l’avez remarqué , tout ces in- quelque chose, ces négation laisse parler ce qui est à partir de ce qui ne peut être , un point de départ insensé qui se situe dans le non pour dire le oui , le vécu à venir, en germe dans le rire émitté , la parole histoire, histoire, la parole volet clos de l’criture, cette déchirure dans le vivre libère ces vagues de sens insensé parce que non encore là , pour autant non dans le réel , le mot joue à cache cache , il l’a toujours fait , de l’antique aux stratégies des esclaves qui riaient de voir la parole se survivre, l’esprit est un jardin contradictoire, tête tuberculeuse, et fleur épineuses , on ne sait plus , sait cela que c’est , ou l’oinverse , on ne sait plus et la langue invariée est crue folle; elle se le doit pour încursionner les mots et les formes de sens retenus , et la danse enchainée et les crocs de l’énergie fraternelle
l’intention y est , on se berce d’un horizon de brume solaire, mais cela ne fait pas un Nobel , il y faut plus ; le Nobel et quelque soit son nom ; ce prix qui en est vraiment un et témoigne de l’importance de la littérature comme force vive , se doit de résister aux sirènes , ce prix n’est pas un prix , c’est un étendard de l’humanité en miroir ,
rappeler que la littérature c’est l’homme à vif ;
rappeler la résistance et la nécessité de dire la lumière dan le trou noir , un phare;
Ce monde crépusculaire qui a tout balayé dans l’inhumanité , se doit de payer , des voix se doivent de dire qu’il n’est rien de tel , que l’humain veille ;
c’est cela que j’attends et non et non une rêverie et encore moins une pépinière de pousses transgéniques issues de l’université , prêt à penser narcissique alors qu’il faudrait de la création quand rien ne va plus ( voir l’article de Tanella Boni sur “écrire en Afrique) duvet sur le sol du monde tel que nous le savons, les écrivains qui se publient n’ajoute rien d’autre qu’un satisfecit , qui le justifie en en étant le rejeton, un discours opiniation en bonnet d’âne , j’aime les ânes mais ceux qui sont opiniâtres,
non ,
écrire, lire, c’est le baobab fou , , cet arbre qui comme le fou est le seul sur le quel la pensée peut s’appuyer; les Paroles sont entre les écorces et la terre en frémit , elle les entend ressasser , et le fou est cela qui réellement parle , dont la parole est importante ;
être contemporain (giorgio Agamben , rivages poche) n’est pas ce que l’on croit , ce n’est pas être remous dans l’immensité de l’époque, c’est en être l’obscurité de la lumière,
c’est déroger ,
c’est dire l’urgence à être , c’est le chemin qi s’ouvre dans l’invisible alors qu’il n’y avait pas de chemin , croyait on ,
le monde comme on le rêve , cette parole que l’on rapporte , c’est bien , mais ce n’est pas suffisant,
Il y faut plus ,
pour nous pour que nous continuions à croire à l’importance de lire , comme à un secret propagé de main en main à l’oeil, à l’acte à l’être ; le puits dans la terre sèche c’est cela dire: rien à lire que ce qui se cache , rien à lire que d’éveillé;
© L S ouistiti 2005
parcours
septembre 29, 2008
Parcours… une évolution en forme d’écriture, le trait se mêle aux traces qui nous précèdent et nous prolonge, donc,
Comme un cheminement en chant sur les sentiers, la terre, et l’homme se résout aux éléments, finalement se rejoint en foisonnement…
Le chemin de terre s’encre et de mot s’ouvre vers ce qui ne se laisse pas voir, qu’il croise à chaque pas.
