bamako, la cour

septembre 29, 2008

Bamako

!à voir absolument ces quelques quatre vérités assenées à la logique occidentale,
divertissante (!!!), divertissement genre star AC , la photo le ferait croire
en guest star : l’Afrique , Aminata Traore, et le FMI , de quoi se tordre de rire effectivement…

Bamako , un procès où les accusés sont les grandes instances internationales , le FMI, la banque mondiale….le procès se tient dans une concession , une sorte d’arrière cour, le procès se tient dans l’intimité sociale, l’afrique à domicile en minuscule et l’on voit les gens allez et venir, la vie quotidienne se refléte dans les visages, l’Afrique est au cœur des débats, comme une peau, le grand vécu sur les traits et les postures, les vies qu’une mince paroi ni un contrôle policier ne parviennent à dissimuler ni filtrer, le temps est le grand invité, la sagesse ancestrale et le chapelet de la vie, va et vient de l’être humain et présence immobile ne sont pas invités à la barre, mais elles semblent diriger les débats d’une voix muette, cette voix prendra de plus en plus d’ampleur parce qu’elle est tout simplement a cœur de tout; Tout rappelle le débat central et si la robe de loi est occidentale, l’africain ne peut se voiler longtemps , la banque mondiale ne peut qu’être condamnée parce que cela est inéluctable , la  décision se lit dans les vie comme une réparation nécessaire pour que la vie reprenne son cours et dérive de la violence urbaine, des sacrifices  des générations, guerres ou émigrations assassines,le futur est mandé à la barre et avec lui l’utopie dans le lieu de la parole ,

on y retrouve le juge et des avocats , des témoins , dont une prestigieuse Aminata Dramane Traore , auteure entre autre de: « l’étau » , l’afrique dans un monde sans frontières “, ancienne ministre de la culture , femme d’entreprise qui place la culture comme centre à l’entreprise et pense que l’Afrique loin d’être pauvre est trop riche de sa culture , d’autres, comme ce professeur veut penser un monde africain qui échappe à l’occident, les instances internationales se défendent , se succèdent à la barre les témoins qui refuseront de parler ou appelleront la grande antique parole africaine , véritable personnage, n’est ce pas l’Afrique elle même cette parole à l’existence surnaturelle,

l’Afrique , chez elle dans sa cour, amusée ou outrée de se travestir prend la parole , contre celle imposée de l’occident, elle retrouve sa logique propre et défie la pensée occidentale , le professeur d’économie politique dit que non , l’Afrique n’a pas besoin de banque, Aminata parle de paupérisation plutot que de pauvreté, une épouse exhorte un mari à quitter cet habit qui ne sera jamais le sien, une femme si belle se drape dans le noir d’un silence inexorable mais inflexible, un avocat blanc nous dit l’inévitable dans un réquisitoire enthousiaste et  juste, l’histoire ne peut que condamner ce manque d’humanité, inexcusable, l’occident régnant est coupable, qu’il cesse d’être le maître!

mais ce procès est encore le témoin d’une occupation occidentale , dans la rue ceux qui attendent , vivent , sont indifférents , meurent , vont travailler et se préparent à l’exil , ces visages , ces corps qui s’imposent de manière silencieuse comme étant irrémédiablement là , au delà des discours et des concepts, des jugements , ces hommes et ces femmes sont l’Afrique , le reste est mascarade,

qu’est ce donc que ce mot l’”Afrique”? dans ce mot le dessin danse la ligne , sculpte la forme comme un mot résonne de parfums , de couleurs , de sensations qui finalement incarne la chose , la chose nommée prend existence , l’identité ! je me souviens d’Alphonse Tiérou, du nom africain, de waati,  du masque, deuxième visage mensuration de l’être, Ce nom porté comme l’empreinte d’une mère, peut être si vieille qu’elle en parait impotente, out of date, dépassée, mais qui inlassable rappelle l’évidence au cordon, terre du monde, terres des homme, la dette est impayable, “l’unpagable” d’Amériqe latine, la dette est à remettre à la mater-terre, à l’humain-mère, impayable respect du à l’existence que nous bafouons, sous des mots-décharge, mots-poubelle, l’oubli de la parole,

quel est il ce mot ? que dois-je défendre en l’entendant, et pourquoi ma peau blanche frémit elle ? de ne pas se retrouver blanche, d’un ton de blanc inattendu qu’il en parait noir, si beau à fleur de terre !
«  l’Afrique est en nous » : Je me souviens des mots de Biga, comme pour me convaincre de la force de ce procès, calmer cette angoisse qui me met de l’autre coté de la barre. : Mais cette parole est aussi la mienne, ce visage, la fierté et la beauté est aussi la mienne, je défie les instances, l’Afrique est en moi, Aimé Césaire me parle dans mon sommeil et répond à ma question d’homme ante-occident, outre-France, Césaire comme dans « une journée sur terre » plane sur les débats, d’une phrase, d’une dédicace et comme les autres écrivains africains, ramène l’homme, la femme , l’enfant en point de mire, fierté à reconquérir, latérite de la terre d’érosion, l’humain n’apparait nulles parts aussi présent ni déterminé à ne pas abdiquer, une exigence indéfectible qui rappelle le moderne à sa condition d’homme, préalable incontournable,
On ne voit que la vie sous les fards de la destruction, ce grand changement indispensable, est-ce une révolution, est-ce ne guerre, changement de cap vers l’immense humanité du respect, souche de l’identité, miroir poétique, la beauté, comme le tatouage, est le miroir du monde, nom parole, humanité en déroute, sagesse antique qui donne le droit de détrôner le tyran, le temps long à fleur de vie est implacablement enracinés dans les rides, présence et larmes, magnifique, l’humain la mort en attente ; et c’est l’homme , la femme qui veut reprendre vie , de façon inaudible mais incoercible .

Safi Faye

septembre 29, 2008

le musée Dapper rend hommage  à Safi Faye, Mossane, ce mot veut dire beauté en langue serère

Mossane, à l’égal de la beauté Serère, la couleur de la langue dans la vivacité des déplacements du corps, étrange charme en suspend le temps est comme une peau disait Tanella Boni, et la lumière chante en corde kora cette beauté là , la plus belle qui soit , la jeunesse et l’appel du corps, innocence et maturité, lente possession dans ce soi dans la relation qui se tisse dans l’ombre et la nuit, le jour et les passages, fils couleur répondant à la luxuriance, mais à la beauté répond la gravité, murale villageois et désir entravé, que deviendra Mossane la beauté, quel est cet appel de fond baobab ;

J’ai voulu faire un film sur la beauté de !mon continent l’Afrique, disait Safi Faye, et je me souviens de cet entretien  ou la femme mure, belle et puissante, douce et profonde dans la voix pesée ou la pensée émettait ses pas, la cinéaste était plus belle encore que cette jeunesse peinte, son oeil mossane , son ton mossane , sa vie de femme mossane, sa générosité mossane , sa beauté mossane vivent toujours avec moi ,

résonnent ces mots qu’il est si difficile d’écrire, les couleurs, les corps et la langue enchantée en témoigne et rappelle qu’il est beau quand l’effort de dire parvient à trouver le mot par quoi les couleurs la musique le toucher et le vivre , le  boire et le manger happent l’attention et nous avalent

regard et parole, femme générosité pleine et proximité de l’offrande.

au pays du long nuage blanc

septembre 29, 2008

fini de lire le journal de Charles Juliet en Nouvelle Zélande, de Juliet je connaissais surtout les entretiens avec Bram van Velde, concentré de puriste attitude en Art, qui  m’avait marqué et en même temps ennuyé car répétitif  ,

la nouvelle Zélande, le pays où je voulais émigrer quand j’avais vingt ans et dont le rêve me poursuit, voyage jamais fait, un grand regret ; la rencontre improbable du poète de Lyon , qui se qualifie lui même de rigoriste et de ce pays dans l’océan , où la nature est ce qui conduit les hommes, le simple le pur mais comme évident, c’était ce que m’avaient laissé comme impression mes ami kiwis, cette rencontre au jour le jour m’intriguait , j ‘ai fait le voyage.

passionnant

rétif d’abord, Juliet souligne l’importance de la vie intérieure, de la vérité comme nécessité, comme point de départ, d’ancrage ; des réflexions sur l’art et l’introspection pure doivent à la vision chinoise, à l’expérience intérieure indienne, au parcours du poète qui effilant son expérience douloureuse parvient à domestiquer le chemin des mots et en faire un chemin d’art,

ascèse,

la rencontre avec l’autre, le différent, le désarçonne, il semble s’ancrer dan un chez lui qui loin, lui manque, moi ce serait plutôt l’inverse , et je m’étonne qu’on puise se surprendre de l’autrement, qu’il puisse y avoir un lieu qui soit “chez soi”, d’autant plus qu’une bagarre existentielle contre ou avec le moi, le soi, condition du départ de l’œuvre, est au centre de son questionnement, mais la rencontre a bien lieu et l’écrivain, petit à petit rencontre ces deux iles, se frottent à des humains de tous bords, car pas forcément de nouvelle Zélande ; à force se fait jour un achoppement , appontement, d’où embarquer ;

je suis sensible à ce style du jour le jour, journal ou s’écrit de façon rigoureuse et froide les événements, les rencontres, les pensées, la vie intérieure ; ce n’est pas la rigueur qui me touche mais plutôt cette absence délibérée de style , dès que les poèmes s’en mêlent, je n’y suis plus et je les trouve froids,  sans raison d’être ; de là la question, pourquoi écrire sous forme poétique ? non je préfère le journal , le poème a d’autre racines, vives et d’eau.