Encre de chine, aquarelle, pigments, le roseau et le pinceau guide guide l’eau aux rides du papier, devient matière, trait, écriture… le poème s’emmêle à la peinture.
question que je me pose
ce que je tente d’exprimer en utilisant pour cela des couleurs , des mots , des phrases mais aussi
un ressenti et une culture , plus ou moins bien digérée , des bribes de choses qui m’ont touché , art, vie, insignifiance de l’oeil en route ;
Cette nourriture de l’esprit brille comme des étoiles lointaines, inaccessibles . ce luminaire peut aussi bien nous cacher à nous même quand nous tentons de donner forme au pressentiment ,
une forme qui soit de la poésie ou de l’art ,
l’envie de dire peut cacher la banalité et le regard en retour enseigne le chemin à parcourir , dans la brûme … il ait des maître de la parole , des être dans le corps est parole , toute la voix est arquebouté dans cette pliure de la parole , comme un trajet de flèche, comme on est chasseur,
comment devenir celui là ? faut il suivre le sentier des aux influences ? au contraire le chemin broussailleux est il gage de vérité, la sienne, au sortir des broussailles , des griffures de ronces , de l’usure des souliers , la parole a t’elle une forge ? est de plier si loin cette envie que le pas se fait ample et délié et saute par dessus les rochers comme un bouquetin ,
c’est être le geste lui même , mais seulement le sien et de bout en bout aboutit la maille de l’autrement , de l’avant et de l’après , seulement accessible à qui est en mouvement vers soi , et l’avant et l’après en bout de soi , à s’atteindre.
travailler à un dépouillement
attendre et travailler en silence
l’effort est il suffisant ou y faut il la science ? ,
le savoir , cette haute maitrise , sublimée par la révélation de ce qui adviendra au fil de la roue qui tourne dans l’écume du courant ,
C’est pourquoi tant de gens sur le marché de l’art que je trouve indigeste et stérile, un ou deux artistes parviendront à réinventer quelque chose et finiront par se satisfaire de savoir que la parole est en mouvement à l’ondulation de leur lèvre qui parle , , on en revient toujours à cela, évident quand la beauté se produit: elle est alors que l’effort ennuit , le labeur est poussif , il aurait fallu rester dans la pénombre , mais il faut se mettre en risque pour se racler la gorge du déchet et progresser rien d’autre que d’oser, dire , en avant et debout ,vers l’autre miroir de soi qui recevra le reflet …
faut il avancer en brisure , en lignes rompues , seul chemin qui permette de progresser , le doute , appelle la réponse qui est tentative ,
Dialogue avec soi , se satisfaire de la rigueur ultime, garante et gageure ,
les autres décideront si l’écoute vaut la peine ou se détourneront pressés vers des occupations pressées, le cheminement reste , peut être ….
je retrouve ce peu que le peintre est capable de fulgurer face au réel; cette rapidité instantanée où ’s’en réfléchir’ il zèbre le présent, en affirmation sur le fil, et cette autre attitude, très espagnole, oû il va plonger dans la densité de la matière, le tellurique, l’abstrait, l’indistinct, où il s’efforce de rapter le sens au hasard du réel , dans une présence écrasante,
Mais ma peinture a besoin d’une autre dimenssion : “habiter”
Le geste, en écriture, comme une parole, comme une danse, comme une voix qui vient dire ce que le ventre renferme de potentialité affective, je ressens , tout cela m’habite quand je te vois …
La prégnance du corps va se faire poussée pour exprimer dans le lâcher la tension qu’il y a à être, à exprimer les artères, les muscles du vivre,
En avant vers ,
Comme dirait Guillen , le corps va devenir expression en mouvement , geste-rût , la peinture comme la trace du vivre,
Est ce suffisant ?
Peut on rendre compte du vivant et de la présence uniquement libérant le corps en équilibre entre les forces du monde, cherche à s’immiscer en symphonie du vivre,
il ait besoin de mélodie, l’articulé doit parvenir à se faire chant,
La lumière va amener l’expression, comme le lieu de l’homme qui s’inscrit,espace et lumière sont liés même s’ils ne se résolve pas l’un à l’autre ; le peintre que je tente d’être admet la confusion, ou du moins la grande difficulté à piétiner le sol et l’amener à l’expression ;
Saturation et dépouillement comme chez Rhothko, Soulages ou Tal Coat, trois de mes peintres phare,
L’espace se résoud bien en surface ou lumière, rayonnement de couleur, espace et lumière, l’un révélant l’autre,Le travail sur la forme n’exclut pas le vide, mais l’exige, l’espace, ( Barbara Hepworth/Moore , Chillida ) ;
la couleur et densité, brutalité de la lumière et de l’espace,
comment se marquent ce vide ou la lumière s’inclue dans “la vie” de l’espace.Pour celui qui en fait l’expérience et ne peut donc en être détaché, l’espace est vécu comme un milieu qui ne peut prendre forme que dans le geste qui agit (marcel Jousse) celui qui cherche à prendre place au milieu de tout cela,
participer, en mouvement puisqu’il y a reconnaissance et position, mouvement, durée et expansion.