C’est cette absence de mise en danger littéraire (apparente) qui me plait, elle permet le face  à face sans fard, il le dit lui même, il a moins peur d’écrire, l’ailleurs peut être déréalise les enjeux de l’écriture,  pour lui ; pour moi elle est rendue plus proche de sa finalité, une sorte de distance abolie, ni réaliste ni poétique, cette fameuse interrogation de pourquoi la poésie comme forme ;

j’aime cette proximité concrète, elle rejoint mes interrogations récentes,

finalement un dialogue  entre les contradictions de l’écrivain qui reflétées par le nouveau pays se muent en interrogation en miroir,

c’est bien ce que je voyais en Nouvelle Zélande, un pays, quoique très provincial, c’est ce coté banlieusard qui me fait tiquer, très proche de la nature, où les éléments, le climat, les histoires humaines et les paysages font une grande nature qu’il n’ai pas possible d’éviter, mais de façon douce, c’est la différence avec l’Australie ou la terre est violente et démesurée, la terre et les hommes comme pris en étau,
et je me demande si cette référence constante au rugby, trait de civilisation , c’est vrai, mais je me dis que rapprochée de celle à la primauté de la vie intérieure, de l’exigence absolue de la littérature, n’est ce pas un vilain tour de ce pays qui te ramène au corps ! voila que je te dis tu , la distance n’est pas de mise puisque tu me parles , que tu te sers de moi pour écrire et poser tes question à travers le prisme de la terre rencontrée et des hommes,

oui cette terre peut enfin se livrer, l’écrivain s’y intéresser et ..; sublimes pages ou il voit ; les paysages l’air les nuages les orages le déchiquètement des cotes et la violence des orages , des tempêtes,

là je me sens peintre et je vois moi aussi cette nature qui parle directement à l’intérieur humain, le dialogue est choc ; ce n’est pas anodin je trouve,

après avoir souligné l’axe intérieur de l’être humain , l’écrivain est pris du vertige joyeux du corps et voit le monde , avec douceur et, délectation?

les deux sont liés, et la paix arrive, sans doute de là, est ce nouveau ? je ne le connais pas assez pour le dire mais c’est parlant,

tous ces éléments, cette réflexion et finalement cette reddition au monde sans qu’il y paraisse ; cette simplicité de ton me bouleverse et me convainc , c’est la que je me sens le plus proche de moi même , dans ces moments là et dans l’absence de distance, si possible , par moment , je m’y  vois ,

j’ai aimé John Berger pour ça aussi, cette distance abolie qui tend la main à l’autre et la rend palpable indispensable présente ,

et cette absence de style, le style qui fait disparaitre l’autre , et je me dis que c’est dans cette équation que se trouve ce que je cherche ,

la poésie pour moi restera ce moment-aquarelle où les mots servent de pigment à un ressenti, une peinture sensible,
la tentation d’intégrer les rangs des stylistes est là où je perds le temps ; mais des moments existent où je ressens si fortement qu’il faut dire , l’écrire ; a t’elle pour autant tant d’importance l’écriture , veut elle, exige t’elle de rejoindre l’universel , le figé ou au contraire doit elle être le plus libre encore ; rejoindre l’ellipse du haïku, évidemment pour moi pas de cage, les recettes, méfiance, et le réel c’est être au plus près de ce mouvement que je sens , de ce que les yeux voient, de ce que les yeux pensent ; de ce qu’ils mangent en regardant , ah cet océan bleu noir dans les yeux d’Amina , ce n’est pas de la poésie , c’est là et drapeau rouge ou pas il faut s’y baigner,
je le vois , cet océan et il peut être rouge , parfois ,

quand je vois je pense , drôle d’alchimie  , je pense et c’est la que la poésie s’installe quand elle voit, c’est un écart , si l’on poursuit, alors un vrai voyage s’instaure , risqué mais beau, l’aventure énigmatique de l’espace du mot dans l’esprit de l’homme au monde;

mais les nuages et l’océan me disent tout si tu es là , et c’est ici la difficulté ; à combler, être dans la poésie et la relation , et bien sur au plus proche de soi, du cœur,

je me le suis dis dès le premier jour d’art,  le cœur , biotz begietan, toujours !

le vent en rafale te ramène toujours à toi , voila que je me tutoie,

ça m’a fait avancer , à ce jeu de qui avance recule, subtil équilibre !

effacer

septembre 29, 2008

Violences d’effacer, certes pas ce que mon geste peignant impulsait, en tous les cas de  façon consciente,  non je pense que c’est le monde qui est en plein effort de réponse  à lui même et s’augmente, s’ouvre , non il y a de la conquête, il s’épand , est en expansion et instaure l’harmonie,
est il visage ? je me souvient avoir dit que le visage d’un Botticelli était un monde en soi, un cosmos que l’on ramène a tort au visage , mais l’être humain peut il faire autrement que de ramener au visage? le monde peint ou dit est il forcément une métaphore de l’homme et l’humain se ramène t’il au visage. ne peut on y voir un dialogue ; la présence à soi et de là accessible, le monde qui s’offre, les deux mêlés car ils se font face et sont peut être indissociables, en complémentarité, l’un seulement étant capable de voir l’autre! et de se laisser aller à ce rêve, miroir de lui même en mouvement, comme la mouvance des lumières lorsque les nuages passent, subtil échange sans que l’un veuille prendre le pas sur l’autre ! se regarder en miroir c’est se voir avec les yeux du monde, le monde lui ne s’octroie pas un regard il file le long du temps qui lui même ne se laisse pas arrêter.
Un entre mémoire et avenir, un embryon ? cela me fait penser que le vide serait absence de forme , ce qui chez moi , de façon consciente n’est pas dans ma pensée, il s’agit plutôt de lignes de force qui gagne sur le non encore , le présent dans son mouvement ,
cela correspond t’il à une structure mentale embryonnaire chez moi , incomplète, peut être, mais la forme complète telle que l’occident renaissant l’a exprimé ne me touche absolument pas , ce monde fini, capté n’a aucune résonance en moi , il me faut de l’espace, une conquête, des signes d’une appartenance et une mouvance nomade, et tant d’autre chose,
un texte sur la peinture que m’a envoyé N m’a surprit, cette peinture européenne ne m’apporte que si je porte un regard d’étranger, que si je vois chez Vélasquez un espace des rouges, une cosmogonie immense de couleurs et de forces à l’œuvre, retombé, je tourne la page ,
Vermeer, pareil, un grand abstrait façon Rothko , lire les pages qu’a écrit Maldiney à ce sujet,