non plus vue d’une étendue mais plutôt vie d’une étendue dont je participe de manière multiple, on s”éloigne dès lors de tous les impressionismes possibles pour concevoir et reconstruire l’espace le nommer domaine du vivant,
un peintre comme Rafols Casamada, participe de cette vision;Une autre de mes influences majeures est l’aquarelliste américain John Marin qui, s’il est encore lié à l’impressionisme ( je veux dire par la qu’il est dans cette posture où le peintre agit la lumière qui lui parvient pour la restituer sans tenter de transformer les notions comme celle de l’espace…) se lance dans une gestuelle dynamique qui agit l’espace , y projette le trait comme une danse ,assez angulaire dans son cas , la couleur en est le présupposé, la lumière devient mouvement relayant entre statisme et dynamisme,
La lumière, vouée à la couleur ne laisse qu’apercevoir , est la condition de son avènement et la réalise .
La découverte de Tal Coat et la lecture passionnée de Henri Maldiney propulsent ma réflexion sur le sujet, complexité énorme ( Maldiney : “aux déserts que l’histoire accable” ; “être et existence”, “ouvrir le rien” )
un des points communs entre Tal Coat et John Marin est la référence à l’art oriental , en particulier Tang pour TC ; je partage bien sùr cette fascination de longue date et ma peinture n’est pas séparable d’une tentative de trouver un langage pictural qui soit aussi écriture,
l’écriture est donc au centre de ma vision artistique,

je retrouve ce peu que le peintre est capable de fulgurer face au réel; cette rapidité instantanée où ’s’en réfléchir’ il zèbre le présent, en affirmation sur le fil, et cette autre attitude, très espagnole, oû il va plonger dans la densité de la matière, le tellurique, l’abstrait, l’indistinct, où il s’efforce de rapter le sens au hasard du réel , dans une présence écrasante,
Mais ma peinture a besoin d’une autre dimenssion : “habiter”
Le geste, en écriture, comme une parole, comme une danse, comme une voix qui vient dire ce que le ventre renferme de potentialité affective, je ressens , tout cela m’habite quand je te vois …
La prégnance du corps va se faire poussée pour exprimer dans le lâcher la tension qu’il y a à être, à exprimer les artères, les muscles du vivre,
En avant vers ,
Comme dirait Guillen , le corps va devenir expression en mouvement , geste-rût , la peinture comme la trace du vivre,
Est ce suffisant ?