mais évidemment on ne se voit pas et c’est peut être ce qui se joue dans ma peinture, peut être la peinture ne peut elle témoigner que d’un regard, et le regard est il autre chose qu’un être au monde, sauf à tomber dans la convention , ce qui est pour moi sans intéret.

s’agit il du monde avant la création ?

non il s’agit de la création ,

la création parce que celui qui peint s’autorise un regard grand ouvert sur ce qui s’offre à lui, il ne connait pas de borne que la pensée encage, il tente de voir , avec tout ce que cela impliqie,  le regard porte, et les sens sont en éveil en état de dialogue, la nature, la vibration de l’air tout ce qui le fait homme , c’est de cela qu’il entend témoigner, comme s’il saisissait une flute ou se mettait à chanter, le ressenti et le geste qui répond, la pensée n’a pas commencé ou elle s”‘est arrêté le temps d’une pause car c’est le geste et le moment qui sont intense

il ne s’arrête à rien , la création oeuvre , c’est ce moment de partage , de recueil , d’élancement de soi vers ,

ce qui importe c’est qu’il se sent vivant , il a besoin de la dire , il est seul et les autres regards ne viennent pas le contredire dans cet instant , imposer des limites , il est seul et ressent intensément,

c’est de cet élan, qui plus tard de questionnements en périls affutera ce qu’être humain résout, en forme

mais dans ce foisonnement et cette échappée il n’y a pas de monde qui tienne, ni avant ni après, ni monde , l’immersion est dans les sens et la pensée trace , improbable une ligne à travers des brousailles, des taches qui sont des points, des roucoulement et des suées, ricanement d’oiseau, chiures de mouches , tout indistinct est dans l’os , relie le passé au présent, sans doute pressent , mais s’élance en fuite éperdue l’espace et l’instant compressé, une ligne fuse et l’encre éclabousse, le point rythme, la couleur accorde et fusionne ,

liberté de l’en-soi à l’espace , l’ouvert de l’insaisissable recommencement

où tout se mêle ,
je récuse l’idée d’un art qui aurait des comptes à rendre , l’art pour moi est le lieu ou ce qui est humain s’exprime , s’imprime , tout cela doit tenir debout, cela peut aussi être transitoire , éphémère, instable comme une passerelle , passage qui permet la progression , et questionnement sans fin, garant de la vérité intime et de la continuité du chemin , ainsi la seule importance de la forme est de garantir l’équilibre même si le geste parfois s’incursionne dans le déséquilibre,

la création peut bien se trouver au détour du chemin, se jouer de l’improbable et éclater dans l’inattendu , suggérer des souffles et questionner

LS 2007

la trace de l’encre , le sillon du burin , les pattes tachetées ou mouchetées viennent impulser un rythme , impulser ? témoigner ? révéler ? je préfère penser au dialogue et au répons, le monde est il autre chose, lorsque l’on observe ce qui est de manière plus scientifique ? structure rythme souffle et devenir, mouvement et progression,

l’homo europeanus scrute et codifie ce qu’il voit de loin , en restant extérieur à ce qu’il voit , gage de vérité ? d’où la question , mais qu’est ce que tu vois ? au lieu de poser la question mais qu’est ce que le voir ?

on est loin de ce qui a construit le figuratif en Europe, même si les première base de l’humanité européenne étaient elles aussi figurative mais d’une autre façon, plutot participative, quelqu’un comme Miqué Barcelo y participe encore.

de nombreux peintres le long du vingtième siècle se sont posés la question, certain y ont répondu sans trop s’éloigner du constructivisme européen (), d’autre ont pris d’autres “théorèmes” pour développer leur peindre au monde, la chine, l’Afrique et les civilisations premières, les arts aborigènes, indiens etc. à partir du moment ou le doute s’est immiscé dans le voir les peintres ont pris les chemins et ont réexplorés le réel, à commencer par leur propre ressenti, le réel commence là par leur être au monde, racine de la sensation et de l’élaboration d’une présence et de son expression,

le “dit” peut alors se déployer,

innombrables, multiples facettes de l’être humain en perpétuel devenir, c’est de cela qu’il est question,
comment ?  c’est en effilant le dire, le peindre, le penser et le vivre que l’être humain va tenter de redéfinir sa place, de façon plus juste,

ceci d’autant plus que la violence du monde, que la poussée de la civilisation se fera plus forte, que l’écart dans l’expérience humaine portera à la question, de façon multiple et un peu partout ;

mais cette poussée inéluctable du monde transformera de fond en comble le lien qui  nous unit, l’évidence est rompue, la question est partout et pousse sans arrêts, confrontation, hybridation, refus et destruction, regard porté sur les expériences autres, captation et errances, Édouard Glissant en parlant de tout-monde résume bien l’immense question qui se fait chemin rampant en nous, Frankétienne déplie les ailes de l’oiseau schizophone, Jousse émet la possibilité du mimisme, les modernes étudient la structure du vivant qui se mêle en reflet trompeur aux nouvelles organisations systémiques tandis que d’autres jouent à démêler l’écheveau des question et inventent une nouvelle forme d’écrire,

le monde perd de sa légitimité et de son évidence, tout est signe comme au premier jour, l’alphabet se reconstruit pendant que se retisse une posture,

assis sous l’arbre à contempler les graviers et les crottes des ramiers, les cosses vides et les brindilles sèches, je pense à la poussière imperturbable qui recouvre les rocher et je perçois le vert immense, les bulles qui dévalent le petit torrent semblent rire et en trombe une Ferarri balaye ma pensée, incompatibilité d’humeur comme un couperet, mais le ciel se zèbre indifféremment du trajet des dieux, d’un pictogramme d’hirondelles en transit que de la sifflure d’un jet qui vu de loin me ramène au tracé zen de l’encre, se dissout en vapeur d’eau tandis que les résidus viennent obstruer le vide médian creuser l’ozone , l’atmosphère déchirée la terre hurle de douleur l’homme se tient face à l’indistinct et souffle des rimes de beauté au vide, le disant devient beauté en déséquilibre instable ,

est ce ainsi qu’il faut le dire?

ver le voir

septembre 29, 2008

( après une lecture de John Berger , la forme d’une poche, fage)

attentiste, il se promène et hume , lève le nez , sa démarche indique une danse que son esprit impulse en tangage , ou est ce le corps qui se soulève comme porté par des vagues , là de terre et d’air , une ligne souple trace la marche de lave quant obéissant au principe en fusion elle se frayait un passage au travers, coulant sur , réfractant le réel sous la chaleur , poussée , irréfrénable , c’est l’œil qui erre , libre on dirait bien mais finalement promène l’éclat à la rencontre , de , question , ce principe vaut il, y a t’il fusion entre cet incandescent et ce passage qui, forme , au contact cette ligne, mouvement en onde que l’air et la trace déchirent,

voir , sans doute c’est ce que l’oeil cherche à faire , c’est pour cela sans doute qu’il erre et qu’il est à la recherche, en point de rupture, de la rencontre,

il dévale la pente, se suspend aux brindilles soudain ce sont goutte, lychen et immensité, mouvement aléatoire comme celui d’un derviche qui à tourner s’étourdit, sans doute pli pour les yeux à la déflagration du tournoiement, seule issue, révoquant par l’interstice du visible qui empêche la vision ,

sans doute cette exigence de l’intérieur de l’oeil dévoile la question embuée,

secret rondonnant d’un souffle qui s’extirpe en rond,  ronde bosse du son qui dévale le creux brûlé d’un tronc d’eucalyptus , et écho qui avance comme un fleuve va vers , espace en semence infinie, l’étendue est question impalpable , ou n’y a t’il que l’appel de la voix qui résonne

questions, l’oeil , la voix , le son se heurtent au vide qui solide dit le monde, nécessaire , nécessaire, l’oeil, la question est nécessaire, voir, cette insistance, même, à risquer dans l’empoignade du vide, qui finalement semble ce heurt, cette rencontre, cette alliance , ce passage qui agrippe de chose à chose, cela révèle cet arimage de l’absence, révèle la distance de points à point permet l’échange et trace à la manière d’un son, d’un trait qui scande, affirme. Dans cette brève incursion du voir, que le toucher en même à même ne cessait de pointer,

ces heurts comme les limites d’un corps qui accroche la plume sur le papier , rugueux l’arrête de la roche blesse la main qui sursauts, accrocs du réel, trébuchent ou raccourcis qui, silences en taisant se font signes , anicroches , cet arrêt, comme une mort , une blessure , un creux dans le terrain, une faille ou hausse de ton de par et d’autre, que l’on peut lire comme dièse, dissonance inévitable, ces tachent sont comme des crocs , des trous ou chute la chair, ces percés rappellent la vie et la disparition, l’absence, qui apparait, tangible dans cet amas qui effarement interpelle, giclure de sens à l’éveil de l’envers, que je nomme point, arrêt d’urgence comme ceux qui ponctuent l’ébène enveloppant le tout de sa nuit , étoiles ou chocs du visible , apparitions ou disparitions, disparate réel qui soudain dans un jeu du temps permet cet aller retour de la matière à l’éclat, insistant de la rencontre ,