Peut on rendre compte du vivant et de la présence uniquement libérant le corps en équilibre entre les forces du monde, cherche à s’immiscer en symphonie du vivre,
il ait besoin de mélodie, l’articulé doit parvenir à se faire chant,
route
La peinture n’est pas faite pour être comprise mais tente de montrer, faire ressentir l’endroit, le moment de la vie de cet homme qui rejoint l’universel dans ce sens profond qui nous échappe, réunit l’espace d’un instant la contradiction et le mystère , comme une vue ouverte,
un appel qui suggère quelque chose , quoi? pour moi , je peints comme ça , non dans la représentation et la pensée des choses mais dans l’invocation , l’appel de ce qui s’ouvre , qui surgit des profondeurs de soi , qui témoigne d’un être au monde ,
nourrit de toute une réflexion au préalable ,
enfin je peignais
car il y a un moment ou ça ne suffit plus
ou bien la volonté se remet en marche , s’éveille à ce que LUI veut vraiment ,
ce ressenti en avant vers l’autre, sortir de la prison personnelle, ouvrir vers le partage , le cheminement et l’enracinement,
jusque là ma peinture avait les échos d’un chant , qui sortirait de la gorge-main – poumon-bras -souffle- corps-stridence- impulsion- étoffe-geste – torse-désir,
moment, dense, coloré, rhythmé, sombre, concentré ,
comme un fado ou une complainte ,
un chant de voix surgi des entrailles
une terre traverse du corps
des réminiscences des voix berbères, profondes, semblant traverser le corps en puisant aux pieds ancrés et rejoidre les étoiles, brodures indiennes comme une danse des doigts tactile et plat cosmique en épices, lignes mélodiques charnelles et entrelacées comme une invite au banquet des voix slaves … saxo déchirant ,
chez un beñat achiary porteur de l’antique voix basque , donnée en partage à l’expérience de vivre , de la présence, témoignage de la traversée de l’être,
le corps est il seulement ce lieu clos ou bien aussi cet endroit de l’être où il advient quelque chose in-attendu , en avant de soi vers l’espace du soudainement possible, senbs de la danse ou le geste incarne la guirlande “du pétillement ” de l’espace et du temps, à quoi l’homme donne forme, rend palpable, ainsi s’exprimerait Marcel Jousse dans l’”anthropologie du geste”,
pleinement geste qui relie ,
en aller vers ,
moment ou la vie s’enfle de tout le pressenti ,
magnifique pressentiment par quoi tout commence dit Peter Brook,
une incarnation
vraie… , sortie de l’abstraction , hors de la distance de la représentation , geste de la pensée où affleure toutes les pensée, la contradiction résolue dans le geste capable de contenir dans son temps l’alpha et l’oméga, pris ensemble dans la simple existence immédiate
matière et impulsion
direction et désir , épaisseur et impalpable
ou alors peut être un point de départ , starting block d’une énergie à vivre , impulsion qui résume le vivre et envoi en tournoi
énergie qui saisi l’homme qui peint et transmet à la feuille le vivre,
l’art dont je veux parler est acte , permettra ou empèchera en chemin,
l’homme en tout cas ne peut se suffire de ce geste, de la voix ample, comme un chemin qui s’ouvre aux jambes, frémissent des muscles qui impulsent l’inédit du présent, le trajet,
bonjour patrick ,
oui ,
en ce qui concerne ma peinture , en ai-je une , je suis d’accord avec vous , la recherche , les traces , la fatigue, la révolte poétique , mais aussi le désir de liberté , l’invention d’un langage ou son rêve ,
d’ailleurs je ne peints plus beaucoup, tout ce que vous voyez est assez vieux , car cela est très prenant de créer en peinture , de se façonner en peinture , ou en écriture , mais qui sait le but poursuivi par l’expression, n’est il pas aussi de répondre à quelques questions au sphinx et de franchir le ravin sur une poutrelle instable , il me serait aisé de calquer un style ou de suivre une voix (e) c’est à l’invisible que je m’adresse et cela est difficile , évidemment , d’ou la pause prélude à la mue nécessaire sans doute pour aller plus loin , car l’acte artistique s’il doit exister doit être exigeant et résumer, se faire passerelle de mythe à soi , à moins que l’on choisisse l’artisanat, le travail des jours , sagesse sans doute , le reflet de l’homme témoigne de l’homme , il est ainsi fait , et est preuve de sa présence , trace peut être , mais il peut être preuve de la trace ce qui serait plus juste ,
Certes il faudrait s’y mettre et mettre toute les forces de mon coté et devenir peintre réellement ! sans doute , le blog et la vitesse d’un instant peint sont tout ce que je peux dire pour l’instant ,
la mue dira si l’effort parviendra à la forme dans cette matière là , car c’est une réponse à l’existence.
pour l’instant je ne quitte pas la question, le dialogue avec ceux rencontrés, l’influx du pressentiment, quelques trouées dans la matière et la lumière , désert d’errance, un long voyage d’apprentissage qui peut être renforcera la corne des pieds et donneront envie aux mains d’inventer.