comme un clash

cette  révélation d’un être au monde , absurde parce que de deux bords , l’oeil le réclame , il lui doit de s’appartenir entièrement des deux cotés de la raillerie , car l’adéquation entre ce que l’oeil est forcé à , de manière tangible , sans conteste , narre ailleurs une légende inconnue, les sens et le sens qui se fait jour au clair du voir est toujours à la limite de l’effacement ,

le réel n’a pas de sens ,

et la pierre du jet ensanglante l’oiseau qui écorché dans sa vie git ; plaie du monde offerte à la mort, l’impulsion était mortelle et se soumet au sang , faut il le comprendre , avoir vu ce vol entre le ciel et gésir comme pierre et boue , le voir lui a dicté le viol , désir , se saisir , cette liberté qui est battement de l’aile bat dans les tempes et est semblable au battement des  veines , à la course effrénée dans les bois , le saut par dessus le bosquet , et le plongeon dans la mer ; la crique d’eau et le criquet hurle déchire l’ordre

et intime cessation ,

serait ce manque, cette absence que l’esprit ressent si vivement , ce vide qui fait sens, il faut s’y résoudre , car le pas appelle le pas , et l’enchainement des choses non ordonnées mais nécessaires, et donc qui se succèdent , il ne s’agit pas de disparition uniquement , ou d’absence , de course haletante à la manière du cerf  ,et des cornes qui sont arbres , pourquoi , il s’agit plus surement d’un halètement d’un surgissement hors de l’espace que l’on met tant de temps à percevoir , hors de ce qui ponctuent , les choses du réel , que l’on touche et qui nous limitent  mais nous relient , nous sortent de l’obscurité de l’attente de l’oeil aux aguets , qui va reconnaitre et impulser ce jet à survivre, captation qui est comme ce pas qui élance la marche ,

hors de l’invocation de l’absence, feu désespéré d’une magie qui parce qu’elle a vue, cru voir, s’est habitué à se penser dans cette totalité , le temps qui fragmente vient détruire et déchirer, remettre en question ce qui tait dans l’esprit, cette union qui fut et donc est et se doit de reprendre ,

voir ,

hors de l’absence , se saisir de ce qui te dit vivant et empreint du monde.

comme

si voir

remettait en question l’absence et l’apparition , le réel s’aborde dans la rencontre et de là comble.

l’ile

septembre 29, 2008

le regard que l’on porte sur  l’autre n’est pas neutre, le voyage lui aussi est regard, qui se développe, se met en question, et là  le regard que l’on porte sur le lointain est il  le même que celui que l’on porte sur le proche ;

ne  porte t’il  pas plutôt une question sur le lointain quand proche et sur le proche quand lointain , à moins qu’il ne pose tout à fait autre chose.

c’est aussi

l’ile

à laquelle il  faut revenir ,

revenir

l’ile ,

cette réflexion de ces deux mots en ressac, morna ou morne , m’inspire, oui en pleine réflexion sur ” l’ici “mes ailleurs ” , alors que l’anthropologie dit nettement que la distance s’estompe , que la correspondance est partout , indubitablement , voila que ceux que j’ai choisi d’écouter nous disent que non , qu’il faut revenir à un point, sans doute ineffaçable, en tout cas,

trace ,

non les z’ ailleurs dans ce cas là partent de l’ile, et il en revient ,

quitte à attendre face à l’océan, témoin qu’il n’est pas d’ailleurs sans ici ,

un petit livre de Chamoiseau et Glissant vient prolonger la réflexion et l’indubitabilité de l’ile,

la grosse ile , l’Afrique, retient encore , comme le dit le poème, en tresse.

donc le politique moi… même ile reste la pauvreté, l’humain qu’on attèle et la pauvreté la désespérée, la place que l’on nie à ceux qui , qui ? aux autres!  ceux qui sont pas moi, disent / pensent ils , une preuve éclatante encore de la frontière et la spiricrasse nonkenon  je n’ai jamais pu me guérir de cette rogne pugnace : qui me déterre hache de guerre,
cela me ramène à cette guerre ?sociale? et surtout ce nonregard dévisageant l’autre ,lui le tas de chair en carton qu’ondule qui devrait être le frère, le voisin , l’autre , que l’on croise en miroir , brisé comm’ dit glissant dans “quand les murs tombent” ed. galaade,
et oui moi je me sens proche , autant qu’en 1984 (S/Yshire) d’un John Berger , au regard pétri de réel autant que de rêve paillette de la rencontre, la le four du réel est la boulange (Placer again) du pain dont nous sommes fait , trop cuit ou à peine flammé , cramé et lavé par le Vésuve  ; en tailleur au centre d’une pièce vide embaumé d’un senteur lavande chimique , seul , écarté du regard et d’une main qui tende…
man on the moon 1, 2 êtcétèrra, etxe Terra, essais te taire, et ce ter, être cette terre, cette terre sera,   , dans le regard main d’un ombre qui fuit en courant le long du cri de Munch ; la nuit ; car c’est la nuit que les pieds voient…

Jaabi

septembre 29, 2008

peinture de Jaabi

http://www.myspace.com/jaabster

antipodes, pas des chénopodes … non l’ami de l’ile Leleuva s’entretient du monde avec son kingfisher et son troupeau de snakes , tortugas etc ….. il est venu dire bonjour, il peint la nature et se laisse traverser par les énergies de la terre, du ciel, de la mer, des animaux,des humains, ses frères,dans le respect et et une sorte d’ascèse généreuse, simplement , je crois parce qu’il désire être en accord avec la vie , le monde et son moi profond qui lui dicte la poésie, “l’artistre”, car c’est un mode de pensée , de vie , d’exister,

fisher.jpg

il suffit de le rencontrer pour que cela devienne évident , une sorte de joie pleine, chanter, peindre, être là, dans le respect et le partage, à l’image de cette tradition des îles du pacifique, où le kava,  cette boisson de paix, passe de main en main , est bue, offerte en partage et scelle la fraternité des hommes ; j’ai été tout de suite fervent de cette boisson qui réunit dans les choses de la terre les plus simples, une racine pilée, de l’eau et surtout la ferveur que l’homme met à “communier” cet accord fondamental auquel il faut revenir sans cesse pour que la concorde subsiste.

La même chose est présente dans sa peinture; le tapa, sur lequel il peint est une fabrication traditionnelle des fijis, une sorte de papier  à base d’écorce et feuilles fabriqué par les femmes, sa texture est un rappel à la terre et aux fruits qu’elle porte , un pinceau fruit tombé d’un arbre lui sert à transmettre au tapa des lignes-couleurs trace des pigments récoltés, ramassés plutôt , une peau de la terre de son ile, ou d’une des îles voisines, car comme le rappelle Le Clézio dans “raga” le pacifique est le continent de l’eau, on y voyage donc beaucoup, en pirogue, par voie d’eau ; la rencontre est essentielle même si la solitude ilienne à écouter le souffle et le rythme de l’eau , de la terre, de la forêt et des animaux , les voisins

si simple ,

invisible peace , photo de Jaabi

tellement simple que l’on ne sait plus le faire, quelques berger de mes montagnes, d’autres encore, ailleurs  ; Il peint , il se laisse traverser par ce grand souffle de la nature , à l’écoute de la simplicité d’être, du dépouillement et d’une vérité, d’une sagesse aussi, la parcimonie est préférable à l’excès, étouffoir de la spontanéité, de la parole dans ce qu’elle à de sacré, l’Europe quand il y vient, est trop loin de ce calme et il nous l’apporte , avec une chanson et quelques fruits , quelques accords de sa guitare qui suffisent à la sérénité ;

il fait partie de cette grande communauté d’artistes, d’hommes, habitants de l’océan , peuples de l’eau dirait edouard Glissant, défenseur de cette créativité qui s’en tient à la beauté témoin de la vie,

De l’eau à la grande terre , l’Afrique, et je pense au sénégal , pays que le grand historien Raoul Lonis , son père, à célébré et rejoint à l’université de Dakar, et l’on pense à tous les Hampaté, Sotigui, Djibril Diop Mambety, Ken Bugul, tannella Boni et théodore l’ami, qui de Dakar au cap ont maintenus la langue pour que l’afrique reste symbole et lieu ou l’espace accorde l’homme comme me le disait un sénégalais, il y a peu, étonné d’en trouver si peu chez nous , ce pourrait être  l’Australie, la noire, la rouge et profonde que même les blancs de là-bas ne savent éviter, même à vouloir la détruire, la nier …

Mais son regard ne tombe jamais dans la récrimination mais se contente de l’affirmation d’une vérité autre, et je pense au mahatma Ghandi, le vivre avec sagesse et simplicité comme ce personnage du griot joué par sotigui kouyaté, sourd à la vérité imposée parce qu’il veut que la sienne existe et se dise, survive et vive .

J’y vois tout cela nimbé d’une paix incarné dans le geste de la terre sur le tapa , volontairement retenu et libéré de l’apparence des choses pour en laisser surgir l’essence, le sentiment c’est à dire l’accord ,

Tel est cette ‘vibe’ qui me par vient et que je partage dans ce lieu de vacarme que sont nos villes où le silence a peine à pousser ,

il rit, il deviendra baobab ….

il est  le frère…

peinture de jaabi

et sans oublier mes copains des terres , les koalas ! mais c’est une autre histoire ….

traduire

septembre 29, 2008

la traduction ramène à la langue du lecteur alors qu’elle devrait visiter la langue de l’autre , la vraie, celle de l’espace unique qu’elle ouvre. Ce serait et c’est parfois un sublime effort poétique que d’augmenter la langue de l’espace de l’autre .

large horizon

septembre 29, 2008

Sans concession, magnifique de vérité, un peu désespéré, comme une errance, je retiens ces mots qui nous rappelle à notre condition et en même temps interrogent , car en effet la question de la beauté, du désir et donc de l’humain, est posé ;
La beauté, le large horizon, ce dit de devenir en désir, pour moi comme une voile aux vents dispensateurs, rappel que les muscle tendus du marin peuvent s’attendre à l’orage, à la tempête, qui, Poséidon, balayera le monde de la puissance, donnera au mot dévastation son sens fatal, retournera la beauté dans un réalisme implacable ,
mais cette dureté et la nécessité de continuer ne créent t’elles pas la nécessité aussi de la beauté; la coque renversée peut bien montrer l’immondice, l’envers ramènera l’esprit à l’éblouissement, magnifié par le blanc la voile, le trait de l’homme tracé dans l’avenir égale une dorure à l’or des Dieux;

n’est elle pas une partie de l’humain ,
même si le monde devait démentir ,

mais le peut il ?

Le monde en temps que monde n’existe t’il pas que pour nos yeux, n’est il pas une construction, une question de regard ? et s’il existe n’est il pas double , divers , au même titre que l’homme qui s’y immiscant , le crée, et si parfois notre regard prouve la beauté ,alors la beauté , aussi existe , dans tous les recoins du réel ; même les plus durs et difficile à cerner ,

(je lis J Berger et je m’en convainc) ,
mais il faut savoir la prendre à bras le corps et ne pas faire mentir, tout au moins se mentir, l’angélisme représentation de la résistance de l’homme n’est pas la beauté,

Pays réel débusqué,

sens profond de ce qui est, beauté dans sa vérité, les choses se révèle pour soi, encore que la notion de soi nous empoisonne, l’Orient comme le dit Coomaraswami , (de la transformation de la nature en art) et l’occident d’avant, ne s’y arrête pas, le dépasse, mais moi qui ne suis plus sûr de rien , qui n’est que mes yeux pour espérer, ce qui quelque part est voir, cherche des preuves du monde dans le geste , la vision et le fort intérieur,

m’assoir en forêt, au bord du ruisseau, y voir tout ce qui pourrit et lumière de ce qui, en paradoxe brille , or qui se déverse en moi et me rassure… ainsi commencent certaines des nouvelles de B. Axtaga , ou l’oiseau s’en va découvrir le monde et se trouve face à l’irréconciliable quelque part , dans cette vallée d’Obaba, au dessus, dans cette ile au dessus des montagne, dans la langue, se déroule en rêve, le dialogue fondateur, inquiet de la chaine qui permet le monde, cette nouvelle sur le plagiat ouvre les volets de l’etxe sur une vallée partagée , accessible;

mais pasteur, revenons à nos moutons,
expérience personnelle ou plus universelle , l’homme se retourne de l’envers à l’endroit et ne pense l’un sans l’autre , le monde ne lui permet pas,

et Erri de Luca dit “je connais la fatigue et le supplément d’effort qui l’efface”

je laisserai bien parler Erri , car ce qu’il dit résume ce que je voudrais dire et il faut laisser parler l’ancien , le porteur de ride , le relayeur de ce qui précède;

droit dans les yeux , le réel , j’ai l’impression m’affronte, me dit non tu en fais partie , ( vous en êtes un autre ) plante tes pieds sur la roche , retourne la coque et voit le monde quand il pourrit , laisse les traces parler de l’invisible au jeu du temps , et voit et rêve et ouvre les volets clos;

souffre de ces coups de fer qui limite les envolées, te ramène à la grille et lumière de l’oeil perfuse, t’enjoint malgré tout de ne pas oublier,
il faut parfois aller au fond des choses et s’en revenir , content d’avoir au moins compri que la question ne se posait pas , et de là …. ( comme dit le vieux poème …) ou autrement , se poser rassuré sur le banc aux vieux hochements de tête, rythmes , du jeune broussailleux aux pieds que la terre chaude par le voyage a corné,

se presser au chant , balance des deux revers

insatiables retours d’une beauté, l’illumination aveuglante cède rassurée , le bien-être restauré.

© L S, 2004

cf. John Berger, d’ici là , ed de l’olivier (entre autre)
Bernardo Axtaga , deux frères, Obabakoak, le fils de l’accordéonniste, ed. Ch. Bourgois
A. Coomaraswami, de la transformation de la nature en art, ed. l’age d’homme
Erri de luca, fragments, la pensée de midi N°5/6 littératures (et toute son oeuvre)

…et en guest star Voltaire et Candide, J du Bellay, Amadou Hampate Bâ, Homère, Bruce Chatwin, Georges Brassens, Michel Déon , les poneys sauvages pour le passage d’or de l’Ariel, et tous les autres habitants de ma bibliothèque qui de près ou de loin sont présent.

Sean Scully

septembre 29, 2008

la peinture sans effet de forme ni de style est plate, le peintre applique

pas si simple car elle peut vibrer ou est ce l’oeil , qui sous les paupières entrevoit

laisse paraitre la magie de la terre de l’air du vent de cette irlande qui se trame évidente

et le trouble embourbe et dévoile ce que l’oeil avait de tout temps à l’esprit

quand la photo s’en mêle :

© sean Scully/gallerie Lelong